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19 février 2008

Intervention d'Eric Lafond

Intervention d'Eric Lafond, tête de liste Modem à Lyon pour les municipales 2008, lors la Convention municipale du Mouvement Démocrate le 10 février 2008.

"Merci. Vous imaginez bien combien cela peut me faire plaisir d'être là aujourd'hui.
Ce plaisir il se mêle de beaucoup d'humilité parce que j'ai aussi bien conscience que c'est un enchaînement de circonstances exceptionnelles qui fait que je sois là aujourd'hui pour représenter l'équipe du Mouvement Démocrate sur Lyon.
Je ne reviendrai pas sur la chronologie de l'affaire. Simplement, je noterai qu'au départ, il a fallu qu'Anne-Marie Comparini ait l'intelligence de nous ouvrir les portes, à moi et mon équipe, parce qu'elle avait bien compris qu'effectivement la transition générationnelle était nécessaire et qu'il fallait prendre du temps pour que cette transition se passe.
Anne-Marie a pris le temps, à partir des législatives jusqu'à septembre, à Seignosse, pour nous intégrer et nous donner la possibilité de faire ce que l'on a fait après. Je la remercie ici.
Que s'est-il passé ?
Vous savez combien cette élection peut être difficile, comme les autres élections d'ailleurs, mais dans une ville où parfois le microcosme, cela pèse.
Quand, depuis 2 ans, le microcosme ne cesse de nous répéter que ce sera un duel gauche / droite, un duel Gérard Colon / Dominique Perben, même les plus convaincus d'entre nous peuvent hésiter et, en l'occurrence, nos responsables ont tremblé. Ils ont tremblé tant que l'on s'est dit : il est de nos responsabilités à nous, adhérents de mai, et à nous, adhérents du CDS, à nous adhérents de 2002, à nous adhérents UDF, Cap 21, de relever le défi, parce qu'on ne peut pas laisser nos responsables trembler comme cela et flancher in fine.
Alors, on s'est organisé. On a tout d'abord, dans une logique de rassemblement, montré le chemin, on a dit : la voie, c'est l'indépendance. Sans paraphraser un ancien Premier ministre, je dirai la voie était droite, mais qu'est-ce qu'elle était pentue !
On a poussé en ce sens-là et on a convaincu la grande, grande majorité des adhérents que c'était la voie à suivre, cette voie d'indépendance parce qu'il faut donner au Modem une lisibilité et une visibilité.
La seule façon à Lyon de faire cela, c'est de se dire que les 22 % des lecteurs qui ont voté pour François à la présidentielle n'ont pas disparu, ils ne se sont pas évanouis dans la nature. Ils sont prêts à poursuivre la cohérence de notre choix électoral.
Faut-il encore qu'on leur donne la possibilité de le faire .
C'est fait aujourd'hui, merci à ceux qui ont oeuvré ailleurs qu'à Lyon pour que cela se fasse. Je sais qu'ils ont été nombreux à pousser, merci à vous.
Je vais vous dire quelques mots sur le projet même si, comme vous l'imaginez bien, avec une investiture il y a 10 jours, on est parti... on n'est pas, je ne dirai pas dans le désordre, mais on est dans la profusion d'activité ! On est prêt, n'ayez crainte, on y travaille depuis longtemps et il y a à Lyon plus de 1 000 adhérents. Ce n'est pas compliqué de faire une liste avec 1000 adhérents sur cette ville.
Le projet, on y travaille depuis longtemps.
J'ai reçu un petit mail d'un adhérent lyonnais, au moment où la Commission nationale d'investiture a choisi de nous donner l'investiture, qui me disait, j'imaginais assez bien l'adhérent en question le formaliser à haute voix avec quelques accents un peu trémolo et le côté nasillard des années 40 : "Lyon brisé, Lyon martyrisé, Lyon libéré !"
C'est un peu exagéré, mais cela reflète bien l'enthousiasme qu'il y a chez les adhérents du Mouvement Démocrate aujourd'hui.
On va aborder cette campagne avec une liste jeune, mais au sens jeune engagé en politique parce que vous verrez quand les têtes de liste seront présentées que l'on n'a pas fait de jeunisme, on n'a pas mis de barrière à 40 ans, on a des têtes de liste d'une cinquantaine d'année !
(...) 
Puis surtout, on va essayer puisqu'on a l'immense privilège aujourd'hui d'être libre dans une campagne où nous sommes des challengers, très loin des sondages, convaincus que les Lyonnais attendent d'avoir un choix pour revenir vers nous électoralement. On va présenter un projet très ambitieux pour cette ville qui, pour ceux qui la connaissent un peu, offre quand même une qualité de vie remarquable.
Du coup, c'est notre optique, on a considéré que Lyon était une chance pour le Mouvement Démocrate parce qu'à Lyon, de façon un peu miraculeuse, on a le pôle socialiste et le pôle conservateur et il est sacrément conservateur et on aura un vrai pôle démocrate qui rassemblera bien plus largement que le Mouvement Démocrate stricto sensu.
Puis, cette certitude que Lyon est une chance et c'est ce qui conduit notre projet à se décliner avec un fil rouge qui est que fondamentalement la politique locale c'est faciliter la vie des gens au quotidien,  trouver des solutions concrètes qui donnent des réponses à nos concitoyens, aux Lyonnais.
On a quelques angles d'attaque : bien sûr une démocratie locale modernisée, une nouvelle gouvernance, certains en ont parlé à Toulouse, je suis d'accord, ce n'est a priori pas porteur effectivement, mais, nous, on est convaincu que c'est porteur, on est convaincu que les gens attendent de pouvoir s'impliquer au quotidien dans la vie locale.
Un mandat, ce n'est pas un chèque en blanc, il y a énormément de chose à décider en cours de mandat. Donc, il faut prendre le temps d'en débattre avec les habitants.
Puis, cette démocratie locale modernisée, c'est aussi le rôle des élus. Dans une ville comme Lyon, on estime qu'il faut des élus à temps plein vraiment engagés au quotidien et une pratique de la politique  locale qui donne des responsabilités à la minorité.
La minorité doit se voir confier un rôle de fonctionnement dans des pouvoirs publics locaux, un rôle d'observation, de contrôle, d'évaluation, c'est comme cela que la majorité fonctionne avec une majorité qui propose, qui fait et une minorité qui a les moyens de contrôler.
Cela rejoint aussi le projet présidentiel, mais on a décliné dans ce sens pour le local.
Beaucoup d'ambitions sur la question environnementale avec une grille de lecture pour nous très importante : l'environnement, ce n'est pas sanctionner des pratiques, c'est d'abord proposer des alternatives, ensuite, montrer l'exemple; pour les pouvoirs publics, il faut que, en matière de développement durable et d'environnement, les pouvoirs publics montrent l'exemple à nos concitoyens et il faut expérimenter.
On sait aujourd'hui que, si l'on avait la grande idée qui allait tout résoudre, on l'appliquerait. Il faut expérimenter localement, sur les territoires locaux, pour convaincre ceux qui ne sont pas encore convaincus qu'en matière environnementale, en matière de protection de l'environnement, de l'eau, de l'air, on peut faire autrement, en matière de gestion des déchets aussi.
Mais expérimentons, ce sera notre ligne de conduite pendant cette campagne.
Afficher bien sûr aussi notre engagement européen. Il est très fort chez nous. Lyon est une métropole européenne et, cet engagement européen, on va le décliner par la présence conséquente de ressortissants de la Communauté européenne, lyonnais, d'abord, aujourd'hui, puis, nés dans d'autres pays d'Europe, la présence de ces ressortissants sur nos listes.
Et enfin, parce que je ne vais pas non plus vous assommer avec notre projet, un quatrième axe. Nous sommes des humanistes, on l'a affiché beaucoup, on va montrer à Lyon que nous sommes des humanistes ambitieux. On va s'attaquer à des sujets qui a priori ne sont pas vraiment au cœur de la campagne municipale, on va parler de pauvreté et on va essayer d'appuyer là où l'on sait qu'il y a des freins objectifs à ce que la population pauvre puisse remonter vers une population moins pauvre.
On sait tous que la mobilité est frein, que dans les quartiers paupérisés,les gens ont peu de moyens de se déplacer pour aller à l'emploi. On a des propositions là-dessus. Bien sûr, les gardes d'enfants, on sait que les familles mono-parentales ne peuvent pas non plus retrouver de niveau de vie parce qu'elles ne peuvent pas faire garder leurs enfantset qu'il n'y a pas de mode de garde, c'est le cercle infernal...On aura des propositions là-dessus.
Un humanisme ambitieux, Lyon est une chance pour les Lyonnais, c'est notre conviction, pour le Mouvement Démocrate.
Maintenant, on existe. On espère vous apporter beaucoup dans la campagne parce qu'on sait que les médias font focaliser sur Paris, Lyon et Marseille. On apportera notre contribution pour  que le Mouvement Démocrate vive et vive haut.
Merci."