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17 mai 2009

Intervention de Jean-Marie Beaupuy à la Convention thématique "Le modèle européen"

Jean-Marie Beaupuy, tête de liste pour la circonscription Massif Central - Centre, intervient dans le cadre de la Convention thématique sur le thème "Le modèle européen" à Montpellier le 17 mai.


- C'est un piège que tu me tends Marielle après ce que nous venons d'entendre et notamment cette formule finale de Gandhi que nous allons faire inscrire au fronton de toutes nos permanences, car les questions de valeur sont au coeur de notre campagne.

Est-ce que vous vous souvenez, parce que nous parlions d'histoire, de ce qui a pu se passer en Irlande fin 1999 ? Un événement remarquable : depuis des siècles, l'Irlande était un territoire d'émigration, on ne pouvait pas vivre en Irlande. Figurez-vous qu'il y a quelqu'un aujourd'hui fin 1999 qui a immigré... pas de problème... comment fait-on quand il n'y a pas un formulaire administratif dans la commune ou au ministère, quand il n'y a pas un registre d'inscription à l'école pour les enfants du nouvel immigré et, surtout, quelque chose d'étonnant, cette bascule qui, pendant des siècles, avait fait que l'on quittait l'Irlande parce qu'on y "crevait" de faim. Or, en 25 ans, avec les fonds européens, en Irlande, on pouvait manger.

Derrière cette anecdote, puisqu'on est là pour parler, je ne sais pas si c'est de méthode ou de modèle européen, au-delà des mots il y a sans doute l'esprit qui nous anime, je voudrais citer trois mots qui sont des valeurs, pour vous dire le lien qu'il y a entre les valeurs que nous voulons promouvoir et notre action concrète : humanisme, solidarité, responsabilité.

Eh bien, avec mes collègues du Parlement européen, notre projet pour les années à venir, c'est de faire en sorte que ce qu'a vécu l'Irlande, certaines régions françaises défavorisées, le Portugal l'Espagne la Grèce etc. Les nouveaux pays qui sont entrés dans l'Europe, qui ont des provinces très déshéritées ne le vivent pas. Il faut donner du concret et de la réalité à ces trois valeurs de l'humanisme parce que faire de la politique régionale, faire de l'aide aux régions, c'est d'abord penser aux hommes et aux femmes qui y vivent.

Comme en Irlande le plaisir, le bonheur de pouvoir revenir dans la région de ses ancêtres et pour la plupart d'entre eux de pouvoir ne pas le quitter.

Ne bâtir des politiques qu'en pensant aux citoyens et citoyennes qui vivent dans ces territoires.

Deuxième niveau : la solidarité.

Robert Rochefort a parlé de ce mot abominable de subsidiarité que personne ne comprend, sauf dans les sphères ! Souvent je le modifie en disant : il s'agit de savoir qui fait quoi.

Ce n'est pas à l'Europe de s'occuper de tout au niveau de l'énergie. S'il n'y a pas une responsabilité collective au niveau européen, s'il n'y a pas une solidarité collective au niveau européen, il n'y a pas de solution locale.

Donc nous ne pourrons bâtir de manière concrète une politique régionale qu'avec de la solidarité entre les territoires et les pays.

Et enfin responsabilité, parce que là aussi dans le cadre de la subsidiarité, si nous ne nous sentons pas responsables, nous, les petits maires ruraux, les présidents de petites associations, les parlementaires ou les chefs d'État, s'il n'y a pas le sens des responsabilités qui nous anime, nous ne pourrons pas véritablement arriver à un équilibre porteur d'humanisme dans chacune de nos 286 régions européennes.

J'espère avoir réussi modestement à contourner ce piège que tu m'as tendu, Marielle !