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13 mai 2009

1ère table-ronde : intervention d'Arnaud Hoyois

Arnaud Hoyois, rapporteur Groupe Projet Europe, intervient dans le cadre de la table-ronde "Quelle voix pour l'Europe dans le monde ?".

Cette dernière se déroulait dans le cadre de la Convention thématique sur le thème "Quelle Europe pour quel monde ?" à Paris le 13 mai.


- Bonjour à tous.

Le groupe projet Europe, Politique Internationale et Défense a travaillé sous la présidence de Philippe Morillon et a été animé par François Moreau, qui s'excuse de ne pas être présent aujourd'hui.

Une cinquantaine d'adhérents et de participants au MoDem auront participé aux cinq réunions de travail, sans compter de nombreuses contributions écrites et liées à Internet. Pour l'essentiel, ces contributions étaient assez techniques et je vais donc essayer de les résumer.

Cette réflexion collective nous aura permis de définir les objectifs que nous souhaitons que l'Europe de la défense et la diplomatie atteignent, partant du constat partagé que, dans un monde devenu multipolaire, aucune nation européenne ne peut plus peser seule.

Je vais tout d'abord donner quelques grands objectifs que nous fixons, au nombre de quatre, pour cette nouvelle politique étrangère et de sécurité :

- Premier objectif : L'Union européenne doit être en mesure d'assurer la protection de ses citoyens et de leurs intérêts face aux menaces directes et indirectes.

- Deuxième objectif : L'Europe doit également peser sur l'organisation du monde. En effet, lorsque l'Europe sait parler d'une seule voix, elle pèse fortement sur la manière dont s'organise le monde et peut obtenir des résultats majeurs, y compris face aux États-Unis. Le développement continu des outils diplomatiques européens est donc l'un des objectifs principaux de notre politique étrangère.

Les décisions prises dans les instances internationales comme l'OMC et le FMI lors de certaines négociations ont un impact fort sur nos modes de vie. Il est donc essentiel que nos valeurs et ambitions soient bien prises en compte lors de ces négociations.

- Troisième objectif : Le monde doit pouvoir compter sur la puissance bienveillante de l'Europe pour favoriser la paix. De même que les guerres européennes se sont étendues au monde, il fait partie de la vocation de l'Union européenne de favoriser la paix dans le monde en prônant des valeurs de démocratie, de respect des droits de l'Homme et de respect de la diversité, conformément à sa devise : "In varietate concordia".

L'Europe doit également promouvoir son modèle auprès des autres organisations régionales en pleine expansion, comme l'Union africaine, élément essentiel pour peser dans un ensemble multipolaire. L'exemple que nous pouvons donner au monde est celui de la réconciliation franco-allemande, qui paraissait impensable au milieu du siècle dernier.

- Quatrième objectif : Les politiques européennes de sécurité pourraient être l'un des moteurs de la compétitivité européenne. Les technologies créées pour des usages militaires et de renseignement sont, en fait, presque toujours duales, à savoir qu'elles ont également des utilisations civiles.

Il peut s'agir d'un levier technologique de création d'emplois pour renforcer l'effort de recherche des entreprises en Europe.

Pour faire face à ces enjeux, la mise en commun de moyens d'élimination de dépenses doubles -car effectuées en parallèle par plusieurs États membres- et définition de stratégies communes sont des outils à mettre en place aussi vite que possible, dans les domaines de la diplomatie, de l'armement, des forces armées et, bien évidemment du renseignement.

Nous allons donc identifier plusieurs propositions concrètes qui seraient susceptibles d'être mises en œuvre lors de la prochaine mandature du Parlement européen. Ces propositions sont élaborées sur trois bases : l'état actuel d'avancement du sentiment d'identité européenne, les sujets potentiels qui pourraient faire l'objet d'une volonté politique forte et surtout les sujets sur lesquels une Euro zone de diplomatie et de sécurité pourrait servir d'avant-garde.

Voici donc un résumé en dix points de nos propositions :

- Premièrement, le développement des infrastructures-structures et de personnels de diplomatie communs, ainsi que les délégations européennes au sein des institutions internationales, capables de diffuser un message unique de politique étrangère européenne ;

- Deuxièmement, le développement de moyens d'action non-militaires pour faire face aux crises climatiques et la coopération culturelle, scientifique et humanitaire et favoriser la coopération culturelle, scientifique de développements ;

- Troisièmement, le renforcement des capacités de renseignement européennes à travers une plus grande coopération des services nationaux ;

- Quatrièmement, le renforcement de la recherche d'efficience des dépenses d'armement répondant mieux aux difficultés de standardisation et d'interopérabilité des armées ;

- Cinquièmement, la création effective d'une force européenne rapidement déployable -qui existe, mais qui n'est pas permanente à l'heure actuelle- et qui, dans le cadre d'opérations lointaines, soit capable de sécuriser les routes d'approvisionnement et d'intervenir dans des crises multiples ;

- Sixièmement, la création d'une réserve européenne de sécurité civile agissant sur l'ensemble du territoire de l'Union et capable de répondre aux catastrophes naturelles et humaines de grande ampleur ;

- Septièmement, la mise en place de gardes-frontières et de garde-côtes européens contrôlant l'ensemble des flux et pollutions aux frontières de l'Union ;

- Huitièmement, la création d'un Conseil des ministres de la Défense, d'un État-major opérationnel permanent et surtout d'une flotte européenne, a priori basée en Méditerranée ;

- Neuvièmement, le développement de capacités d'action autonomes des forces européennes, en utilisant les moyens de coordination développés par l'OTAN, sans accord préalable des États-Unis, ceci en accord avec la part croissante du budget de l'organisation financée par les États européens, soit, à l'heure actuelle, selon ce que j'en sais, 72 pour cent ;

- Dixièmement, finalement, le développement d'un esprit de défense européenne et d'une doctrine européenne, contribuant tous deux au sentiment d'identité européenne.

Je vous remercie de votre attention. (Applaudissements…)



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