Nathalie Griesbeck intervient à la Convention thématique sur le thème "L'Europe, protectrice des libertés". (Lire la suite)
- Merci à tous d'être venus aussi nombreux dans cette ville symbolique.
Merci à François et à Marielle d'avoir impulsé cet enthousiasme et ce mouvement, cette
dynamique démocratique.
Un grand merci à Fanny Khau et, à travers elle, à toutes les équipes et tous nos amis qui, en
France, depuis des mois, ont apporté de l'ardeur, de la réflexion, du débat sur ce thème
fondamental des libertés, de la justice et, par ailleurs, de la sécurité en Europe.
Un mot pour donner l'ambiance de nos travaux : très souvent, nous avons évidemment confronté
nos espoirs européens pour un État de droit où les libertés soient protégées, où la justice soit
rendue et où la sécurité soit assurée. Très souvent, dans nos dialogues, nos débats sur Internet,
nos rencontres, nous avons confronté le modèle français, le modèle qui nous inquiète, concernant la
protection des libertés et le respect des droits.
Je ne peux pas m'empêcher de dire également le plaisir et l'émotion qui sont les miens, ce
matin, de vous retrouver, ici, dans cette faculté de droit qui est mon lieu professionnel, dans mon
amphithéâtre. Cela m'impressionne. Il y a du monde d'habitude dans mon amphithéâtre, mais jamais
ainsi sur les marches. Cela me fait chaud au cœur, car c'est un lieu de transmission du
savoir, de débat, d'interrogation et c'est très important, pour moi, de vous retrouver.
Merci à Marielle d'avoir choisi aussi ce lieu symbolique qui est celui de Robert Schuman, sur
les traces duquel nous nous trouvons en permanence, de cet esprit fécond, lumineux, humble,
modeste, simple qui guide et fonde cette Europe à laquelle nous croyons.
C'est vrai qu'il a concrétisé les éléments de la paix. Aujourd'hui, nous sommes à nouveau
dans une guerre économique et le retour à sa simplicité et à la profondeur de sa pensée, à mes
yeux, est quelque chose qui doit être constamment présent.
En quelques mots, nos travaux nous ont permis - nous en parlerons tout au long de la matinée
et dégager des conclusions et des idées nouvelles sans doute -, à partir du concret de cette
région, au cœur de l'Europe, à partir de la vie concrète de nos concitoyens qui, ici, par
exemple, sont 75 000 à passer au Luxembourg chaque matin pour y travailler, à rêver ensemble, à
imaginer, à créer, à fonder des entreprises, à se marier, à parfois également se séparer, à avoir
des éléments concernant leurs droits civils, leurs droits patrimoniaux à gérer, dans deux, voire
trois espaces européens, de poser ces questions du concret de nos concitoyens.
L'Europe, évidemment, et Gérard Deprez en parlera, a fondé, par les traités, un espace de
justice, de sécurité et de liberté, mais au-delà de la terminologie des traités, au-delà des
avancées effectuées, il reste des champs immenses à travailler ensemble pour se concerter entre les
législations, pour répondre au problème de garde d'enfant entre deux pays membres, au problème de
divorce, au problème d'enlèvement d'enfant, au problème comme l'a rappelé Fanny Khau à l'instant
concernant les droits individuels, au problème de contentieux concernant les droits de la
consommation, avec l'idée d'une action concertée que l'on imaginerait proposer pour que, face aux
distorsions de concurrence réglée entre les entreprises, il existe aussi des droits pour les
citoyens pour mener ensemble des actions pour rééquilibrer ce combat à partir des risques de
concurrence.
Donc, une foule d'idées concernant, finalement, le droit familial communautaire et le droit
individuel communautaire. Nos droits sont encore bien sûr régis par des règles nationales, et c'est
normal, mais les réponses ne sont pas suffisamment concertées pour qu'il y ait, et de la
lisibilité, et de la communication sur ces droits.
Un deuxième aspect fondamental qui touche aux fondements de nos sociétés est celui qui relève
de la sécurité, des droits en matière de sécurité et qui touche au droit d'asile, à quelle
politique de migration nous souhaitons aspirer et parvenir, dans cet espace qui est aujourd'hui...
C'est vrai que le défi est redoutable, puisque nous sommes, et c'est une chance, aujourd'hui, 0,5
milliard de citoyens.
Au moment où l'on pose, à la fondation de l'Europe, cette idée de liberté de circulation, dès
le début, et aujourd'hui plus que jamais, se posent un certain nombre de questions auxquelles nous
avons à répondre d'une manière humaniste, en replaçant l'homme au cœur de chaque décision,
concernant les luttes contre les trafics, contre les mafias et en le faisant en reposant nos
systèmes sur le respect des droits et des libertés et en s'interrogeant sur quelle politique de
migration nous voulons avoir, d'où l'idée d'un parquet européen, d'une possibilité plus large de
médiation, d'où un certain nombre de pistes que nous avons travaillées et que nous vous appelons
aujourd'hui à débattre avec tous les experts qui nous ont fait la joie et l'honneur d'être présents
aujourd'hui. (Applaudissements...)