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9 mai 2009

Intervention de Nathalie Griesbeck à la Convention "L'Europe protectrice des libertés"

Nathalie Griesbeck intervient à la Convention thématique sur le thème "L'Europe, protectrice des libertés". (Lire la suite)


- Merci à tous d'être venus aussi nombreux dans cette ville symbolique.

Merci à François et à Marielle d'avoir impulsé cet enthousiasme et ce mouvement, cette dynamique démocratique.

Un grand merci à Fanny Khau et, à travers elle, à toutes les équipes et tous nos amis qui, en France, depuis des mois, ont apporté de l'ardeur, de la réflexion, du débat sur ce thème fondamental des libertés, de la justice et, par ailleurs, de la sécurité en Europe.

Un mot pour donner l'ambiance de nos travaux : très souvent, nous avons évidemment confronté nos espoirs européens pour un État de droit où les libertés soient protégées, où la justice soit rendue et où la sécurité soit assurée. Très souvent, dans nos dialogues, nos débats sur Internet, nos rencontres, nous avons confronté le modèle français, le modèle qui nous inquiète, concernant la protection des libertés et le respect des droits.

Je ne peux pas m'empêcher de dire également le plaisir et l'émotion qui sont les miens, ce matin, de vous retrouver, ici, dans cette faculté de droit qui est mon lieu professionnel, dans mon amphithéâtre. Cela m'impressionne. Il y a du monde d'habitude dans mon amphithéâtre, mais jamais ainsi sur les marches. Cela me fait chaud au cœur, car c'est un lieu de transmission du savoir, de débat, d'interrogation et c'est très important, pour moi, de vous retrouver.

Merci à Marielle d'avoir choisi aussi ce lieu symbolique qui est celui de Robert Schuman, sur les traces duquel nous nous trouvons en permanence, de cet esprit fécond, lumineux, humble, modeste, simple qui guide et fonde cette Europe à laquelle nous croyons.

C'est vrai qu'il a concrétisé les éléments de la paix. Aujourd'hui, nous sommes à nouveau dans une guerre économique et le retour à sa simplicité et à la profondeur de sa pensée, à mes yeux, est quelque chose qui doit être constamment présent.

En quelques mots, nos travaux nous ont permis - nous en parlerons tout au long de la matinée et dégager des conclusions et des idées nouvelles sans doute -, à partir du concret de cette région, au cœur de l'Europe, à partir de la vie concrète de nos concitoyens qui, ici, par exemple, sont 75 000 à passer au Luxembourg chaque matin pour y travailler, à rêver ensemble, à imaginer, à créer, à fonder des entreprises, à se marier, à parfois également se séparer, à avoir des éléments concernant leurs droits civils, leurs droits patrimoniaux à gérer, dans deux, voire trois espaces européens, de poser ces questions du concret de nos concitoyens.

L'Europe, évidemment, et Gérard Deprez en parlera, a fondé, par les traités, un espace de justice, de sécurité et de liberté, mais au-delà de la terminologie des traités, au-delà des avancées effectuées, il reste des champs immenses à travailler ensemble pour se concerter entre les législations, pour répondre au problème de garde d'enfant entre deux pays membres, au problème de divorce, au problème d'enlèvement d'enfant, au problème comme l'a rappelé Fanny Khau à l'instant concernant les droits individuels, au problème de contentieux concernant les droits de la consommation, avec l'idée d'une action concertée que l'on imaginerait proposer pour que, face aux distorsions de concurrence réglée entre les entreprises, il existe aussi des droits pour les citoyens pour mener ensemble des actions pour rééquilibrer ce combat à partir des risques de concurrence.

Donc, une foule d'idées concernant, finalement, le droit familial communautaire et le droit individuel communautaire. Nos droits sont encore bien sûr régis par des règles nationales, et c'est normal, mais les réponses ne sont pas suffisamment concertées pour qu'il y ait, et de la lisibilité, et de la communication sur ces droits.

Un deuxième aspect fondamental qui touche aux fondements de nos sociétés est celui qui relève de la sécurité, des droits en matière de sécurité et qui touche au droit d'asile, à quelle politique de migration nous souhaitons aspirer et parvenir, dans cet espace qui est aujourd'hui... C'est vrai que le défi est redoutable, puisque nous sommes, et c'est une chance, aujourd'hui, 0,5 milliard de citoyens.

Au moment où l'on pose, à la fondation de l'Europe, cette idée de liberté de circulation, dès le début, et aujourd'hui plus que jamais, se posent un certain nombre de questions auxquelles nous avons à répondre d'une manière humaniste, en replaçant l'homme au cœur de chaque décision, concernant les luttes contre les trafics, contre les mafias et en le faisant en reposant nos systèmes sur le respect des droits et des libertés et en s'interrogeant sur quelle politique de migration nous voulons avoir, d'où l'idée d'un parquet européen, d'une possibilité plus large de médiation, d'où un certain nombre de pistes que nous avons travaillées et que nous vous appelons aujourd'hui à débattre avec tous les experts qui nous ont fait la joie et l'honneur d'être présents aujourd'hui. (Applaudissements...)



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