Julien Rivals, auteur de "Le Développement durable, le management de l'entreprise responsable" (Editions d'Organisation), intervient lors de l'ouverture de la convention. Il est l'animateur du groupe projet Développement Durable du Mouvement Démocrate.
- Bonjour à tous, on m'a demandé de procéder à une petite introduction. J'anime le groupe
thématique Développement durable au sein du MoDem dans le cadre de l'élection européenne et, par
ailleurs, je travaille en tant que consultant et auditeur sur les questions de responsabilité
sociale et environnementale d'entreprise. C'est un regard de militant et de professionnel que je
vous propose.
En introduction, on parle beaucoup de développement durable. Vous entendez le terme toute la
journée dans les médias. Toutes les entreprises sont durables. Tous les produits sont du
développement durable et, l'Europe, on propose qu'elle soit développement durable.
Finalement, dans le cadre de ce projet européen, il ne s'agit plus aujourd'hui de dire :
"Notre objectif est le développement durable". Cela ne suffit plus. Il faut dire, aujourd'hui,
concrètement, quels sont les objectifs derrière liés au développement durable et comment on va
faire pour faire une Europe Développement durable.
C'est l'enjeu de l'élection européenne et cela me paraît très important.
Il y a des bribes qui ont existé puisque le Paquet Énergie-Climat, signé par les
parlementaires notamment, donne des objectifs plus en termes de climat que d'énergie, mais il y a
tout de même quelques objectifs. Cependant, cela ne suffit pas. Le développement durable, c'est
plus large et il faut que l'Europe soit beaucoup plus motrice, en termes d'objectifs sur l'ensemble
des enjeux du développement durable.
C'est important d'avoir une stratégie de développement durable au niveau européen, une
stratégie qui soit opérationnelle pour deux raisons : premièrement, le développement durable est
une formidable source de remotivation, pour faire aimer à nos citoyens et co-citoyens européens
l'Europe, car pour répondre aux enjeux de développement durable, nous avons besoin de l'Europe et
le développement durable est mobilisateur. On le voit particulièrement dans les entreprises. Quand
il s'agit de ressouder les équipes et de redonner du sens, le sujet du développement durable est
extrêmement utile comme objectif et moyen.
J'ai quatre recommandations ou priorités qui me semblent essentielles pour le projet européen
Développement durable et je voudrais vous en faire part tout de suite.
Le premier point qu'il me paraît essentiel que les candidats européens aient en tête, c'est
que l'on souffre d'un manque d'évaluation. Il faut développer la culture de l'évaluation
Développement durable. Aujourd'hui, on a difficilement la possibilité de prendre des décisions en
toute transparence, puisqu'on n'a pas accès à l'information. Investir dans le développement
durable, c'est avoir de très beaux projets verts et visibles ; mais c'est aussi investir dans les
méthodologies et la manière dont on va calculer, évaluer un projet.
Il faut que les citoyens aient accès à cette évaluation. C'est aussi un grand enjeu. Il ne
s'agit pas d'avoir des chiffres. Il faut aussi qu'ils soient accessibles.
Deuxièmement, il faut apprendre à investir avec des critères de développement durable. Une
fois que l'on a l'évaluation, il faut que les choix publics notamment soient évalués en amont avec
des critères de développement durable.
Aujourd'hui, on sait justifier un projet avec des critères de développement durable en
analysant ex post les bons points, en termes de développement durable. On ne sait pas très bien
encore - il faut beaucoup travailler là-dessus - prendre, dans les choix d'investissements, des
critères de développement durable.
Troisièmement, il faut renforcer la responsabilité sociale et environnementale des
entreprises. Le dogme au niveau européen est de dire que la RSE, c'est-à-dire la mobilisation des
entreprises dans le développement durable est une démarche volontaire.
On peut se poser la question de savoir si c'est suffisant, si l'on veut que l'Europe soit
efficace, en termes de développement durable, qu'elle soit, dans le monde, l'image d'un monde plus
durable. Il faut que les entreprises, qui sont les bras armés de la politique européenne, soient un
peu plus incitées à rendre des comptes, en matière de performance Développement durable et à avoir
des démarches vertueuses.
Quatrièmement, il me paraît essentiel de travailler et de mettre le paquet sur la question de
l'urbanisme durable. Avec nous, il y a Philippe de Longevialle, adjoint au maire de Grenoble, en
charge de l'urbanisme. Les questions de l'urbanisme durable sont essentielles. La plus grande
partie des enjeux de développement durable, que ce soit les transports, les déchets, la mixité
sociale, se trouve aujourd'hui concentrée dans les villes. En plus, la ville, c'est fabuleux, car
c'est également une réponse extrêmement bonne au développement durable, car il n'y a pas de modèle
de vie ensemble plus durable, bien souvent, que la ville.