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15 avril 2009

1ère table ronde : Intervention de Jacqueline Gourault

Jacqueline Gourault, Sénatrice-Maire de la Chaussée-Saint-Victor, 1ère vice-présidente de l'Association des Maires de France, intervient lors de la première table-ronde de la Convention sur le thème "Politique agricole, politique de la mer : pour une nouvelle approche".


- Quelques mots après ce que Frédéric Descrozailles vient de dire : je voudrais simplement dire que, en tant que sénatrice d'un département rural où l'agriculture joue un rôle important et aussi parce qu'on a fait beaucoup de réunions dans le département parce qu'il m'est arrivé d'aller avec François visiter sur le terrain des agriculteurs des exploitations agricoles… Qu'est-ce que l'on peut dire ?

Actuellement, la grande détresse du monde agricole, c'est quelque chose de tellement fort, de tellement palpable et tellement difficile à vivre pour des agriculteurs qui aiment leur métier, qui veulent continuer bien sûr à le faire, mais qui veulent aussi pouvoir en vivre normalement et cela, c'est quelque chose que je voudrais faire passer, dont je voudrais témoigner.

Bien sûr, il y a des agriculteurs, ici, qui vont exprimer cela beaucoup mieux que moi. Je pense que c'est très important de prendre conscience que, dans notre société, il y a un malaise véritablement dans le monde paysan qui est très grand.

Comme tout à l'heure Frédéric l’a esquissé, quand vous allez rencontrer des agriculteurs dans un département, c'est très frappant de voir que cette année, par exemple, les éleveurs de moutons sont contents, n'est-ce pas, mais c'est au détriment d'autres, que ceux qui étaient contents l'année d'avant sont dans la panade et que, au fond, on est dans un système où, comme l'a très bien dit Frédéric tout à l'heure, on se dispute pour essayer d'avoir les fameux DPU et on sait qu'on les prend au voisin. C'est dramatique pour le monde agricole, en général, sans parler, non pas des oppositions entre branches agricoles -les oppositions entre guillemets, parce qu'ils sont bien obligés de défendre aussi leur gagne-pain-, mais aussi des oppositions qui peuvent exister… Par exemple, dans mon département le Loir-et-Cher, ils pensent que ce sont les céréaliers d'Eure-et-Loir qui ont piqué l'essentiel de l'argent.

Il y a quelque chose qui ne peut plus durer. Non seulement les agriculteurs vivent mal, mais en plus, on instille une espèce de compétition entre eux, entre les différentes activités. Je crois vraiment que la campagne européenne est un moment très important pour rappeler à la fois ce malaise et essayer de trouver des solutions et, peut-être, dire aussi que, puisqu'en 2013 on doit tout remettre à plat, il faut défendre haut et fort notre agriculture française.



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