Sylvie Goulard, tête de liste pour la circonscription Ouest, intervient lors de la première table-ronde de la Convention sur le thème "Quelle politique européenne de la mer ?".
- J'ai écouté soigneusement. Je vous remercie beaucoup de vos témoignages, remarques et
réflexions. J'en retiens 3 choses.
La première : il est très important de maintenir de l'activité économique sur nos côtes, de
maintenir une culture, un savoir-faire.
Là-dessus, si nous avons la chance avec Bruno et peut-être d'autres d'aller au Parlement
européen, ce sera notre ligne de mire.
Cela suppose quand même, c'est mon deuxième point, que tout le monde prenne conscience de la
nécessité de rendre cette économie durable.
Tout ce que l'on a entendu ici, mais les gens avaient sans doute été très bien choisis, c'est
une prise de conscience et une amorce de dialogue que l'on s'efforcera de poursuivre autant que
possible. Il y a des traducteurs au Parlement européen, on verra s'il y en a qui traduisent le
langage poisson-pêcheur.
La dernière chose, c'est ressorti de beaucoup d'interventions, il y a toujours une
imbrication de compétences quand il s'agit de l'Union européenne.
Manifestement, nous sommes là dans un cas où l'on impute à Bruxelles des pouvoirs ou des
décisions qui ne relèvent pas seulement des autorités communautaires, mais à l'inverse et j'attire
votre attention là-dessus, il n'y a pas de solution nationale.
J'avais envie de dire par moment en vous entendant : Mais qu'est-ce qui se passerait s'il n'y
avait pas eu du tout de politique de la pêche ? Il y aurait probablement des surpêches du
réchauffement climatique, il n'y aurait pas plus de facilités à contrôler les bateaux espagnols.
Donc, que ce soit par amour ou par raison, je crois qu'il faut continuer dans cette voie en
espérant que nous aurons un peu plus de pouvoir.
Le débat institutionnel a peut-être été un peu abscons, mais l'idée est de savoir si ce sont
les représentants des gouvernements qui décident tout seul à huis clos sans que l'opinion publique
puisse intervenir via ses représentants ou dans les médias ou par la société civile ou alors si
l'on passe dans un système dans lequel le Parlement européen a peu à dire.
Méfiez-vous de tous ceux qui pensent que l'on peut faire progresser l'Europe avec moins de
pouvoir pour le Parlement.
Si le Traité de Lisbonne est ratifié, car c'est cela l'enjeu, il y aura plus de pouvoir pour
vos représentants ; bien sûr, les questions institutionnelles paraissent très lointaines, mais même
dans les ports concernés par la ratification ou la non-ratification d'un traité, nous nous battrons
pour une Europe qui avance de manière que les décisions arrivent ensemble et avec vous. On se
reverra.