9 avril 2009
Simon Rodier, Maire de Saint-Bonnet-le-Chastel, intervient lors de la première table-ronde de la Convention sur le thème "Les territoires, oubliés des politiques publiques".
- Bonjour.
Lorsqu'on m'a demandé d'intervenir en tant que maire rural sur les services publics, je me
suis d'abord dit : "Aïe", car effectivement, il y a un certain nombre de choses qui ont été dites
et que l'on constate, notamment le problème de la désertification médicale. Je me suis demandé
alors si j’allais parler des postes qui ferment, de la crainte qui est la nôtre à chaque mois
de septembre de savoir si nous aurons assez d'enfants pour ne pas avoir à fermer une classe, non
pas car c'est agréable d'avoir des enfants dans une commune, mais parce que je ne considère pas
concevable qu'un enfant doive parcourir 12 km pour se rendre en école maternelle.
Je me suis dit aussi : dois-je parler des fermetures de perception ?
La litanie des choses désagréables pourrait être très longue, mais on la connaît tous.
Je vais présenter le territoire. Je suis maire de Saint Bonnet le Chastel, vice-président
d'une communauté de communes. Quand je dis qu'elle fait 15 communes et plus de 30 000 hectares,
c'est très important, mais moins de 3 700 habitants !... Cela ramène à une plus juste mesure.
Cette communauté de communes n'a pas de bourg-centre. Elle a été conçue plus comme un
territoire de projets entre des personnes qui se ressemblent et, lorsque celles qui l'ont mise en
place, il y a déjà un certain nombre d'années, l'ont conçue, la question qui s'est posée a été :
"Que fait-on ensemble ?"
Une communauté de communes est faite pour les équipements structurants. On construit des
piscines, on essaie de construire de grandes bibliothèques. On l'a vu à Clermont.
On s'est tout d'abord dit : "Qui sommes-nous ? Quel est notre territoire ? Quels sont nos
habitants ?" Je suis vice-président en charge de la politique sociale et de l'aide à la population.
3 700 habitants, ce n'est pas beaucoup, mais il y a des problématiques très spécifiques.
On a une population très dispersée, non seulement entre les 15 communes, mais entre de très
nombreux hameaux. On a donc mis en place, plus qu'une politique sociale, vraiment une politique de
maintien de la population et on a voulu que nos habitants aient les mêmes chances que tous les
autres, c'est-à-dire que, même chez nous à la campagne, on a fait comme Michel à Clermont, du
portage de repas à domicile.
C'est sûr que l’on n'a pas les mêmes niveaux de distribution, puisqu'on est à 6 000
repas servis par an. C'est modeste, mais cela fait huit ans que cela fonctionne et cela nous a
permis de maintenir les populations.
On a apporté un soutien tout particulier aux médiathèques. Il y avait des bibliothèques
associatives. On a aujourd'hui un réseau de trois vraies médiathèques et de cinq points de lecture
faisant du portage de livres à domicile pour les personnes âgées.
On a du ramassage pour les enfants, afin que, tous les mercredis, les enfants puissent avoir
accès au judo, au foot, à la musique.
On a essayé de travailler sur le service à la population et cela regroupe énormément de
choses. On ne s'en rend pas toujours compte, mais ce que les personnes attendent, c'est de pouvoir
vivre sur leur territoire avec les mêmes chances qu'ailleurs.
À ce titre, quand on a la volonté et le désir de faire les choses pour que les services
publics soient présents, il y a des choses que l'on peut faire.
Je ne pourrai pas seul sauver mon école, c'est certain. Je ne peux rien, lorsque la Poste me
dit : "Écoutez, vous prenez l'agence postale. C'est cela ou rien". Je suis relativement démuni,
mais il y a des choses qu'ensemble, par exemple, au niveau des communautés de communes, et - j'aime
beaucoup faire le parallèle - entre les communautés de communes et l'Union européenne, on peut
faire, car ce sont souvent plus des différences que l'on conjugue, que des similitudes que l'on
additionne. Et quand on est motivé, on peut sauver des services publics et même en créer.