Bernard Coulon, Maire de Saint-Pourcain-sur-Sioule, 5e de la liste européenne du Mouvement Démocrate menée par Jean-Marie Beaupuy dans le Massif central-Centre, intervient lors de la deuxième table-ronde de la Convention sur le thème "Quel modèle de services publics en France et en Europe ?".
- Merci de votre accueil.
C'est vrai qu'après les propos de grande tenue qui viennent d'être formulés par les uns et
les autres, il va être difficile, pour moi, d'enchaîner. Tout à l'heure, un de mes prédécesseurs,
Simon Rodier, a parlé de la difficulté de l'aménagement de ces territoires qui vivent en prise avec
toutes les difficultés du quotidien.
Je rebondis sur ce qu'il a dit, en indiquant que pour moi l'Europe, c'est l'intercommunalité.
C'est la même construction. Tout à l'heure, on a parlé de difficultés du plan de relance et de ces
fameux 3 pour cent que le Président du MoDem souhaitait voir affectés à une relance, mais pour
cela, il aurait fallu une volonté politique, et c'est pour cela que je suis fier d'être à tes côtés
sur cette liste, cet engagement, car je suis fier d'être MoDem et de n'être ni UMP ni socialiste.
(Applaudissements…)
C'est la première campagne qui s'ouvre devant nous pour faire rebondir ces idées si chères à
François Bayrou qui sont celles de faire de la politique autrement avec le respect de l'autre, de
savoir écouter comme le Président sait le faire et de pouvoir travailler tous ensemble avec un
idéal et un projet.
Pardonnez-moi de faire un tout petit peu de politique, même si nous sommes dans une
convention thématique, mais, par rapport à ce vote de l'Europe, à ce mouvement européen, il est
extrêmement important, pour nous, de mobiliser et de transcender les idées qui sont les nôtres, car
derrière, il y aura d'autres échéances et une présidentielle. Si vous voulez que la France revienne
dans une orientation qui est soit celle que l'on souhaite, il faut commencer par bien préparer les
élections d'aujourd'hui, de demain immédiat et du futur. (Applaudissements…)
Tout à l'heure, j'entendais parler qu'il fallait une vraie politique de projets. C'est
complètement vrai. J'ai dit, l'Europe, c'était comme la construction de l'intercommunalité. Si on
la construit en respectant les uns et les autres, on arrive à un résultat.
Saint-Pourcain, c’est 5 000 habitants, une communauté de communes de 28 communes et de
18 000 habitants et, pourtant, c'est 6 000 emplois pour 5 000 habitants. Cela veut dire que,
lorsque l'on n'a pas d'autoroute - la première sortie d'autoroute est à 20 min -, pas de train
s'arrêtant à Saint-Pourcain - la première gare est à 30 km -, pas d'aéroport - le premier est à
Clermont-Ferrand, à 65 minutes de Saint-Pourcain -, que faut-il faire ? Faut-il baisser les bras ou
avoir des projets d'avenir ? Faut-il se projeter sur l’avenir et dire que l'on travaille pour
aujourd'hui ou pour nos successeurs ?
J'ai commencé à bâtir l'intercommunalité en 1983 - c'est un travail de longue haleine - et,
depuis, bien que j'ai disputé un peu les gens, que je les ai bousculé, ils m'ont toujours redonné
leur confiance et j'ai donc eu la chance de pouvoir continuer cette construction. C'est avoir des
projets d'avenir en commençant d'abord par le tissu social, en respectant les uns et les autres sur
un territoire. Lorsque l'on parlait de services publics, c'était aussi :
- maintenir les écoles ;
- ne pas faire les crèches dans le bourg-centre ;
- pouvoir accueillir des enfants dans toutes les communes de campagne ;
- créer la garderie à Saint-Pourcain en dernier, quand tout le territoire a été couvert ;
- mettre ce service de portage dont parlait Simon Rodier tout à l'heure à la disposition de
tout le monde. Aujourd'hui, je sers 25 000 repas au quotidien dans tous les coins de la communauté
de communes ;
- mettre un service de taxis à la demande pour que les gens puissent aller chez le médecin,
afin de ne pas avoir cette désertification et plutôt une réponse et une qualité de vie sur un
territoire.
Lorsque l'on a réussi cette partie humaine, après on passe à la partie économique qui
représente un vrai challenge. Je sais bien que le capital n'est pas moral - il ne peut pas l'être
puisque, le capital, c'est faire de l'argent et, donc, il faut le réformer -, mais j'ai vendu
l'idée de l'usine à la campagne. J'ai expliqué à des Parisiens -qui étaient ceux de chez Vuitton-
qu'en ayant leur usine à la campagne, qu'il n'y aurait pas d'embouteillages, qu'ils auraient des
personnes à l'heure, qu'elles seraient disponibles et fières de leur entreprise.
C'était important, car si je bloquais les femmes dans une entreprise, j'étais certain d'avoir
les enfants et les hommes pour continuer à faire vivre notre territoire et je suis, dans l'Allier,
le seul territoire qui progresse, alors que ce département est en régression de population. Le
territoire du bassin de Saint-Pourcain est le seul qui augmente.
Qu'ai-je vendu ? Une qualité de main-d'œuvre humaine, de personnes du pays, d'un
territoire rural qui savaient se former, de gens peu syndicalisés et qui seraient fières de leur
entreprise. Aujourd’hui, le résultat, c’est : 650 personnes chez Vuitton et des projets
malgré la crise, car il faut en avoir, et encore plus aujourd'hui, car les difficultés sont là.
C'est également un groupe de galvanisation qui emploie 600 personnes de sexe masculin, pour
des métiers un peu plus difficiles. Un groupe qui vient de passer, par rapport à l'environnement,
toutes les contraintes pour être ISO 9012. Ce sont les premiers à s'occuper des problèmes de la
notification carbone sur ce territoire.
Aujourd'hui, nous avons des projets avec des partenaires, puisque je viens d'ouvrir une zone
de 40 hectares de continuité pour une extension industrielle. Aujourd'hui, ces 40 hectares sont
vendus avant d'avoir été aménagés. Les engins sont sur le terrain et, demain, un groupe hollandais
va arriver à Saint-Pourcain avec un programme de développement sur cinq ans.
On est dans le permis de construire, en pleine crise. Ce n'est pas du "flan". On va avoir,
sur le territoire, une production de 200 000 tonnes d'acier pour les bétons précontraints, les
tours, les murs préfabriqués, etc. C'est encore grâce à la qualité de la main-d'œuvre, mais
également… Tout à l'heure, quelqu'un parlait du rail route et de la circulation de nombreux
camions. Je suis allé en Hollande, afin d'essayer de convaincre mes partenaires de venir et j'ai
été sidéré de voir tous ces camions sur la route. De Bruxelles jusqu'à Paris, il y a un mur de
camions, sans arrêt.
La collectivité que j'ai l'honneur de présider a avancé 600 000 € pour construire une
voie ferrée supplémentaire, afin de pouvoir accueillir ce partenaire. Il fallait faire ces dépenses
avant, afin d'anticiper et être prêt au moment x à recevoir ces personnes. C'est 600 000 € et
800 000 € pour une tranche électrique de 4 500 Kw, car c'est la puissance nécessaire.
Aujourd'hui, cette construction d'un train nous permet d'accueillir de la matière première
qui arrive par train complet. Il s'agit de trains de 1 800 tonnes. Dans l'entreprise que j'ai été
visité en Hollande, la matière première - ce sont des bobines de fils d'acier - arrive par péniche
à l'intérieur de l'entreprise. Une péniche, c’est 1 200 tonnes. Faites le calcul du nombre de
camions que cela représente sur la route.
Aujourd'hui, la chance de Saint-Pourcain et ce pourquoi on réussit à faire ce pôle
logistique, c'est que, lorsque l'on parle des infrastructures et que l'on n'a pas de routes…
On est tout de même avec un compas au centre de la France et, lorsque vous faites un compas avec un
rayon de 4 heures de conduite d'un poids lourd pour faire des dessertes journalières, vous êtes à
environ 350 km en respectant les limitations, car on n'est pas tout à fait comme dans la Lozère. On
a quelques routes, mais pas beaucoup, car, par rapport au désenclavement, les promesses faites par
notre Président de la République, même à Saint-Pourcain, lorsqu'il s'est imposé à moi et qu'il est
venu, ne sont pas tenues et ne le seront jamais, comme le reste d'ailleurs.
(Applaudissements…)
Je vais conclure, en vous disant que je suis très fier de participer avec Jean-Marie Beaupuy
à cette échéance électorale, car je pense que c'est l'addition de tous ces territoires français qui
fera que la France sera gagnante demain, quelle sera une vraie région de l'Europe et qu'un jour,
nous aurons une politique européenne. J'espère que Jean-Marie Beaupuy sera largement élu et
d'autres avec lui, notamment Chérifa Adaissi.