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9 avril 2009

2ème table ronde : Intervention de Bernard Coulon

Bernard Coulon, Maire de Saint-Pourcain-sur-Sioule, 5e de la liste européenne du Mouvement Démocrate menée par Jean-Marie Beaupuy dans le Massif central-Centre, intervient lors de la deuxième table-ronde de la Convention sur le thème "Quel modèle de services publics en France et en Europe ?".


- Merci de votre accueil.

C'est vrai qu'après les propos de grande tenue qui viennent d'être formulés par les uns et les autres, il va être difficile, pour moi, d'enchaîner. Tout à l'heure, un de mes prédécesseurs, Simon Rodier, a parlé de la difficulté de l'aménagement de ces territoires qui vivent en prise avec toutes les difficultés du quotidien.

Je rebondis sur ce qu'il a dit, en indiquant que pour moi l'Europe, c'est l'intercommunalité. C'est la même construction. Tout à l'heure, on a parlé de difficultés du plan de relance et de ces fameux 3 pour cent que le Président du MoDem souhaitait voir affectés à une relance, mais pour cela, il aurait fallu une volonté politique, et c'est pour cela que je suis fier d'être à tes côtés sur cette liste, cet engagement, car je suis fier d'être MoDem et de n'être ni UMP ni socialiste. (Applaudissements…)

C'est la première campagne qui s'ouvre devant nous pour faire rebondir ces idées si chères à François Bayrou qui sont celles de faire de la politique autrement avec le respect de l'autre, de savoir écouter comme le Président sait le faire et de pouvoir travailler tous ensemble avec un idéal et un projet.

Pardonnez-moi de faire un tout petit peu de politique, même si nous sommes dans une convention thématique, mais, par rapport à ce vote de l'Europe, à ce mouvement européen, il est extrêmement important, pour nous, de mobiliser et de transcender les idées qui sont les nôtres, car derrière, il y aura d'autres échéances et une présidentielle. Si vous voulez que la France revienne dans une orientation qui est soit celle que l'on souhaite, il faut commencer par bien préparer les élections d'aujourd'hui, de demain immédiat et du futur. (Applaudissements…)

Tout à l'heure, j'entendais parler qu'il fallait une vraie politique de projets. C'est complètement vrai. J'ai dit, l'Europe, c'était comme la construction de l'intercommunalité. Si on la construit en respectant les uns et les autres, on arrive à un résultat.

Saint-Pourcain, c’est 5 000 habitants, une communauté de communes de 28 communes et de 18 000 habitants et, pourtant, c'est 6 000 emplois pour 5 000 habitants. Cela veut dire que, lorsque l'on n'a pas d'autoroute - la première sortie d'autoroute est à 20 min -, pas de train s'arrêtant à Saint-Pourcain - la première gare est à 30 km -, pas d'aéroport - le premier est à Clermont-Ferrand, à 65 minutes de Saint-Pourcain -, que faut-il faire ? Faut-il baisser les bras ou avoir des projets d'avenir ? Faut-il se projeter sur l’avenir et dire que l'on travaille pour aujourd'hui ou pour nos successeurs ?

J'ai commencé à bâtir l'intercommunalité en 1983 - c'est un travail de longue haleine - et, depuis, bien que j'ai disputé un peu les gens, que je les ai bousculé, ils m'ont toujours redonné leur confiance et j'ai donc eu la chance de pouvoir continuer cette construction. C'est avoir des projets d'avenir en commençant d'abord par le tissu social, en respectant les uns et les autres sur un territoire. Lorsque l'on parlait de services publics, c'était aussi :

- maintenir les écoles ;

- ne pas faire les crèches dans le bourg-centre ;

- pouvoir accueillir des enfants dans toutes les communes de campagne ;

- créer la garderie à Saint-Pourcain en dernier, quand tout le territoire a été couvert ;

- mettre ce service de portage dont parlait Simon Rodier tout à l'heure à la disposition de tout le monde. Aujourd'hui, je sers 25 000 repas au quotidien dans tous les coins de la communauté de communes ;

- mettre un service de taxis à la demande pour que les gens puissent aller chez le médecin, afin de ne pas avoir cette désertification et plutôt une réponse et une qualité de vie sur un territoire.

Lorsque l'on a réussi cette partie humaine, après on passe à la partie économique qui représente un vrai challenge. Je sais bien que le capital n'est pas moral - il ne peut pas l'être puisque, le capital, c'est faire de l'argent et, donc, il faut le réformer -, mais j'ai vendu l'idée de l'usine à la campagne. J'ai expliqué à des Parisiens -qui étaient ceux de chez Vuitton- qu'en ayant leur usine à la campagne, qu'il n'y aurait pas d'embouteillages, qu'ils auraient des personnes à l'heure, qu'elles seraient disponibles et fières de leur entreprise.

C'était important, car si je bloquais les femmes dans une entreprise, j'étais certain d'avoir les enfants et les hommes pour continuer à faire vivre notre territoire et je suis, dans l'Allier, le seul territoire qui progresse, alors que ce département est en régression de population. Le territoire du bassin de Saint-Pourcain est le seul qui augmente.

Qu'ai-je vendu ? Une qualité de main-d'œuvre humaine, de personnes du pays, d'un territoire rural qui savaient se former, de gens peu syndicalisés et qui seraient fières de leur entreprise. Aujourd’hui, le résultat, c’est : 650 personnes chez Vuitton et des projets malgré la crise, car il faut en avoir, et encore plus aujourd'hui, car les difficultés sont là.

C'est également un groupe de galvanisation qui emploie 600 personnes de sexe masculin, pour des métiers un peu plus difficiles. Un groupe qui vient de passer, par rapport à l'environnement, toutes les contraintes pour être ISO 9012. Ce sont les premiers à s'occuper des problèmes de la notification carbone sur ce territoire.

Aujourd'hui, nous avons des projets avec des partenaires, puisque je viens d'ouvrir une zone de 40 hectares de continuité pour une extension industrielle. Aujourd'hui, ces 40 hectares sont vendus avant d'avoir été aménagés. Les engins sont sur le terrain et, demain, un groupe hollandais va arriver à Saint-Pourcain avec un programme de développement sur cinq ans.

On est dans le permis de construire, en pleine crise. Ce n'est pas du "flan". On va avoir, sur le territoire, une production de 200 000 tonnes d'acier pour les bétons précontraints, les tours, les murs préfabriqués, etc. C'est encore grâce à la qualité de la main-d'œuvre, mais également… Tout à l'heure, quelqu'un parlait du rail route et de la circulation de nombreux camions. Je suis allé en Hollande, afin d'essayer de convaincre mes partenaires de venir et j'ai été sidéré de voir tous ces camions sur la route. De Bruxelles jusqu'à Paris, il y a un mur de camions, sans arrêt.

La collectivité que j'ai l'honneur de présider a avancé 600 000 € pour construire une voie ferrée supplémentaire, afin de pouvoir accueillir ce partenaire. Il fallait faire ces dépenses avant, afin d'anticiper et être prêt au moment x à recevoir ces personnes. C'est 600 000 € et 800 000 € pour une tranche électrique de 4 500 Kw, car c'est la puissance nécessaire.

Aujourd'hui, cette construction d'un train nous permet d'accueillir de la matière première qui arrive par train complet. Il s'agit de trains de 1 800 tonnes. Dans l'entreprise que j'ai été visité en Hollande, la matière première - ce sont des bobines de fils d'acier - arrive par péniche à l'intérieur de l'entreprise. Une péniche, c’est 1 200 tonnes. Faites le calcul du nombre de camions que cela représente sur la route.

Aujourd'hui, la chance de Saint-Pourcain et ce pourquoi on réussit à faire ce pôle logistique, c'est que, lorsque l'on parle des infrastructures et que l'on n'a pas de routes… On est tout de même avec un compas au centre de la France et, lorsque vous faites un compas avec un rayon de 4 heures de conduite d'un poids lourd pour faire des dessertes journalières, vous êtes à environ 350 km en respectant les limitations, car on n'est pas tout à fait comme dans la Lozère. On a quelques routes, mais pas beaucoup, car, par rapport au désenclavement, les promesses faites par notre Président de la République, même à Saint-Pourcain, lorsqu'il s'est imposé à moi et qu'il est venu, ne sont pas tenues et ne le seront jamais, comme le reste d'ailleurs. (Applaudissements…)

Je vais conclure, en vous disant que je suis très fier de participer avec Jean-Marie Beaupuy à cette échéance électorale, car je pense que c'est l'addition de tous ces territoires français qui fera que la France sera gagnante demain, quelle sera une vraie région de l'Europe et qu'un jour, nous aurons une politique européenne. J'espère que Jean-Marie Beaupuy sera largement élu et d'autres avec lui, notamment Chérifa Adaissi.



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