9 avril 2009
Chérifa Adaissi, ancienne maire-adjointe de Blois et 2ème de liste pour la région Massif Central - Centre pour les européennes, intervient lors de la première table-ronde de la Convention sur le thème "Les territoires, oubliés des politiques publiques".
- Bonjour. Nos territoires, dans leur diversité, il faut le dire, sont une vraie chance pour
l'Europe, à condition, bien sûr, d’en réduire les inégalités.
Je ne vous apprends rien, mais on a, d'un côté, la vie qui se retire de certains territoires
ruraux, sous-peuplés ; de l'autre, on a de grandes agglomérations qui font face à des difficultés
croissantes.
Ainsi, 80 pour cent de la population européenne vit dans les villes, qu'elles soient grandes,
petites ou moyennes.
Longtemps - je l'ai découvert dans le livre de Jean-Marie Beaupuy : "Bâtir des villes
durables" -l'Union européenne a eu du mal à faire une place aux villes. C'est seulement au début
des années 90 que la question de l'éligibilité des territoires urbains aux fonds structurels du
FEDER a trouvé une réponse.
Si les villes concentrent les principales richesses et potentialités économiques et sociales
de l'Europe, elles concentrent également les grands problèmes de nos sociétés et certains de leurs
quartiers délaissés cumulent des populations défavorisées, la délinquance, une absence d'activité
économique, de nombreux logements vacants.
C'est le cas de notre ville à Blois, ville de 50 000 habitants -dont la ZUP, un quartier
sensible- concentre 18 000 habitants. C'est énorme pour une ville de cette taille, et qui a vu, dès
2001, un projet de renouvellement urbain se mettre en oeuvre avec des sommes colossales de l'ordre
de plus de 250 M€, cela afin de démolir, encore démolir, si lentement reconstruire, pour
déplacer des populations qui n'étaient pas préparées au déménagement, les reconcentrer dans des
quartiers qui, eux, ne sont pas préparés à l'arrivée de ces populations aux visages, aux cultures
et modes de vie un peu différents.
Cela crée beaucoup de frustrations. Ce projet de renouvellement urbain reste urbain et on a
oublié de conjuguer l'humain à l'urbain. Tout cela, évidemment, met en péril l'équilibre général de
notre territoire.
Ce territoire, outre les contours que notre œil peut distinguer, ce n'est pas une notion
abstraite. Il faut qu'on le répète aujourd'hui, nos territoires sont le coeur même de la vie des
personnes. Le territoire est au coeur même de leur souffrance et, en cette période de crise
particulièrement difficile, nous, citoyens, attendons des pouvoirs publics qu'ils prennent en
compte les problèmes que peuvent rencontrer dans leur diversité chacun de nos territoires : des
problèmes de croissance, d'emploi, d'intégration sociale, d'étalement urbain, de mobilité,
démographique, de logement et d'environnement.
N'étant pas une spécialiste ou une technicienne de l’aménagement du territoire, vous ne
m'entendrez pas vous faire une démonstration pour illustrer le thème qui nous réunit nombreux
aujourd'hui, mais je vous demande d'intégrer dans votre réflexion une exigence, celle de
l'épanouissement de chacun d'entre nous.
Le bien-être des citoyens passe d'abord par notre capacité à bâtir des territoires où il fait
bon vivre.
Face à ces enjeux, l'Union européenne a vocation, bien sûr, à intervenir, par des
financements spécifiques en faveur de nos banlieues et de nos campagnes.
Je vous cite trois exemples concernant un peu ce territoire :
- Lorsque Nadine Rivet, spécialiste du FSE, évoque le FSE faisant naître des crèches
interentreprises pour l'accueil de nos enfants, c'est l'Europe qui s'engage dans le Puy-de-Dôme ;
- Quand le FSE intervient dans le microcrédit social pour soutenir la création d'entreprises
au féminin dans le Puy-de-Dôme, c'est également l'Europe qui s'engage ;
- Lorsque le Conseil régional déploie des points Visio public -sorte de guichet administratif
à distance permettant d'accomplir des formalités et des rendez-vous de tous ordres, ANPE, URSSAF,
etc.- avec l'aide du FEDER, c'est encore l'Europe qui permet de réintroduire des services publics
dans les campagnes auvergnates.
Il va nous falloir rendre beaucoup plus visibles toutes ces actions de proximité que l'Europe
mène. Oui, je vais vous demander d'oublier que la Commission européenne s'occupe parfois de la
composition du vin rosé et de ne retenir qu'une chose : l'Europe s'occupe de vous. Alors,
occupez-vous de l'Europe en allant voter le 7 juin prochain.