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9 juin 2008

Intervention de jean-Luc BENNAHMIAS, député européen

J'ai ressenti, comme tout le monde, un peu d'agacement à l'énervement d'Emmanuel Todd concernant la manière dont il s'exprimait par rapport aux autres intervenants. Ce qu'il exprimait fondamentalement et ce qu'il y a dans la tête de très nombreux Françaises et Français et voire même de sympathisants du Mouvement Démocrate, ce sont les questions posées par rapport à la construction de l'Union européenne. Le travail que nous avons à faire sur le projet dans les semaines qui viennent consiste à voir comment nous répondrons à ces questions. En positif, car nous voulons construire et qu'il n'y a pas d'autres solutions possible que la construction européenne -ce n'est pas tout à fait ce que dit Emmanuel Todd. Mais également répondre à ces questions par rapport aux différentes crises que nous vivons. C'est absolument indispensable.

C'est en répondant à ces questions de manière positive, en essayant de voir comment, dans le cadre de l'Union européenne, nous pouvons y répondre, que nous serons en capacité de présenter un projet positif et audible par l'ensemble de nos concitoyens.
Je viens au sujet de cette table ronde rapidement. Concernant la crise alimentaire et la crise énergétique, j'ai envie de parler de quotidien. Nous sommes dans un changement total de temporalité par rapport à la vie quotidienne de nos concitoyens, qu'ils soient Français ou Européens, par rapport à la crise pétrolière et de l'énergie.
Les choses ont totalement changé et bougé et je pense que nous n'avons encore rien vu par rapport aux crises sociales corporatistes que nous vivons aujourd'hui dans ce pays et dans le reste de l'Union européenne.
L'incapacité qu'il y a aujourd'hui, pour un certain nombre de catégories sociales, de corporations de pouvoir circuler, ne serait-ce que pour aller travailler . Ou bien, de par leur travail, de faire assez de bénéfice ou de chiffre d'affaires pour que travailler soit quelque chose de valide et valable par rapport à son pouvoir d'achat, son salaire et ses revenus, tout cela change totalement la donne.
Il n'y a pas de réponse facile. Nous avons tous écouté Eva Joly sur les finances qui disparaissent ici ou là. Et le phénomène est malheureusement en expansion, ici, dans le cadre de l'Union européenne, mais également dans le cadre de tous les grands pays, comme la Chine, la Russie, etc..
J''ai rencontré le Président Jacques Chirac en 2000., Après avoir parlé d'institutions et de parité, il m'avait parlé de la difficulté pour les chefs d'État des gouvernements de maîtriser l'ensemble des surfaces financières mafieuses.
C'est clair. Le sujet est d'importance, même si chacun, dans les multinationales, dans les différents États, peut utiliser, peu ou prou, quand cela l'arrange, ces surfaces financières plutôt opaques.
Que faire par rapport à tout cela ?
Quelques idées, dans le cadre de l'Union européenne et uniquement dans ce cadre. Je pense qu'il n'y a pas de réponse État-nation par État-nation par rapport à la crise alimentaire et à la crise énergétique.
L'idée, et c'est la suite logique, me semble-t-il, de ce dont parlait Eva Joly, est de voir comment on taxe les multinationales productrices en Chine, en électricité, en pétrole et en production énergétique, comment une partie des bénéfices, évidemment ceux visibles, car, pour les bénéfices invisibles, c'est difficile, uniquement dans un cadre de l'Union européenne, on peut taxer ces produits financiers, ces bénéfices.
C'est l'une des seules solutions, me semble-t-il, pour répondre aux besoins de nos concitoyens : répondre aux besoins de circulation, de travail et de revenus de nos concitoyens. État par État, cela me paraît n'être qu'une vaste fumisterie, mais, dans le cadre de l'Union européenne, cela semble possible.
Comment proposer d'autres solutions ?
Des solutions sont possible, si nous sommes capables aujourd'hui, État par État, région par région, en euro-régions et continent par continent, de remettre debout des productions locales aussi bien alimentaires qu'énergétique.
Je finirai par une chose qui me désole : aujourd'hui, les fonds européens de la Commission européenne et de l'Union européenne pour le développement des autres pays sont en baisse de 0,42 % à 0,38 %, alors que les objectifs de l'Union européenne étaient de 0,7 %.
Il nous faut, par rapport à cela, travailler en positif et réaffirmer, avec nos amis des différents pays et des différentes formations démocrates et libérales des autres pays, que nous avons un projet pour l'Europe positif, progressif et qui permette de trouver des solutions.
C'est la seule solution que je vois possible, le seul moyen pour nous d'être audibles.