C'est un grand plaisir de représenter le chef de mon parti, Nick Clegg et mes collègues. Nous représentons 10 % des parlementaires au parlement britannique et, comme Marielle de Sarnez l'a précisé, il y a quelques instants, lors des élections municipales, nous étions en deuxième position, derrière le parti conservateur.
Je suis député depuis 11 ans et, en ce moment, je suis porte-parole pour le ministère de l'Intérieur. Nous pensons que nous pouvons battre le gouvernement britannique avec le parti conservateur, lors du vote de la semaine prochaine.
J'ai également été le porte-parole pour l'aide aux pays en voie de développement il y a quelques années et je vais parler de cela aujourd'hui. Que devons-nous faire ? Je pense qu'il y a trois choses que nous devons faire, car il est très clair que, malgré les investissements que l'Union européenne et les pays européens ont réalisés pendant de nombreuses années, l'impact a été minuscule.
Il doit y avoir des réformes au niveau de l'Union européenne et de la PAC en particulier. On
doit encourager les réformes politiques dans les pays en voie de développement pour éviter que
l'aide ne disparaisse ou que les richesses naturelles ne disparaissent. Eva Joly a parlé des
arguments utilisés par l'Angleterre. C'est plutôt les arguments utilisés par le gouvernement
britannique, car c'est notre parti qui a dit, concernant l'histoire du British Aerospace, que notre
gouvernement avait tort, qu'il avait fait une énorme erreur en abandonnant une enquête au sujet de
British Aerospace pour voir si les fonds avaient été détournés en Arabie Saoudite.
Pour commencer, s'agissant des réformes de l'Union européenne et de la PAC en particulier,
dans une conférence en Grande-Bretagne, on peut parler sans risques d'une réforme de la PAC. Il y a
peut-être un plus grand risque devant cette audience-ci et surtout avec le dialogue d'il y a
quelques instants au sujet d'un protectionnisme à l'échelle européenne, peut-être, mais nous devons
réformer la PAC.
C'est une erreur d'avoir des subventions aux produits agricoles qui font en sorte que, dans
des pays comme le Ghana, on peut acheter malheureusement beaucoup moins cher des produits venant,
par exemple, de l'Amérique, de l'Union européenne ou de la Thaïlande. Il faut arrêter ces
subventions.
En réduisant les subventions, on pourrait peut-être augmenter le budget de l'aide de l'Union
européenne. Vous le savez sans doute, en 2010, le déficit de ce qui a été promis par les pays
européens en tant qu'aide va être de 75 milliards d'euros. On pourrait donc détourner les
subventions que l'on donne en Europe pour les investir dans les pays en voie de développement.
Ensuite, je dois dire qu'il y a des réformes que l'on doit faire au niveau national et le
parti travailliste, notre gouvernement, a introduit des réformes concernant le développement qui
ont été, selon nous, assez positives : créer un ministère d'aide totalement indépendant du
ministère des affaires étrangères, augmenter le budget de ce ministère et, également, changer le
mode de paiement.
Il y a quelques années, les pays en voie de développement devaient acheter des produits
britanniques en échange des dons. Ensuite, cela a été changé pour que les fonds passent par les
ONG. Et, aujourd'hui, les fonds sont liés à un plan d'action, que notre gouvernement, en
collaboration avec le pays -que ce soit le Ghana ou d'autres- met sur la table, ce qui beaucoup
plus positif ; et cette négociation assure que le plan d'action marche de manière beaucoup plus
effective que si de nombreuses ONG travaillent dans le même pays et, souvent, sur la même chose,
mais pas nécessairement de manière très coordonnée.
La deuxième chose dont je veux parler pendant quelques instants, c'est la nécessité
d'encourager des réformes politiques dans les pays en voie de développement. Je suis gouverneur
d'une organisation qui s'appelle Westminster foundation for democracy, la Fondation de démocratie
Westminster, qui reçoit des fonds du gouvernement britannique. Mon parti et les autres partis
reçoivent des fonds de cette fondation et cela nous permet de travailler avec des partis
partenaires dans des pays en voie de développement pour, par exemple, assurer la formation des
militants dans des pays comme la Sierra Leone. Je pense que c'est un modèle que l'on pourrait
déployer à un niveau européen où tous les partis démocratiques en Europe pourraient jouer un rôle
en ce sens dans les pays en voie de développement.
Pour finir, la troisième chose dont je voulais vous parler très brièvement concerne le
réchauffement climatique. Je pense qu'il n'y aura pas de développement, si l'on ne résout pas ce
problème, qui est un problème à long terme.
Dans les années 80, lorsque j'ai pris la décision de m'engager politiquement, c'était à cause
de l'environnement et je pense que, maintenant, il y a beaucoup plus de raisons de s'engager
politiquement en ce qui concerne l'environnement.
Il y a un rôle très important pour l'Union européenne, un rôle que les États-Unis, même s'il
y a un Obama ou un McCain qui sera Président d'ici quelques mois, ne pourront pas prendre. C'est le
rôle de champion de la guerre contre le réchauffement climatique.
Je pense que l'Union européenne doit utiliser son influence pour réformer la Banque mondiale,
le FMI et l'Organisation mondiale du commerce, afin que ces organisations internationales
s'occupent beaucoup plus des questions de pauvreté et d'environnement que ce n'est le cas en ce
moment.
Pour finir, je pense qu'il y a un rôle très important pour les partis comme le MoDem, comme
pour mon parti et le parti démocrate. Nous sommes très bien placés avec nos politiques
internationalistes et écologistes, afin d'améliorer la politique de développement au sein de
l'Union européenne et je pense que c'est ce que nous devrions faire.
Merci.