4 décembre 2009
Contributions "Territoires" - Aménagement du territoire
Les contributions sont classées de la plus récente à la plus ancienne.
N'hésitez pas à nous faire part de vos contributions à l'adresse
contributions@lesdemocrates.fr
Contribution de Bruno CIPRIANI, Mouvement départemental des Bouches-du-Rhône (13), 22
novembre 2009
Contribution de Gérard VOIVRET, Mouvement départemental des Pyrénées-Orientales (66), 20
novembre 2009
Contribution de Patrick SAJOU, Mouvement départemental de la Gironde (33) 20 novembre
2009
Contribution de Christophe VILLAIN, Mouvement départemental d'Eure-et-Loir (28), 19
novembre 2009
Contribution de Patricia GALLERNEAU, Mouvement départemental de Loire-Atlantique (44), 13
novembre 2009
Contribution de Christian BRESSAN, Mouvement départemental de la Haute-Garonne (31), 12
novembre 2009
Contribution de Jean-Noël MARTIN, Mouvement départemental de la Mayenne (53), 02 novembre
2009
Contribution de Pierre GUILLERY, Mouvement départemental de Paris (75), 30 octobre
2009
Contribution de Walid OUESLATI, Mouvement départemental du Maine-et-Loire (49), 30 octobre
2009
Les derniers commentaires ... Tous les commentaires
réaction à la contribution de la commission aménagement du territoire
Posté par : coolfifi | 17 novembre 2009 13:50Un détail dans ce programme trés complet qui semble pensé en détail. A la proposition d'exiger 20% de logement social dans toute construction nouvelle, ne pourrait-on pas glisser également quelques pourcentages pour des logements adaptées aux personnes âgées qui peuvent avoir une mobilité réduite, voire devenir partiellement handicappées progressivement et qui pourtant pourraient éviter de se trouver parquées hors du monde dans des maisons de retraites trés coûteuses et pas toujours trés humaines ou respectueuses. Cela ferait le lien avec la solidarité entre générations.
a propos du Grand Paris et des mégapoles
Posté par : coolfifi | 12 novembre 2009 18:10Depuis des mois, nous entendons parler de ce projet et si les uns et les autres chipotent sur qui sera propriétaire de quoi, aura le pouvoir de décider quoi et le financement pour quoi. Certains veulent des tours, d'autres les refusent: le centre parisien est devenu un grand centre commercial de luxe dans une enveloppe muséifiée où les bourgeois n'ont plus aucune envie que le petit personnel et les artisans viennent leur salir les bancs publics et les cages d'escalier, tout en exigeant malgré tout qu'il soit à leur service, ça va de soi. Les transports en commun sont répugnants sur les lignes prolétaires et souvent bondés; les rues, en dehors des quartiers touristiques sont dans un état sanitaire que même les capitales du Sud de l'Europe ne connaissent pas. Bref, j'habite Paris depuis plus de 20ans, et je trouve cette ville exapérante: quand j'entends quelqu'un asséner comme une évidence que c'est la plus belle ville du monde, je me demande toujours s'ils parlent du Paris de 2009 ou d'un Paris rêvé, légendaire, celui des peintres impressionnistes, de l'après-guerre et de ses boîtes de jazz, du front populaire ou de Baudelaire, de Toulouse Lautrec et Dumas à moins qu'ils ne passent leurs journées au bord de la Seine où les bouquinistes vendent désormais des chinoiseries dérisoires. Ce qui me frappe c'est que ce qui faisait la légende de cette ville, c'était un certain art de vivre. Ce qui faisait son charme par rapport à d'autres capitales européennes ou américaine, c'était cet art de vivre qui ne concernait pas que les bourgeois argentés mais aussi et plus encore les classes populaires des guinguettes et des faubourgs. Il faisait bon vivre à Paris. Mais nous avons perdu la bataille de la qualité de vie. Depuis que pour cause de modernité, mais aussi de surpopulation impliquant des trajets trés longs, nous avons renoncé à notre pause déjeuner de 2heures, que nous sommes devenus les champions du monde de la productivité horaire, que reste-t-il vraiment de cet art de vivre qui incitait artistes et étrangers à s'implanter à Paris? Est-il vraiment si moderne de vouloir absolument concurrencer New York ou Shangaï pour ses tours, Londres pour sa city? Pourquoi toujours vouloir copier la modernité des autres au lieu d'inventer la nôtre? Est-ce qu'il ne serait pas temps au lieu de rêver d'un grand Paris, plus grand que ne l'est déjà cette conurbation, de rêver à nouveau Paris? Va-t-on dans un monde moderne, continuer à centraliser sans fin sur Paris et ses banlieues toutes les activités économiques, scientifiques, culturelles, de services et de décisions et laisser les capitales régionales jouer les belles somnolentes? Il y a énormément de compétences et de richesses dans les régions, mais pas le prestige. Si bien que dés qu'on est un peu ambitieux et que l'on veut gagner en reconnaissance et visibilité, on "monte à Paris". Ainsi le potentiel des régions est largement sous-exploité, voire dévalué quand il n'est pas pillé. Est-ce que l'avenir, grâce au numérique en particulier, ne devrait pas au lieu de nous pousser à concentrer et engraisser les plus gros, nous inciter à couvrir l'hexagone d'un maillage de toiles d'araignées au lieu d'une seule? Est-ce qu'il ne serait pas temps de revitaliser les préfectures et les sous-préfectures, ne serait-ce que pour raccourcir les déplacements et donc économiser temps et énergie? Pourquoi alors que nous avons fait des bonds technologiques exceptionnels, certains services qui allaient de soi dés le XIXème siècle, deviennent aujourd'hui problématiques dans certaines parties du territoire? Les progrès technologiques et la libéralisation devaient multiplier les offres, faciliter la vie, or depuis une ou deux décennies, c'est exactement l'inverse qui se produit pour ceux qui ne vivent pas dans une métropole nationale ou régionale. L'imagerie médicale permet d'avoir accès à des spécialistes à n'importe quel point du territoire, si sur place, on peut trouver un généraliste qui a un minimum de compétences. Il faut donc veiller à ce que ces généralistes continuent de trouver plus de raisons de s'installer en milieu rural que de le fuir. Ce n'est pas en paupérisant et en dépouillant les territoires ruraux ou les banlieux, des services publics, hospitaliers, judiciaires, de formation et en les rendant dépendants de la voiture que nous allons les inciter à y fonder leur famille. Qui va inciter un cadre (et sa famille) à s'implanter dans un territoire déserté pour aider les vieillards restés sur place à se débrouiller avec la cyber administration, les cyber services et les cyber commerces? C'est un équilibre général qu'il faut recréer. Personne n'envie le mode de vie des parisiens et des banlieusards. Chacun fuit la capitale dés qu'il en a l'occasion. A contrario en région, sans piston (politique le plus souvent) il est bien difficile de trouver un emploi à la hauteur de sa formation, à moins de créer sa propre entreprise qui aura, elle aussi, dans un premier temps, besoin de réseaux d'amitiés locaux solides, pour trouver des débouchés. Essayez d'obtenir un marché public aujourd'hui sans piston à partir d'appels d'offres publics dans les petites villes de province ! Quand il n'y a pas taille critique, les népotismes locaux trop omnipuissants, sont des freins à l'équité et au développement et peuvent mettre en péril tout projet innovant. Je rêve d'un maillage de l'hexagone proche de ce qu'il était au moyen-âge, avec des métropoles plus équilibrées avec des échelons plus nombreux dans les territoires. Peut-être est-ce utopique mais encore faudrait-il étudier le projet, voir sa faisabilité et ses implications en terme de dynamisme économique et de coût de fonctionnement. Je ne suis pas certaine que ce qui fait un grand pays, c'est une mégacapitale, que ce qui fait la modernité ce sont d'immenses tours, que ce qui garantit l'innovation c'est la concentration de tous les pouvoirs et toutes les richesses sur un bout de territoire si encombré que l'on met plus de temps à le traverser qu'à rejoindre d'autres métropoles où les temps de déplacement moyens permettent une meilleure efficacité grâce à des gains de temps substantiels et la qualité de la vie tisse encore des liens créatifs. Bref, c'est une piste de réflexion que je lance en tant qu'ancienne étudiante en architecture baignée dans l'idôlatrie Corbusierène de l'époque. Il est certain que le développement horizontal est également catastrophique, certaines capitales régionales comme Toulouse risquent elles aussi de finir étouffées par leurs lotissements dans certaines banlieues. Mais l'ambition politique doit sous-tendre une vision plus globale de ce qui fait notre spécificité en tant que territoire et culture et comment l'aider à générer sa propre modernité.