26 octobre 2008

Intervention de Jean-Luc Bennahmias

Intervention de Jean-Luc Bennahmias, vice-président du Mouvement Démocrate

Le problème est que, quand on parle après une série de gens aussi intelligents, la plupart des choses que l'on avait en tête pour être original, ont déjà été prises ! C'est très compliqué. 

Juste quelques mots tout de même : on est dans une situation -tout le monde le voit- extrêmement difficile, délicate où aucune formation politique, et en France et en Europe et dans le monde, n'a de réponses réelles par rapport à l'ampleur de la crise, où elle s'arrêtera. Où elle a démarré, on le voit à peu près, mais, où elle s'arrêtera, on ne le sait pas. 

La question prioritaire, principale, c'est : on se payait une crise écologique, elle n'est pas prête de s'arrêter. On se payait une crise sociale, en devenir, dont on voit  aujourd'hui , dans nos grandes et nos petites entreprises par rapport à nos salariés et le chômage, l'amplitude qu'elle a, jour après jour. Et on se paie en plus  une crise financière. 

En même temps que toutes ces crises, il existe fondamentalement, dans nos pays occidentaux, une crise de la représentation politique, syndicale, associative et, à ce niveau-là, l'enjeu est immense. D'autres en ont parlé avant moi, il faut savoir comment nous prenons nos positions, nous, Mouvement Démocrate, ici  comme ailleurs, en France comme en Europe, et comme dans le reste du monde, comment nous sommes crédibles. 

Jean-François Kahn l'a dit, le risque est réellement grand. Nous faisons le pari de l'intelligence humaine. C'est cela l'humanisme. Ce pari-là s'affronte au nationalisme, au populisme, aux démagogues. 

En période de crises, au pluriel , dans lesquelles nous sommes, c'est rarement malheureusement l'intelligence qui l'emporte. C'est souvent la démagogie. Donc, nous devons être encore plus puissants par rapport à cela. 

Quelques mots par rapport au phénomène, vous m'excuserez, en tant qu'écologiste... Dans les périodes des années 1990, en plein début de la mondialisation, quand le concept historique du développement durable a été mis en place, c'est bien parce qu'un certain nombre de nos gouvernants, quelque part dans le monde, pensaient que le système dans lequel nous étions de capitalisme financier, entre autres, était un système qui ne pouvait pas aller vers l'intérêt général et que la compréhension ou l'incompréhension, après la mise à toutes les sauces du développement durable, a fait que ce concept a été galvaudé largement et, pourtant, c'est bien un concept d'économie sociale de marché valide. C'est bien avec celui-là que l'on peut commencer à se représenter vers quel modèle de société nous devons aller. 

On ne répond pas à tout en disant cela. Mais, on a derrière cela des modèles financiers, économiques, sociaux,  environnementaux qui donnent aux générations futures une vision à long terme et pas une vision politique à court terme.

Quelques mots pour terminer. Je crois que, vu l'ampleur des crises dont je viens de parler, on va avoir un devoir de solidarité réel au niveau local, français, européen, mondial, extrêmement important. 

Dans ces périodes de crises, tout le monde le sait, ce sont les plus pauvres, ici comme ailleurs, qui paient le plus et qui en prennent le plus "plein la gueule".

Je vous remercie.