Intervention de Corinne Lepage, vice-présidente du Mouvement Démocrate au cours de la Conférence nationale le 26 octobre 2008 à la Maison de la Mutualité à Paris.
Mes chers amis, nous n'avons pas pu et pas su éviter et anticiper la crise. Au
moins, nous avons le devoir et le pouvoir de la rendre salutaire en nous attaquant aux racines du
mal qui font que nous cumulons aujourd'hui toutes les crises.
C'est l'enjeu qui est devant nous. C'est à cet enjeu-là que nous pouvons, tous
ensemble, au MoDem, nous attaquer de manière très sérieuse.
De quels blocages s'agit-il? Ceux dont on commence enfin à bien vouloir, non
plus parler, mais oser s'attaquer, dans une liste à la Prévert :
les paradis fiscaux, les parachutes dorés, les bonus délirants, la corruption à tous les
niveaux, le trafic d'influence, le mélange des genres. Ces trous noirs peuvent être sérieusement
mis à mal grâce à la crise financière…
Les lobbies se sont opposés à ce que de véritables réformes soient engagées. C’est leur
comportement qui nous a empêché d’aller effectivement dans le développement durable….La
crise économique peut permettre une sortie par le haut en mettant un terme à ces pratiques.
La dictature du court terme a gelé toute gouvernance mondiale et toute capacité d'avancer. Les
intérêts individuels des pays européens ont empêché la construction d'une Europe politique .
L’urgente nécessité de cette Europe peut se concrétiser du fait de la crise.
Le fait que la finance ait, non pas servi à ce pourquoi elle est faite, c'est-à-dire financer
l'économie réelle, mais qu'elle ait servi en réalité à un immense casino au bénéfice de
quelques-uns, c'est à tout cela que nous pouvons réellement maintenant nous attaquer.
Nous pourrons le faire, car nous sommes effectivement ici des hommes et des femmes
profondément convaincus de l'importance du système de valeurs sur lequel nous nous appuyons et nous
sommes fiers de porter ces valeurs avec François Bayrou.
Que faire?
Réorienter notre économie vers une industrie du XXI
ème siècle. Nous y sommes évidemment invités avec violence. La crise va précisément va
contraindre -Robert Rochefort le disait tout à l'heure- d'avoir à choisir effectivement les
secteurs économiques qui sont ceux du XXI
ème siècle, sur lesquels nous devons mettre tout nos efforts , et ceux du XX
ème siècle dont il faut aider à la reconversion comme on l'a fait dans les années
1960 ou 1970.
s'attaquer aux inégalités, car, derrière cette crise, il y a beaucoup d'inégalités. Ce qui s'est
passé aux États-unis, c'est effectivement le fait que, plutôt que de s'attaquer à la question
sociale, plutôt que de faire croître les salaires et les prestations communes, on a remplacé les
hausses de salaire par des crédits complètement déraisonnables. Cette politique est à l'origine de
la catastrophe que nous vivons. C'est à ces inégalités qu'il faut s'attaquer en France comme aux
États-unis, car nous sommes dans un monde d'une inégalité croissante entre le Nord et le Sud, les
pays riches et les pays pauvres. À l'intérieur des pays riches eux-mêmes, la question de la
solidarité devient première.
sortir de la société du gaspillage et du déchet pour entrer dans une économie sobre où nous
pourrons compenser par des relations humaines différentes, par la société de la connaissance, par
le fait de retrouver les valeurs qui nous sont propres et chères, précisément un abandon de ce
gaspillage.
Ensemble,nous avons un monde à réinventer. Notre ami Jean-François Kahn le disait tout à
l'heure.
Le développement durable, cela a été un slogan, ce sera probablement un fil
rouge conducteur. Je ne suis pas sûre, pour être tout à fait honnête, que cela suffira à nous
sortir d'affaire, mais, au moins, cela nous permettra de savoir dans quelle direction nous avons à
nous diriger dans les années qui viennent.
Je suis fière et heureuse d'être au sein de ce mouvement avec les commissions
qui se sont mises à travailler, précisément au cœur de ce travail, le pied sur
l’accélérateur, pour innover, pour réfléchir pour proposer, pour faire en sorte que ce
mouvement permette à François a pour les prochaines échéances, d’offrir aux Français un
projet durable, désirable, juste et adapté à notre temps.