Candidate pour la circonscription Est, Nathalie Griesbeck est députée européenne, conseillère générale de Moselle, et maître de conférences à l'Université de Metz.
Seul le prononcé fait foi.
"Merci à tous.
En quelques mots, à mon tour de dire ce qui m'anime et ce qui me passionne dans ce monde
barbare et dur qui est le nôtre, dans ce monde bousculé.
Ce qui m'anime, me passionne, c'est de poursuivre ce chemin, de continuer de creuser, sans
jeu de mots, le sillon qui est le nôtre à l'ouverture de ce millénaire, à l'ouverture de ce siècle
où tant d'anxiété, tant d'angoisse, tant d'absence de vision et de visibilité sont présents dans
l'esprit de chacun et notamment des jeunes, pas seulement dans notre pays, mais dans les espaces
qui sont les nôtres aujourd'hui et spécialement aussi dans l'espace européen.
J'ai envie avec vous tous, avec tous ceux qu'en particulier j'ai rencontrés sur le chemin de ce
mandat que j'ai passé au service de nos idées, de nos valeurs, de notre volonté, de notre
pugnacité, ce chemin souvent semé d'embûches, de difficultés, semé de quolibets à droite et à
gauche par rapport à notre combat… Donc, par rapport à tous ceux que j'ai rencontrés sur ce
chemin, je veux tout d'abord les remercier, qu'ils soient :
- Alsaciens, comme vient de le rappeler
Yann Wehrling. L'alsace est symboliquement forte pour la France puisqu'en Alsace, se trouve
l'institution européenne qui représente les peuples, le parlement européen, pour lequel il faut
continuer d'arrache-pied de se battre inlassablement pour faire comprendre à l'ensemble de la
France et à ceux qui nous gouvernent que ce n'est pas seulement Strasbourg qui est en jeu, mais
c'est la force de la France en Europe,
- Champardennais ;
- Bourguignons ;
- Franc-comtois, très présents dans le
combat ;
- Et, bien sûr, Lorrains.
Permettez-moi de finir par eux puisque c'est à cette terre lorraine que j'appartiens et,
comme Yann Wehrling, alors que je suis comme nous tous ici née après la Seconde Guerre mondiale,
j'ai dans les veines, dans les tripes, ce que représente le ballottement lié à l'histoire et à
l'histoire de la guerre.
C'est dans ce terreau qu'est né et a pensé Schumann et qu'il a pensé de manière lumineuse et
encore fondamentalement moderne et contemporaine aujourd'hui ce qui nous rassemble sur la
construction européenne, non pas le projet européen, mais la poursuite d'une Europe qui soit une
Europe humaniste, une Europe qui parle aux Européens aujourd'hui, comme le disait Bronislaw Geremek
que Bruno a rappelé tout à l'heure. J'aime à le rappeler, car c'est une image magnifique de ce
qu'est le XXIème et c'est une image qui sera légendaire de ce que nous voulons comme Europe.
Bronislaw Geremek est un personnage pétri d'histoire, profondément francophile, qui
connaissait mieux le Moyen Âge français que la plupart des spécialistes de cette période, même dans
notre pays, et qui était bien sûr l'artisan magnifique de Solidarnosc et de ce que représente la
Pologne, dans ce qu'est aujourd'hui l'Europe, avec les difficultés, les préjugés, les erreurs qui
peuvent être dites ici ou là, mais il était un personnage légendaire. Il disait : "Après avoir fait
l'Europe, maintenant, faisons les Européens". C'est cela notre défi, c'est ce qui constitue notre
défi.
Un grand merci à tous ceux qui m'ont aidé à donner un visage et à réussir à ciseler, comme
l'a bien dit Anne La Pérouse, dans les faits, ce qui est l'espoir de nos concitoyens, dans la
législation, les propositions, l'audace d'aller peut-être au-delà des chemins stricts qui sont les
chemins franco-français.
Je pense à la bataille que nous avons gagnée pendant ce mandat sur les logiciels libres pour
reconnaître la force des petits, par rapport aux mastodontes qui habitent ce monde et, bien sûr, la
force des valeurs.
Je pense à un dossier que nous avons soutenu avec Jacques Pertek du Modem du Vaucluse
qui a abouti, au terme d'un bras de fer de plusieurs semaines, à faire plier le Gouvernement
français quant aux libertés et aux droits les plus intimes de nous tous. Je pense au dossier Edwige
que nous avons réussi à "tuer" en nous appuyant juridiquement sur les grands textes qui fondent
l'Union européenne en termes de droits et de libertés.
C'est ce qui nous a permis de gagner. Je pense à un texte qui est aussi passé et pour lequel
nous avons beaucoup combattu, qui a un nom un peu barbare correspondant à un sigle qui s'appelle
Reach, qui est la seule législation dans le monde pouvant peut-être être encore améliorée.
Je sens que Corine n'est peut-être pas sur la même longueur d'onde, mais c'était un pas, une
avancée absolument fondamentale pour aller plus loin et pour équilibrer ce que représente les
milliers d'emploi dans la chimie et ce que représente notre santé à nous, aujourd'hui, celles de
nos enfants, demain et après-demain, avec la conception des risques que nous courons en termes de
pollutions chimiques, donc beaucoup de textes qui me permettent de dire, avant de finir très
brièvement, que l'Union européenne, ce n'est pas cet océan de mauvaises nouvelles, que le chef de
l'État actuel -j'espère pour pas trop longtemps- caricature souvent en n'étant absolument pas
européen.
Il suffisait, pour s'en convaincre, de voir son sourire narquois, lorsque les journalistes
qui n'avaient pas véritablement la force des vrais journalistes d'aujourd'hui lui ont parlé de la
présidence tchèque lors de la conférence de presse de début février.
Il était presque content que ce soit plus compliqué et il était en train de jubiler quant à
son jeu perpétuel qui n'a rien à voir avec les "Yes, we can" aujourd'hui célébré dans le monde.
Deux éléments… Je rejoins tout à fait ce que disait François et qui m'habite depuis
toujours, ce qu'a repris Yann Wehrling sur la devise de l'Europe : "L'unité dans la diversité".
Personnellement, j'aime bien cette "unité dans la diversité".
Ce qui fait la richesse de l'Union européenne, c'est justement sa diversité. Ce qui la
différencient des États-unis, à mes yeux, c'est la diversité des peuples, des cultures, des
histoires, la diversité des territoires, la diversité des religions. C'est ce qui fait notre
richesse et je pense que, pour nous, l'Europe est un enjeu majeur pour la France, car la France,
c'est 1 % de la population du monde et que, seule, elle ne peut répondre aux défis qui sont les
nôtres. Elle ne peut répondre au défi qui est le premier, celui d'avoir une voix politique dans le
monde pour pouvoir répondre et initier le chemin, par rapport au Proche-Orient, mais également
avoir une voix à la table des nations, car elle ne peut pas répondre en étant 1 % de la démographie
non plus aux défis du changement climatique qui ne sont pas simplement des préoccupations des
mouvements politiques, mais qui correspondent aux aspirations profondes de nos concitoyens, car ils
sentent, dans leur désir d'éternité, ce que cela représente comme enjeu pour eux et pour les
générations à venir.
L'Europe constitue donc un enjeu majeur pour la France, mais c'est aussi un enjeu majeur pour
Les Démocrates, car c'est une élection, pour une fois, à un seul tour, ce qui signifie que nous ne
nous abîmerons pas dans des systèmes de soir de premier tour et nous serons, nous-mêmes, en
proportion de la force qui est la nôtre en proportion, à parité, dans une assemblée où chaque voix
de parlementaire compte.
Ainsi, ensemble, poursuivons cette construction et, ensemble, gagnons pour Les
Démocrates.