8 février 2009

Intervention de Fadila Mehal

Retrouvez en vidéo l'intervention de Fadila Mehal lors de la Conférence nationale du 8 février 2009 à la Maison de la Mutualité à Paris.

Candidate pour la circonscription Ile de France, Fadila Méhal est présidente fondatrice des Mariannes de la diversité et active militante de la parité et de la diversité en France.

Discours de Fadila Méhal :

“Mes chers amis, après tout ce qui a été dit par des orateurs prestigieux, j’ai un peu peur de ne pas être assez originale. Je vais donc aller à l’essentiel. Tout d’abord, un grand merci à la Commission de Jean-Marie Vanlerenberghe de m’avoir retenue, moi qui ne suis pas issue du sérail. Merci également aux adhérents et surtout merci à François, merci à Marielle, à travers ma voix, d’avoir choisi la société civile. Il est, en effet, important qu’à côté des politiques, notre mouvement soit accompagné par la société civile, par les forces vives.

Comme François l’a rappelé, certains le savent peut-être, j’ai fondé, après les émeutes des banlieues, les Mariannes de la diversité. Marianne comme la République et diversité comme le pluralisme, car je pense qu’aujourd’hui, et tout à l’heure j’ai vu une adhérente qui s’offusquait de la représentativité de cette diversité, il est tant en effet que cette diversité soit reconnue, non pas comme un handicap, mais comme un atout et qu’elle soit, non pas un fardeau, mais un cadeau.

(Applaudissements…)
Pourquoi ai-je choisi de m’engager dans la campagne européenne ? Car, comme vous le savez, et François l’a dit, la question de l’identité nationale et européenne me taraude, car la question des tensions autour des identités, à la fois culturelles personnelles et collectives, est un chantier aujourd’hui devant nous. Certains se sont exprimés et nous avons entendu aujourd’hui de fortes demandes, de fortes revendications d’identité personnelle. C’est le cas des femmes, avec leurs droits, mais c’est également le cas des homosexuels, de la migration et de ses descendants, tout comme le cas des chasseurs qui revendiquent aujourd’hui une juste place autour de la table de la République.
Cependant, pour moi, cette identité, cette diversité, ce n’est pas un enfermement et ce qui compte aujourd’hui, ce n’est pas ce que l’on est, que l’on soit blanc, que l’on soit rouge, que l’on soit vert, que l’on soit de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, c’est ce que l’on fait pour la cohésion sociale…

(Applaudissements…)
… Pour l’égalité des chances et pour la République. Je vous le dis tout net -je veux saluer la fédération d’Île-de-France, car nous avons beaucoup d’adhérents qui nous ont rejoint au MoDem dans les classes moyennes, parfois dans les classes supérieures-, il faut que nous allions à la reconquête des jeunes, des classes populaires et des banlieues. En effet, dans les quartiers difficiles, relégués et parfois oubliés de la République, la question de l’identité, celle de la filialisation et celle de l’appartenance à la Nation est une question essentielle.

Aujourd’hui, en Europe, cette question est également importante, puisque nous voyons parfois le retour des nationalismes et parfois des difficultés sociales, lesquels vont accélérer un peu le retour sur soi. Nous devons aujourd’hui, en Europe, selon moi, créer un espace de citoyenneté qui reprenne bien évidemment la revendication essentielle de nos identités personnelles, mais qui crée également les conditions d’une identité collective.
Aujourd’hui, la grande identité collective qu’était le travail est aujourd’hui précarisée, délocalisée et mondialisée. Il faut que l’Europe reprenne une utopie par rapport à ces identités collectives…

(Applaudissements…)

… Identités collectives en Europe et en France. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais, depuis quelques mois, je ne me satisfais pas de ce qui se passe dans notre pays. Je n’accepte pas que 500 tombes musulmanes de combattants de la liberté aient été profanées, car nombre de ces personnes ont donné leur sang pour que nos frontières soient respectées. Je n’accepte pas qu’un humoriste ait fait applaudir le négationnisme de la Shoah et qu’il se soit trouvé 500 personnes pour l’applaudir.

(Applaudissements…)
Pour terminer, puisque tout a été dit, je voulais simplement vous dire à quoi servent les rêves si l’on n’en fait pas une réalité… Faisons de l’Europe notre rêve et notre réalité.
Je vous remercie.”