8 février 2009

Intervention de Bernard Lehideux

Candidat pour la circonscription Ile de France, Bernard Lehideux est député européen, président du groupe MoDem au conseil régional d?Ile-de-France, et spécialiste des affaires sociales au Parlement européen.

Seul le prononcé fait foi.

Mes chers amis, à l'heure où nous sommes arrivés et étant donné ceux qui vont me suivre à cette tribune, je vais être le plus bref possible.
Je voudrais que nous nous arrêtions une seconde pour essayer d'écouter ce que nous disent les Français à l'ouverture de cette campagne, car, après tout, une grande campagne nationale comme celle que nous allons vivre est un moment privilégié de dialogue avec l'opinion, de dialogue avec les Français.
Dialoguer, c'est d'abord écouter, il faudrait peut-être que le Président de la République se remémore ce principe - Dialoguer, ce n'est pas prendre la parole et la garder jusqu'au bout. C'est d'abord écouter.
Que nous disent aujourd'hui les Français sur l'Union européenne ? Je crois qu'ils disent deux choses qui paraissent contradictoires, mais qui sont en réalité complémentaires. Ils disent ceci : "Oui, c'est vrai, nous avons compris que nous avions besoin de l'Europe pour traiter les grands sujets mondiaux. Nous avons besoin de l'Europe pour parler de l'énergie. Nous avons besoin de l'Europe pour parler des grands défis climatiques. Nous avons besoin de l'Europe pour parler de la défense, mais, en même temps, notre sentiment de citoyen est que, tous les jours, l'Europe nous casse un peu les pieds, avec des normes quelquefois incompréhensibles qui nous tombent dessus on ne sait pas très bien pourquoi. C'est aussi bien souvent - en tout cas c'est l'image que nous avons - une espèce de concurrence néolibérale excessive".
La question est de savoir ce que nous allons répondre à ce message. Il y a un élément de réponse sur lequel je voudrais appeler votre attention : je regrette profondément que la Présidence française n'ait finalement pas inscrit dans ses premières priorités l'Europe sociale.
Je regrette profondément, étant donné ce qu'est la France et l'image qui est la sienne en Europe, que nous n'ayons pas profité de ces six mois pour porter un message fort sur la dimension sociale. Si j'en avais le temps, je vous dirais même, mais on le dira au cours de la campagne, que, sur certains points, l'action du Gouvernement français a été négative.
Nous avons une difficulté concernant l'Europe sociale. Pendant les quatre ans et demi qui viennent de s'écouler, les élus du Mouvement Démocrate ont été à la pointe du combat sur tous les sujets de l'Europe sociale : le temps de travail, le temps de garde, les Comités d'entreprise européens, etc. Nous avons agi sur tous ces sujets.
François parlait tout à l'heure des conséquences du projet de directive Bolkestein que nous avons heureusement complètement modifié, avant qu'elle ne soit votée. Un problème subsiste, celui de la protection des services sociaux. Nous n'avons toujours pas gagné ce combat.
Mes chers amis, je crois que, dans les priorités que nous allons devoir inscrire dans notre campagne et dans notre projet pour les cinq ans qui viennent, il y a la définition, la mise en place et l'organisation d'une Europe sociale qui corresponde aux besoins de nos concitoyens en France et, bien évidemment, dans l'ensemble de l'Europe.
(Applaudissements…)
C'est la seule chose sur laquelle je voulais insister ce matin. Il faut que nous comprenions bien que nous ne pourrons pas entraîner les populations, entraîner les citoyens, entraîner les électeurs avec nous, si nous ne leur montrons pas comment, dans le concret de leur vie quotidienne, l'Europe les aide, participe à leur vie et participe à trouver des solutions dans les difficultés qui sont les leurs.
Je vous donne un exemple et je termine…
Marielle avait effectué un travail considérable concernant Erasmus, à savoir cette fameuse procédure qui permet aux étudiants de circuler à travers l'Europe pour aller passer un ou deux semestres dans les universités européennes.
Lors de la première conversation que j'ai eue avec le Commissaire Spidla, je lui ai dit que nous avions une difficulté en France et que je pensais qu'elle était vraie à peu près partout : il s'agit de faire en sorte que les familles et les jeunes comprennent qu'il n'y a pas de formation de second ordre et que, par exemple, l'apprentissage est une formation tout à fait importante, de même niveau que les formations universitaires.
(Applaudissements…)
Il faut donc rayer et faire disparaître tout ce qui a l'air d'amoindrir cette formation par rapport aux formations universitaires proprement dites. Je pense que nous avons enfin réussi. Il y avait une vraie difficulté, à savoir que l'apprentissage était une formation en alternance avec un contrat de travail. Il fallait que ce contrat de travail -problème à résoudre- puisse être pris en compte dans les différents pays européens. C'est chose faite. Nous avons créé ERASMUS pour les apprentis et je pense donc que nous avons fait du bon travail.
(Applaudissements…)
L'Île-de-France est une région parfois regardée un peu de travers dans le reste de la France, une région qui résume, englobe et rassemble bien les problèmes de l'ensemble du territoire. Nous y avons des zones rurales, qui ont les difficultés qu'évoquait Jean-Marie tout à l'heure, nous y avons des quartiers, et Fadila vient de vous en parler avec le talent et le cœur qui la caractérisent… Enfin, nous sommes confrontés à l'évolution des rapports entre l'État et les collectivités, sujet essentiel dont Jacqueline a parlé tout à l'heure.
Nous allons mener cette campagne avec Marielle, derrière elle, à ses côtés, et j'espère qu'ici aussi, nous ferons le score que vous attendez.
(Applaudissements…)