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6 décembre 2009

Clôture du Congrès d'Arras : Discours de Marielle de Sarnez

Marielle de Sarnez

Marielle de Sarnez, députée européenne et première vice-présidente du Mouvement Démocrate, a prononcé, dimanche 6 décembre, le discours en clôture du Congrès programmatique d'Arras :

"Je suis très heureuse d'être ici avec vous tous à Arras.

Je veux dire à Jean-Marie Vanlerenberghe, en votre nom à tous, combien nous trouvons l'organisation de ces trois jours formidable. Jean-Marie, merci encore à toi. (Lire la suite)

Comme vous tous, j'ai énormément apprécié et aimé la journée d'hier. Cela a été un débat d'une qualité démocratique dont l'ensemble des partis politiques autour de nous ferait bien de s'inspirer.

 

Bravo à Robert, bravo à tous ceux qui ont conduit ce débat. Bravo à vous qui avez permis que ce débat soit riche et nourri.

 

Je vais vous dire : c'est peut-être le début d'une histoire d'espoir.

 

Je pense à tous les Français qui souffrent, à tous les Français qui sont en colère, à tous les Français qui sont déçus de l'action du gouvernement et je veux leur répondre, en particulier quand j'entends le Président de la République vanter, dans tous ses meetings , l'équilibre économique retrouvé de la France. Je crois qu'il y a une énorme fracture entre ce que ressentent les Français et ce que dit le Président de la République.

 

Nombreux sont les Français qui ne se reconnaissent pas dans le pouvoir actuel, ni dans sa manière d'être, ni dans sa façon d'agir, ni dans ses valeurs. Les inégalités se creusent en France. L'ascenseur social ne fonctionne plus, les pauvres sont de plus en plus pauvres. C'est cela la réalité française mais, visiblement, ce n'est pas celle que voit le Président de la République. Les Français attendent qu'on leur dise qu'un autre chemin est possible. Ils attendent un début d'espoir. Avec ce projet, nous pouvons leur expliquer, dans les semaines et les mois qui viennent, que, oui, il y a un autre projet, que, oui, un autre modèle de société est possible.

 

Ce petit livre orange, c'est le projet humaniste du Mouvement Démocrate.

 

Il existe un autre modèle qui prône une solidarité avec les générations futures - c'est l'amendement de François Bayrou. Le jour l'où on gouvernera ce pays, non pas simplement pour le court terme, pour un avantage électoral ou politicien, mais en pensant aux générations qui viennent à 20 ou 25 ans, on gouvernera différemment. Cela c'est le projet du Mouvement Démocrate.

 

Cela vaut également pour le climat. A la veille de Copenhague, je forme le vœu que l'Europe parlera d'une seule voix, que l'Europe imposera les objectifs les plus ambitieux possibles. J’espère que nous serons au rendez-vous pour aider les pays en voie de développement. C'est cela que nous devrions attendre de l'Union européenne, que l'on pose sur la table les milliards qui permettront aux pays en voie de développement de s’adapter à la lutte contre le changement climatique.

 

Le climat, la dette, tout cela a un impact majeur sur les générations futures.

 

Les retraites aussi. C’est pourquoi nous proposons de réfléchir à un système de retraites par points. Chacun doit pouvoir, à partir d'un certain âge, commencer à moduler le rythme de son engagement au travail, s'adapter, travailler et vivre mieux dans son travail. Nous disons, dans ce projet, que l'emploi est au cœur de la politique économique. Il y a un drame que les Français connaissent qui est le chômage. Nous voulons, nous démocrates, tout faire pour axer la politique économique de notre pays sur la création d'emplois. Nous avons repris la proposition des emplois sans charge de François Bayrou. Et nous défendons l’idée d’une modulation de l'impôt sur les sociétés, selon qu'une grande entreprise créerait ou détruirait de l'emploi. Une forme de bonus / malus. Nous mettons l'emploi au cœur de notre projet, notamment en aidant le développement de toutes les petites et moyennes entreprises.

 

Oui, un autre modèle est possible avec une fiscalité plus juste, qui lutte contre les inégalités et privilégie, là aussi, le long terme, le durable.

 

Oui, un autre modèle est possible avec une école de la République qui, enfin, apprendra à lire et à écrire à tous les enfants de la République, qui ne laissera personne au bord du chemin. Dans l'école de la République, nous devrons changer les rythmes scolaires - je pense au premier degré - pour faire enfin entrer à l'école la culture, la musique, les arts, la peinture.

 

Un autre modèle est possible avec une justice indépendante, un Garde des Sceaux élu par le Congrès. Au Mouvement Démocrate, nous serons toujours de ceux qui préfèrerons qu’à un jeune mineur soient appliquée une sanction immédiate, un travail d'intérêt général, plutôt que de l'envoyer dans le pourrissoir que sont aujourd'hui les prisons françaises.

 

Oui, un autre modèle est possible avec des institutions plus démocratiques, une vraie séparation des pouvoirs, de vrais contre-pouvoirs.

 

Nous avons un projet d'espoir pour la France. À nous de le faire vivre, à nous de le proposer aux Français, à nous de leur faire partager.

 

Je voudrais maintenant dire rapidement un mot sur les élections régionales. Nous sommes des Girondins heureux. Nous croyons vraiment à la décentralisation, nous croyons vraiment que le terrain sait, peut mieux faire et mieux décider qu'à Paris. Nous sommes contre l'hyper-politisation, contre l'hyper-centralisation que prône et que met en place le pouvoir actuel. Les élections régionales doivent être le contraire de cela.

 

Je veux dire un mot du débat sur l'identité, parce que cela a un lien. Je crois qu'il y a des identités régionales, des identités locales. L'identité est plurielle, elle n'est pas singulière. Je crois que nous avons le droit d'avoir une mémoire, des affections. Nous pouvons avoir plusieurs identités. Nous avons tous plusieurs identités, d'où que nous venions. C'est le contraire de ce que dit le pouvoir actuel. Il n'y a pas une seule identité, une identité unique que l'on plaquerait sur tous les êtres humains formant la nation. C'est exactement le contraire. Les identités sont plurielles et les régionales sont là aussi pour le dire.

 

C'est vrai en politique aussi.

 

Dans cette salle, vous venez tous d'horizon divers. Certains d'entre vous se sont engagés au Mouvement Démocrate sans avoir eu d'engagement antérieur, en ayant été dans la vie associative, par exemple. D'autres ont quitté des formations qui existent comme le parti socialiste, le mouvement écologiste. D'autres viennent de la droite. D'autres viennent du centre. Et d'autres dont je fais partie, viennent de l'UDF. Je considère que les identités en politique, sont comme les identités dont je viens de parler : nous avons des identités plurielles. J'ai été à l'UDF comme d'autres, dans cette salle. Je ne me laisserai pas voler mon identité de l'UDF, vous non plus.  C'est notre identité. C'est nous qui avons été - je regarde quelques-uns de mes amis au premier rang dont Bernard Lehideux et le maire d'Arras - parmi les fondateurs de l'Union pour la Démocratie Française.

 

Mes chers amis, nous sommes prêts pour ces élections régionales. Nous avons un projet formidable. À nous de le faire vivre, de le décliner pour l'ensemble des régions de France. Nous avons des équipes formidables qui portent le renouvellement. Ils sont nouveaux. Ils vont s'exprimer différemment, avoir des attitudes différentes. On a besoin de cela pour faire vivre le renouvellement profond. Nous sommes prêts.

 

Alors, même si nous apprécions toujours les signes d'ouverture, je veux vous faire une confidence. Vous le savez bien, nous irons aux élections régionales sous nos propres couleurs, parce que nous sommes fiers de ce que nous portons, parce que nous croyons au pluralisme, parce que nous croyons qu’il est bien que les Français aient le choix au premier tour des élections. Nous sommes et nous serons, comme nous en avons débattu, autonomes. Et en même temps, nous sommes et nous resterons ouverts au dialogue. Nous sommes et nous resterons ouverts à la construction d'un rassemblement nouveau, car nous savons que, sans ces rassemblements nouveaux, rien ne sera possible. Je crois que l'on peut faire les deux dans le même temps, affirmer ce que nous sommes, le montrer, le démontrer, le proposer aux Français et, en même temps, être en capacité de dialoguer avec d'autres, au-delà des frontières habituelles de la vie politique française.

 

Nous avons un projet et des équipes formidables. Nous avons une envie de défendre nos propres valeurs. Nous avons, en même temps, une volonté de rassemblement. J'ai confiance. Je sais que grâce à vous nous serons au rendez-vous.

 

Je vous remercie."


Les derniers commentaires ... Tous les commentaires

Une philosophie et un modèle de société

Posté par : Broceliande55 | 7 décembre 2009 08:59

Eh oui ! Comme à son habitude, la presse n'a retenu qu'un point du congrès d'Arras : le refus de François Bayrou de répondre à la stratégie électoraliste et condescendante de Ségolène Royal. Pas un mot sur le sens que donne le MoDem au mot "humanisme". Pas un mot sur ce que cela signifie en termes d'indépendance, de pluralisme et de main tendue aux autres formations politiques. Pas un mot sur la définition de l'identité nationale qui, selon notre équipe gouvernementale, serait un sujet essentiel. Le discours de Bayrou n'a été diffusé intégralement que sur LCP-AN et BFM TV, autant dire des chaînes "confidentielles", et pourtant, quelle magnifique démonstration d'humanisme, d'ouverture et de recherche de progrès il nous a offerte ! Etre membre du MoDem, c'est poursuivre une philosophie et croire en un modèle de société construit sur la solidarité et l'intérêt général. Il est dommage que nos media soient - une fois de plus - passés à côté de cela.


suite... Attention

Posté par : fmeisart | 6 décembre 2009 16:19

Que la proposition d'un leader régional, n'ayant pas de mandat national, s'apprécie au niveau de la région concernée. Bref, on est peut être un peu tombé dans le piège, en faisant une réponse qui va être interprêtée comme une fin de non recevoir générale et abrupte. Bon, il y a sûrement des éléments que j'ignore, macopte e l'appel du pied national b


Attention

Posté par : fmeisart | 6 décembre 2009 16:14

Je n'étais malheureusement pas à Arras. Cependant, j'avais eu avant le temps de dire aux amis de ma fédé (21) que le programme mis aux voix était très bien. De même, la synthèse de M. de Sarnez dans son discours est très claire sur les ponts clés. Mais, sur le "scoop du jour", attention : La proposition de S. ROYAL était un "piège à c...", mais pourquoi ne pas avoir répondu tout simplement : * Qu'on s'allie sur un programme, et non sur un nombre de sièges, * Qu'une proposition faite au niveau d'une région, par quelqu'un qui a en pratique un mandat régionn'a ale, faite par de ;..stion de 4 ou 5 re sue x sq n r


lecture

Posté par : clarte | 6 décembre 2009 14:28

Je lis : "Marielle de Sarnez, a refusé, dimanche, l'offre publique d'alliance formulée samedi par Ségolène Royal" (lemonde.Fr) ; "Régionales : le MoDem ne s'ouvre pas au PS" (nouvel.obs) ; Peu d'enthousiasme après la proposition de Royal faite au MoDem" (libération.fr). Dans ces médias, c'est bien un refus de la main tendue. Oui, François, en 2012, comme tu le dis dans ton discours de clôture, cela va être très difficile.



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