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4 mars 2010

On achève bien le Modem

Tout est fait pour discréditer le Modem, mais que faut-il penser des petites phrases et des plaisanteries faciles distillées ici et là avec beaucoup de complaisance...

« On achève bien le Modem » pourrait  être le titre générique, d’un Sitcom  familial et hebdomadaire, que nous pourrions suivre fébrilement les yeux littéralement scotchés à l’écran plasma  (merci Darty) de notre nouvelle télé. L’autre, l’ancienne, devenue obsolète, aurait rejoint les objets encombrants, non sans en avoir pris soin de prélever ses composants  électroniques de dernière génération, ses métaux précieux en fer forgé, tels  Michel Denizot et Etienne Mougeotte , qui ont  la chance inouïe d’être recyclables à volonté.

Un Sitcom à suivre sans modération aucune, peut-être tous les soirs, juste après  le JT, pour le compléter et conclure ainsi la soirée en beauté. En tout cas, à une heure de grande écoute, pour que chacun  puisse s’en mettre  vraiment plein la lampe, profiter et partager ses  émotions, voire  ses idées quand on en  a, dans une ambiance  de communion partagée, enfin presque partagée, car il y a toujours enragés pour faire autre chose, lire par exemple …

On imaginerait presque  la suite de ce feuilleton avant d’en profiter, de se mettre à rire sans retenue des quelques fines plaisanteries, du genre de celles que nous offre Canal plus de temps à autre, d’ailleurs  toujours très ‘’plus’’ quand il s’agit de traiter ,avec un soin méticuleux , certains hôtes de marque, délibérément choyés pour leur côté obstinément  rebelle.

Ceux-là sont souvent accueillis avec ce même intérêt condescendant que leurs interlocuteurs arborent avec cette délicatesse qui les démarque assurément  des ploucs, comme s’il s’adressaient à  de vieilles rossinantes têtues, qui à l’instar d’un  Sancho Panza, se sentent obligées, dans leur solitude, de suivre stoïquement  leur idéal  Don Quichotte. Don Quichotte, figure  héraldique d’une toute autre époque…

Pourquoi ne pas évoquer par exemple, cette question d’ordre existentiel qui en a laissé plus d’un,  presque mort de rire, au  ‘’grand journal ‘’ de Canal très plus’’ , où il était question de ces  fameux sondages, défavorables au Modem, et  censés préfigurer l’inéluctable  échec ‘‘annoncé’’ de son leader :« Un cocu peut-il être un bon amant ? »,

Ainsi, on  devrait se sentir obligé de rire. De  faire semblant de rire pour de vrai, pas comme à la télé, où il faut tout de même répéter pour savoir rire, avec le naturel qui sied à ce genre d’exercice, et qui paradoxalement requiert la même énergie pour pleurer. Mais c’est vrai, à la télé ,on sait  tout faire ,y compris servir la soupe quand on demande le dessert…. mais ça, c’est peut-être  en souvenir   de Monsieur Plus de Bahlsen.

 

Ce serait un Sitcom décoiffant, d’un nouveau concept, en quelque sorte inter actif où chacun aurait son mot à dire, voire voter pour éliminer, sans rire cette fois-ci ,le maillon faible de la série, celui qui n’a pas le sens de la répartie qui blesse, comme on la pratique aujourd’hui.

Pourquoi ne pas adopter  le style ‘’ famille formidable’’, avec toutes sortes de rebondissements dramatiques, avec toutefois l’assurance tranquille que tout finira bien , car le spectateur, afficionado  aura besoin, lui aussi , d’une belle nuit pour se ressourcer avant de se cramponner au  prochain épisode.

On pourrait imaginer un épisode résolument moderne, pas trop quand même, avec elle, l’héroïne d’un soir, appelons-la Corinne, qui décide de quitter le foyer conjugal, non sans y avoir réfléchi à deux fois, parce que c’est une femme mure. Elle a décidé de vivre sa vie, loin des paparazzi de la banlieue, et des quartiers trop chauds. Elle en aurait marre de son macho de mari, ce bon à rien qui lui avait  promis un séjour de rêve à Vezoul , et qui se contente de vivre- si on appelle « ça »vivre – dans un mobil home à  Vierzon, avec pour tout horizon flatteur, une grosse barre qui date des années soixante dix, de quoi déprimer, et puis ce papier peint dans son meublé avec ces grosses fleurs qui ressemblent à des choux de Bruxelles….alors oui, mère Courage, elle n’a décidément  aucune envie de vivre la Strada, mais un besoin  irrépressible d’aller à Hambourg pour «  allumer le feu », de ne plus voir sa mère , ni même sa soeur, elle partirait alors avec  quatre vingt quinze pour cent de ses enfants, décidés à la suivre, «  eux », les cinq pour cent restants iraient voir la  DAS ou à Kairouan. Quant à lui, il serait prié d’en tirer les « conséquences », faire la lessive et la cuisine pour commencer, et puis partir le week-end  se consoler avec Samantha , une jeunesse  évidemment, comme Jack Malone, en attendant des jours meilleurs, que sa régulière revienne à la case départ. pour se rabibocher …avec l’autre greluche, qui ne demandait  pourtant  qu’à bien faire, et ne voulait  surtout pas d’histoires avec les voisins, qui en ont vraiment marre de l’entendre pousser des petits  cris  tous les soirs, tandis qu’eux, regardent stressés  les dernières  infos, en attendant « la prochaîne médaille », les pieds dans l’eau: parce que décidément on veut de l’or et pas du bronze.

On pourrait aussi , entre autres facéties , redécouvrir, dans un tout autre registre innovant,   le genre ‘’débat politique’’, style partie de chamboule-tout, tel que l’on en a presque l’habitude  aux guignols de l’info. On l’imagine  organisé par des journalistes chevronnés. Autant dire  qu’ils auraient du métier pour mettre les petits plats dans les grands. On pourrait solliciter le secours de  Jean Michel Apathie, dans le rôle du docteur Sirop, en compagnie d’Etienne Mougeotte qui viendrait l’assister  et donner à ce type prestation la patine, le  souffle épique qui lui font souvent défaut.

  Le premier poserait  la question-revolver qui tue, avec son  habituel pistolet à eau, à  propos , par exemple, du ‘’dernier sondage’’: la belle affaire …Le second, Etienne, n’aurait de cesse de poser le problème qui nous taraude tous, celui qui concerne « nos retraites », étant entendu qu’Etienne, n’y sera jamais  à la retraite, qu’il aura toujours évidemment comme son illustre prédécesseur, feu Léon Zitrone, le ménage à faire: la promotion du dentifrice ou tout autre argument électoral grand-public.

Evidemment, pour durer, un  Sitcom se doit de tenir son public en haleine, le fidéliser de saison en saison. Ainsi, il faudrait prévoir des épisodes d’une rare intensité  émotionnelle:

Imaginer un épisode électoral, qui serait volontairement dramatique, pour rester crédible, et alors on aurait presque envie de se mettre à chialer comme des mômes :

 gros plan sur « le militant exemplaire » désabusé qui déchire sa carte du parti, en déclarant s’être trompé de guichet pour le renseignement. Il déchire alors carte d’un geste lent et prémédité(un travelling s’impose), joignant le geste à la parole, signifiant, par la même, à la cantonade bouleversée ,qui hennit de désarroi, l’exemplarité de son geste et mais aussi hélas, la précarité du  « bon choix »..Ensuite de l’index, il dessinerait  un z qui semble indiquer son désappointement passager: indiquez -lui alors où est passé   Zorro et demandez-lui de vous répondre  « merci  Sergent Garcia. »….

Evidemment il faudrait conclure par une note joyeuse et optimiste et ce serait alors  le rôle attribué d’office à  Michaël Darmon, qui, pour une fois pourrait arborer une sourire vrai, sans avoir recours à pauvre  élastique à la commissure des lèvres…un sourire  qui éclipserait une fois pour toutes, cette mine d’épagneul éploré et cette image affligeante qui imprime en filigrane le sentiment diffus, d’être toujours en quête de la  pharmacie la plus proche, parce que Nicolas a besoin, lui, d’un doliprane, pas un générique, s’il vous plait, mais la marque ‘’ici et maintenant’’.

Une série de prestige , se doit de prévoir une épisode un peu plus étoffé que les autres, l’épisode ‘’Champagne’’, entre autres  en prévision notamment des fêtes. Prévoir un gros budget ,pour une  coupe transversale de l’histoire, où tous les publics se sentiraient  concernés, un peu comme dans Tintin. Peut-être un film d’action, mélange hybride et savant d’un western  genre ‘‘3h10 pour Yuma’’, et d’un film de guerre, style le D-Day, bref il y aurait  du rififi dans l’air.

Le renfort et la participation  de vedettes confirmées ne serait pas superflu. A cet effet, on imagine volontiers l’aide que pourrait nous procurer Dany (c’est son nom de scène), en guest star d’un soir ,pour son expérience, à figurer avec cette aisance qu’on lui connaît, dans un remake relooké de l’opération Overlord. Une opération, budget oblige , un peu riquiqui , mais  Overlord tout de même. Dany donnerait en voix off , en imitant Henri de Turenne - à ne pas confondre  avec Achille Zavatta-ses commentaires avisés sur  la stratégie à adopter pour « gagner », et investir  le château, relooké en fort Chabrol . Notre héros serait à la tête d’une Task force, identifiée comme la troisième du genre, mais oui chéri,  sous son  nom de code: Rhododendron. La mission affectée à la dite force (la troisième, ne l’oublions pas), consisterait à éliminer, éradiquer,  l’agent orange et prouver ainsi l’existence effective de cette arme de destruction massive.

Une fois pour toute maltraitée, nul doute que la mauvaise herbe ne pourrait  repousser, à Moulinsart Tout cela, naturellement , sous la houlette protectrice de frère  BHL, toujours en  embuscade derrière son canapé Vertigo, une plume paon dans le derrière en guise d’antenne parabolique  pour capter l’inspiration, si rare … Dany  pourrait nous faire part de son sentiment à propos du  passage  inopiné d’un  dirigeable orange. Un  spectacle « fascinant » si l’on en croit les spécialistes de la gonflette, qui ont toujours une explication scientifique sur tout et même sur les toutous  .

 Ainsi selon eux, si le ballon  s’éloigne, c’est bien là, la preuve flagrante , pour reprendre  la faconde  du sapeur Camembert, qu’il se dégonfle, illustrant à merveille le principe physique bien connu de l’action et de la réaction.

Une première saison doit toujours se conclure par un point d’orgue, et ménager l’avenir.

Ce serait le l’occasion de retrouver notre vieux héros, Robinson , confiné en relégation  depuis des années lumières sur une île presque déserte. Robinson finirait par apprendre en écoutant son vieux poste à galène que la guerre est finie, qu’il peut rentrer enfin à la maison à condition de faire amende honorable, de mettre des pantoufles et de rendre son sabre. Evidemment Robinson ne l’entendrait  pas de cette oreille et déciderait en vieux samouraï, de prendre le grand large  sur une coquille de noix, baptisée ‘’le pourquoi pas’’.

Un dernier cri, tout de même avant de partir.‘’Salut et Banzaï ‘’  , avant  de tourner la page et d’explorer d’autres espaces vierges de toute bêtise récurrente. Evidemment, Robinson emporterait avec lui,  L’île au trésor, et un de ces  films italiens qui nous ressemblent beaucoup , genre ‘’nous nous sommes tant aimés’’, parce qu’au fond , on vit toujours la même histoire, celle d'un film d’Ettore Scola …      




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