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22 juillet 2008
Immobilier : la fin d'un cycle?Depuis quelques années les prix de l’immobilier n’ont cessé d’augmenter. Les jeunes couples et les classes moyennes ont cependant pu résister à cette courbe inflationniste grâce à des taux d’emprunt de plus en plus bas et des allongements de la durée des prêts. Le prêt à taux zéro (PTZ), avec un différé de remboursement dans certains cas, a aussi contribué à réguler le marché et à sa (relative) bonne tenue. De plus, les stocks de logements ne permettaient pas de satisfaire la demande ce qui, inévitablement, a engendré une dynamique dans les acquisitions. L'acquéreur, soucieux de ne pas voir un bien lui échapper n'hésitait pas à signer « subissant » son acquisition bien plus qu'il ne la choisissait réellement, se contentant bien souvent de conditions de logement insatisfaisantes. Cependant, le taux d'augmentation annuel à deux chiffres est bien derrière nous. Il était temps car les prix ont été artificiellement gonflés par les vendeurs transformés en véritables spéculateurs immobiliers, soucieux de gains faciles. Entre 2002 et 2007, beaucoup de vendeurs n'ont pas hésité à revendre leur résidence principale uniquement pour des raisons spéculatives souhaitant profiter de « l'embellie » immobilière. Plus encore depuis la loi de finance de 2004 qui a instauré une exonération totale de plus value en cas de revente d'un bien en résidence principale, sans condition de durée d'habitation du bien. Cette politique du « chacun pour soi » et du tout profit, dans une conjoncture favorable permettant aux propriétaires de surévaluer leur bien (souvent de moindre qualité et nécessitant d'importants travaux de rénovation pour l'acquéreur), a eu un effet pervers : ces propriétaires, aveuglés par ces gains inespérés et faciles, ont entretenu des hausses de prix excluant de plus en plus les jeunes. Ils laissent donc à nos ( leurs) enfants le fruit d'une escalade irraisonnée des prix de l'immobilier, les pénalisant durablement dans l'acte d'achat d'un bien mais aussi pour la location car les deux marchés sont liés : quand les prix de vente augmentent, ceux de la location suivent, ce qui a été le cas ces derrières années. Ce phénomène a largement contribué à marginaliser le logement chez les plus jeunes, mêmes salariés en CDI, en incapacité (ou en forte difficulté) d'acquérir et même de louer . On a donc assisté à une recrudescence de logements précaires, de circonstances, d'urgence ou de provisoire devenu durable et dans des conditions de décence très contestables : co-location, retour chez les parents, hôtel meublé, caravanes, squats et même voiture! Des situations qui entraînent souvent une désociabilisation avec des dommages collatéraux (divorces, perte d'emploi, manque de soins, maladies...) qui finalement coûtent très cher à la société ce qui prouve que le logement est la pierre angulaire, l'élément central de l'intégration sociale. Or, depuis plusieurs mois, le marché de l'immobilier s'est considérablement ralenti prenant à
contre-pied professionnels et vendeurs (dont certains n'ont pas hésité à contracter des prêts dits
« relais » dans l'attente de la vente de leur bien. Ce dernier ayant été bien souvent
sur-évalué, le délai pour trouver preneur sera forcément rallongé, augmentant de ce fait les
intérêts de ce mode -assez risqué- d'emprunt).
Pourquoi un retournement du marché de l'immobilier ? Plusieurs facteurs sont à prendre en considération. En effet, il s'agit d'une conjontion d'éléments dont certains auraient pu être anticipés mais ont au contraire été sacrifiés à l'autel du profit :
Il me semble que nous sommes au début d'une crise de l'immobilier qui durera au moins jusqu'en 2010. Le temps que la confiance revienne après tant d'abus sur les prix devant lesquels les pouvoirs publics sont restés silencieux, voire complices. La taxation sur les plus-values et l'augmentation des droits d'enregistrement en augmentation arithmétique avec la flambée des prix de l'immobilier ont aidé à remplir les caisses, ce qui n'a pas pour autant permis de compenser en création de logements sociaux ! Mais sur la durée, si les pouvoirs publics mènent une vraie réflexion sur les enjeux du logement
avec une stratégie ambitieuse de régulation des prix, le marché de l'immobilier retrouvera sa
nature première à savoir permettre de se constituer un patrimoine dans des conditions raisonnables
pour le plus grand nombre.
Les gouvernements successifs n'ont pas su (ou voulu) mettre en place, par anticipation, une
politique de maitrise des prix de l'immobilier, tout au moins leur régulation. Leur
« laisser-faire » et les mesures prises (loi de finance de 2004) ont plutôt encouragé les
dérives qui nous ont amenés, pour partie, à la situation actuelle.
Et maintenant, que faire ? Il faudrait un vrai courage de nos politiques pour s'attaquer à la régulation et à l'encadrement
des prix de l'immobilier, mais il faut être lucide, cela touche à la propriété individuelle et il
est peu probable que cela arrive. Il est des citadelles imprenables!
Il serait temps pourtant de songer à réguler les prix de l'immobilier en plafonnant les prix au mètre carré en fonction du zonage (comme pour les montants des loyers concernant les acquisitions en Loi de Borloo pour la défiscalisation par exemple), en taxant les surplus. Cela permettrait au plus grand nombre de se loger dans des conditions acceptables. Il faudrait à nouveau assujétir à la plus value les résidences principales qui sont revendues dans un délai court à moyen (moins de 10 ans) s'il ne s'agit pas de raisons personnelles justifiées (par exemple: déménagement pour raison professionnelle, maladie, divorce). Ceci éviterait les reventes à des fins uniquement spéculatives. Il s'agirait aussi de clarifier l'opacité autour des sommes récoltées au titre du 1 % patronal (dit 1% logement) qui sont gérées par plusieurs organismes dont des Collecteurs Interprofessionnels du logement, les Chambres de Commerce et d'Industrie et aussi les Comités d'Entreprises. Au fil des années le 1 % demandé à l'origine a diminué, se réduisant à 0,45 % de la masse salariale. Le nom « 1% patronal » est pourtant resté! Il faudrait s'assurer d'une équité en matière d'attribution des sommes au titre du 1% ainsi qu'une réelle transparence dans l'utilisation des fonds. L'aménagement du territoire est bien évidemment aussi à repenser. Il faudra un vrai débat urbanistique prenant en compte les mutations socio-professionnelles et les nécessaires adaptations en matière d'économie d'énergie, notamment en ce qui concerne les transports en communs reliant les communes les plus éloignées des grandes villes plus porteuses d'emplois mais plus chères sur le plan immobilier. Ces villes étant donc de plus en plus désertées par les jeunes ménages et les actifs. Un redéploiement des bassins d'emploi dans les zones moins prisées (Centre, Est), donc moins coûteuses en matière de logement, permettrait une accession à la propriété d'un panel de la population plus large et permettrait donc aux plus modestes d'acquérir un bien. Des structures et des mesures attractives inciteraient sans aucun doute des déplacements de populations vers les territoires en voie de désertification. Il faut donc repenser le cadre de vie, l'environnement, les modes de fonctionnements individuels et collectifs, les taxations sur les plus values spéculatives y compris lorsqu'elles touchent aux résidences principales (même si ça n'est pas populaire) et s'interroger sur les enjeux futurs d'une perpétuelle surenchère immobilière qui est à la base du mal-logement. Le courage de nos politiques à traiter ce problème dans un ensemble complexe qui touche à un
besoin essentiel et fondamental de l'Homme (le logement), serait le gage d'une prise de conscience
qui permettrait d'inverser la tendance et ferait que le logement ne soit plus la cause d'une
marginalisation croissante mais au contraire le pilier d'une société en progrès.
Pourquoi ne pas imaginer, alors, un Grenelle du Logement ?...
Article publié sur :
AgoraVox
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cherchons la solution
Posté par : guygerard | 16 décembre 2008 08:56une analyse mais maintenant il faut des solutions. Le poids de l'immobilier est important, une baisse de 200 000 permis provoque du chomage de plusieures centaines de milliers de salaries. Les banques ne devraient elles pas reduire leur marge sur le credits ? Le credit n'est pas pas pour compenser les pertes dues aux erreurs des banques