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29 août 2010
Relancer l'intérêt général européen : le président du Modem peut le faireA l'heure de la crise, les mesures nationales priment les politiques européennes. Une erreur grave que peut corriger le mouvement central représenté par François Bayrou. En Europe, l'intérêt général des citoyens, c'est le boulot de la Commission européenne. La Commission dispose du pouvoir d’initiative. Et les commissaires européens font le serment d'agir selon les Traités européens et de rester indépendants de toute instruction venue d'un gouvernement. En période de crise, ces vertus européennes devraient nous servir collectivement, en Europe comme en Francde. Malheureusement, le président actuel de la Commission européenne, José Manuel
Barroso, apparaît
comme le plus frileux et le plus influençable de l’histoire de l’Union. L’ancien
premier ministre portugais se laisse trop souvent guider par les conditions des dirigeants
nationaux.
Wolfgang Münchau, éditorialiste au Financial Times, fait partie de ceux qui soulignent ce que produit, sur le plan économique, cet oubli récurrent de l'intérêt général européen. L’Europe est gouvernée à vue, avec une géopolitique variable, des sauts
de puce, et des gesticulations inutiles dès qu’il s’agit d'orienter les grandes
politiques publiques sur le Continent.
Dernier exemple en date, déprimant pour les citoyens de l'Union les plus démunis : un accord de « coopération transfrontalière » vient d'être signé par six Etats membres (6 sur 27) avec deux pays hors UE afin de… prévenir les crises financières. Pourquoi pas, direz-vous ? Le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la Lettonie, la Lituanie, et la Suède engagent un partenariat avec l'Islande et la Norvège. Cet accord se fonde sur le fameux Protocole d'entente européen sur la gestion de crise.
Que prévoit cet accord de "coopération" ?
Les ministres des Finances, les banques centrales et les superviseurs des pays signataires instaurent un "Groupe de stabilité transfrontalière". Ce groupe est surtout chargé d’échanger des informations, de réaliser de tests de
résistance aux crises (?) et de lister les problèmes juridiques qui pourraient limiter la
coopération dans le cadre de l'accord.
La cerise sur le gâteau... ... Cet accord n'est pas contraignant juridiquement ! Si l’on continue ainsi, l’Europe se fera « bouffer » par les intérêts
économiques d’autres grandes puissances régionales dans le monde. La Chine et les
Etats-Unis finiront peut-être par s'arranger, sur le dos de l'Europe...
Hubert Védrine, qui fut l'un des invités de marque d'une précédente Université de rentrée du Mouvement démocrate, insiste sur cette éventualité, en cette rentrée de septembre 2010. Vous pourrez lire les réflexions de l'ancien ministre des affaires étrangères dans un entretien croisé avec Etienne Balibar, dans les colonnes de Philosophie Magazine. La pensée d'Hubert Védrine, promoteur du concept d' hyperpuissance, est d'autant plus éclairante que cet humaniste n’a jamais été un chaud partisan du fédéralisme européen. Relancer un "vieux" principe ? A propos de philosophie, il suffirait – si l’on peut dire – de remettre à
l’honneur un ancien principe pour le Vieux Continent. Ce principe peut tenir dans la
formule :
« ce qui est bon pour l’Union est bon pour les Etats de
l’Union ». Même si cela n'est pas immédiatement visible.
C'est ainsi qu'un ancien président de la Commission européenne avait coutume de faire avancer l'intérêt général des citoyens et des peuples de l'Union. Tout en n'hésitant pas à crever certains abcès pour tenter de sortir plutôt par le haut. Hélàs, les Delors ont disparu de la scène européenne active. Et puis, du côté des Etats-Nations, on ne voit guère de personnalités aptes à mettre en oeuvre
la nécessaire primauté de l'Union européenne. A moins que François Bayrou...
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