16 novembre 2011
Interrogé par le JDD, Yann Wehrling, porte-parole du Modem, a dit "douter" de la fiabilité de l'accord passé mardi entre EELV et le PS : "Ce ne sont pas aux appareils de se mettre d'accord dans les couloirs et d'imposer une ligne unique aux électeurs", fustige-t-il.
L'accord PS-EELV vous a-t-il convaincu?
Du côté des électeurs, il peut y avoir un certain malaise entre ce qu'on a entendu ces deux
dernières semaines et l'accord final. Des membres d'Europe Ecologie - Les Verts ont fait des
déclarations assez définitives quant à une sortie du nucléaire. Certains d'entre eux [Cécile Duflot
dans le JDD notamment, Ndlr] se disaient prêts au clash si cela n'était pas inscrit dans le texte
d'accord. Au final, en l'espace de deux heures, chacun a mis ses revendications au placard. Sans
être pro ou anti-nucléaire, il est étrange de renier les convictions de ses électeurs. En découle,
à mon sens, un sentiment de grand doute sur le fond de cet accord.
Cela risque-t-il de nuire à la crédibilité de la classe politique sur les sujets
écologistes?
Il serait temps de se replonger dans l'histoire récente des accords politiques
préélectoraux. Ces derniers sont rarement tenus. Il y a eu un précédent : l'accord Verts-PS qui
courait sur la période 1997-2002. Tout le monde a reconnu à la fin de la mandature de la gauche
plurielle que peu de choses, actées en 1997, s'étaient traduites dans les faits – environ 20
pour cent des points de l'accord initial, avait-on calculé à l'époque. Aujourd'hui, il faut avoir
l'honnêteté de mettre fin à ce type de processus préélectoraux. Il faut cesser de prendre les
électeurs pour des idiots. D'autant qu'ils ont l'impression qu'on fait le résultat des élections
avant les élections. En distribuant les députations en vue des législatives par exemple.
La question de l'EPR de Flamanville a dominé les échanges entre EELV et PS. Cela a-t-il nui aux
autres sujets écologistes?
Il est vrai qu'on a parlé que de ça. Et parfois en des termes caricaturaux de surcroît.
L'EPR de Flamanville correspond aujourd'hui à 0,5 pour cent de la production énergétique française.
Ceci dit, cela ne me choque pas que deux formations recherchent des compromis sur tel ou tel sujet
de fond. Mais, au final, le texte de l'accord, sur ce point et de manière générale, est très vague.
Le nucléaire semble avoir servi d'emballage pour un accord uniquement électoral. Ce qui me gène le
plus est qu'à aucun moment, le débat n'a été démocratique. Ce sont aux électeurs, lors du passage
aux urnes, de trancher pour tel ou tel projet. Ce ne sont pas aux appareils de se mettre d'accord
dans les couloirs et d'imposer une ligne unique aux électeurs.
Eva Joly s'est félicitée de cet accord, indiquant qu'elle porterait, seule à la présidentielle,
le combat pour une sortie du nucléaire...
La situation est un peu absurde. Les deux candidats qui se présentent à la présidentielle
sont très engagés par leur accord. Je ne vois pas comment l'un et l'autre vont pouvoir s'éloigner
de ce texte, sauf sur les deux points qu'ils qualifient de divergences. Mais j'espère qu'ils ne
vont pas faire campagne sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou l'EPR de Flamanville. En tout
cas, se pose la question de la raison d'être de la candidature d'Eva Joly. En effet, le programme
qu'elle va défendre est le même que celui de François Hollande. A moins que le candidat socialiste
ne se retire...
Le site Mediapart a révélé qu'Areva est intervenue, lors des négociations, pour supprimer un
passage sur le Mox, un combustible nucléaire utilisé en France. Cela vous inquiète-t-il?
L'intervention d'un grand groupe français dont l'avenir peut être compromis par un accord
politique est tout à fait normale. Areva a pris contact avec les responsables d'EELV et du PS pour
faire valoir ses arguments. Après, s'il y a des possibles conflits d'intérêts, cela pose bien sûr
problème.
Par le biais de l'accord EELV-PS, Cécile Duflot va débarquer à Paris. Certains la désignent déjà
comme une prétendante à la mairie de Paris...
Je n'ai pas de commentaires à faire sur ce sujet. Je note seulement que tout finit par se
focaliser sur des questions politiciennes. On a l'impression que l'arrivée de Cécile Duflot à Paris
posait plus problème que les sujets de fonds, de débat comme le nucléaire.
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Dernière heure
Posté par : cocobeloeil | 18 novembre 2011 17:50Tout ce tintamarre pour au final, apprendre que EELV est au bord de la banqueroute! Depuis quelque temps, nous savions que ce parti ne parvenait pas à financer sa campagne, faute de pouvoir emprunter. Dorénavant, on comprend mieux la hâte de Cécile Duflot et J-V Placé à précipiter un tel accord... Qui est 'marron' dans l'affaire? F Hollande (et M Sapin, normalement au fait des questions d'économie) qui vient de se rendre ridicule en acceptant de signer un mauvais compromis... Roulé dans le MOX, François Hollande perd ainsi sa 'stature' de présidentiable. Ri-di-cu-li-sé !!! Gageons que J-F Copé va se saisir de ce rebondissement, dans les chapîtres à venir... Pain béni pour les adversaires du PS-EELV !
Accord EELV PS
Posté par : martialdalton | 18 novembre 2011 00:15Pour y voir un peu plus clair, il me parait souhaitable d'avoir à l'esprit les distinctions suivantes : - Les élections Présidentielles et les élections législatives qui suivront. - Les 2 lignes politiques en présence à EELV : celle d'Eva joly qui privilégie un choix idéologique pur et sincère (sortir du nucléaire) quitte à ne pas faire l'accord, ce qu'elle a dit dés le début. Celle d'autres écologistes dont Cécile Duflot qui privilégie une stratégie électorale (maximiser le nombre de sièges aux élections législatives), quitte à perdre sur le positionnement idéologique (les idées écologistes) - Distinction entre l'intérêt général qui suppose un large débat présentant les avantages et inconvénients comparés des deux stratégies : sortir du nucléaire ou maintien de celui ci. Choix devant nécessairement être tranché par les citoyens électeurs (par un référendum ?), et entre l'intérêt particulier du Lobby nucléaire et de ses obligés (EDF et AREVA).
Le nucléaire un débat mal engagé
Posté par : cachou | 17 novembre 2011 15:11Il est curieux que les verts se battent non pour des idées mais pour des sièges sous les ors de la République... Pour le nucléaire, comment y voir clair en France: On nous dit que cela reste une énergie qui est réductrice de CO2. Il semble que non comparativement à une centrale au gaz, si l'on prend en compte l'ensemble de la production depuis la construction de la centrale (trés émettrice de co2), l'extraction, le transport, le traitement du combustible, la distribution de l'électricité produite (centralisée qui nécessite la production,l'installation la surveillance des lignes à haute tension avec la destruction de forêts à son passage etc...) l'enrichissement de l'uranium trés exigeant en énergie (l'équivalent de 4 réacteurs) le transport, le traitement des déchets puis le transport vers la Sibérie où ils sont stockés. Le gaz arrive par pipeline, son extraction est peu émettrice de CO2 et permet une production moins centralisée . Tous ces éléments pourraient être vérifiés assez facilement semble t-il. Il manque ces données au débat. Ensuite sur le coût de revient de l'électricité produite il semble que tous les coûts ne soient pas pris en compte (recherche, et surtout démantelement des réacteurs (avec la production additionnelle de CO2).... Le MoDem a t-il des réponses sur ces points précis et au final qu'elle est sa position ?
les électeurs idiots ......
Posté par : gilco2 | 17 novembre 2011 13:41Que pensez vous des adhérents idiots ?
Ecoeurant !
Posté par : citizenet | 17 novembre 2011 12:10Ces tractations EELV-PS, qui en fait conditionnent essentiellement un droit de préemption de sièges électoraux dans le "plan de carrière" de quelques apparatchiks, me donnent la nausée. Je suis pourtant persuadé qu'il se trouve des écologistes de tous bords, qui ne seront jamais encartés, et qui privilégient l'intérêt général à un arrivisme débridé.Contrairement ces écolos parvenus là, qui prétendent juste à leur part du gâteau, à des maroquins juteux obtenus sur le dos d'électeurs dont la majorité ne votera jamais pour eux, et qui se contrefichent à peu près autant de la protection de l'environnement naturel que de l'éthique démocratique.Ce genre de négociations, nous allons en (re)trouver dans tous les autres partis dont la seule vocation est de négocier un cheptel au mieux de leurs intérêts personnels, comme sur un vulgaire marché de bestiaux, de boeufs et de vaches, cochons, couvées, qu'ils croient pouvoir toujours mener, les uns au pâturage, les autres à l'abattoir. Nous ne sommes malheureusement pas loin des spéculateurs de Goldman Sachs qu'on "place" arbitrairement au plus haut niveau des Etats pris en otages, sans consulter la vox populi, exploitant l'humanité comme jamais auparavant...