24 mars 2010
Le résultat fut rude. Certes il était annoncé, martelé, par les sondeurs et les médias depuis des semaines et des semaines. Mais il n'en reste pas moins que le score de notre Mouvement au soir du premier tour des élections régionales fut pour beaucoup d'entre nous, responsables, adhérents, ou sympathisants démocrates, un choc.
Écrivant cela, je pense en tout premier lieu à nos candidats. Femmes et hommes, ayant porté nos couleurs, défendu nos valeurs. Engagés, présents, déterminés, malgré les difficultés des temps. Ayant défendu pendant toute la campagne une vision juste de nos régions et de nos territoires. C'est à leur endroit que la tristesse fut la plus grande. Ils méritaient un vrai succès. (Lire la suite)
C'est en pensant à eux, et à leurs soutiens, que je veux ici esquisser analyse et
perspective.
Dire ce que je crois, et livrer des raisons d’espérer.
L’analyse d’abord. Beaucoup de choses ont été dites, mais il me semble que trois
éléments méritent notre attention.
Le premier d’entre eux concerne le très faible nombre de votants. Cette abstention
volontaire a été l’expression ultime d’un mécontentement, d’une déception,
d’une défiance, d’un éloignement des Français. Une grande majorité d’entre eux
est désabusée, ne croit plus ni à la politique, ni aux politiques. C’est un échec pour nous
tous. Et c’est un échec pour l’idée régionale. Je fais le pari qu’avec des
régions puissantes, autonomes, clairement identifiées, levant l’impôt, nos concitoyens
auraient eu le sentiment, justifié, que leur bulletin de vote avait une réelle utilité.
D’ailleurs, ceci nous oblige, nous démocrates, à défendre une autre vision, à
l’occasion de la prochaine réforme territoriale. Soyons la voix des territoires, la voix de
ceux que l’on n’entend jamais, et qui pourtant sont en première ligne. Je pense en
particulier à tous les maires des petites communes. Aucune réforme de notre architecture
institutionnelle régionale et départementale ne pourra se concevoir sans eux. L’ambition
régionale qui est la nôtre devra intégrer cet impératif : maintenir à tout prix du lien, faire
vivre les solidarités.
Le deuxième point que je voudrais aborder est celui du vote extrême. Bien sûr, on pourrait se
contenter de dire qu’il est le résultat, d’une part, de la crise économique et sociale,
de la montée du chômage, du sentiment de déclassement des classes moyennes, de la peur de
l’avenir, et d’autre part, du débat si mal inspiré sur l’identité nationale,
ayant rapidement et volontairement dérapé, mélangeant dans un pèle mêle nauséeux immigration,
islam, burqa, minarets, insécurité.
Tout cela est vrai. Mais ce vote exprime également autre chose. De plus grave encore. Les
classes populaires ne reconnaissent plus du tout leur place dans le débat politique. Elles ont le
sentiment que plus personne ne les entend, ne les défend, ne leur prête attention. Elles se sentent
délaissées, et plus encore reléguées. La politique n’est plus dans leur monde. Le succès de
Jean Lassalle, sa capacité à se faire entendre des petits, doit nous faire réfléchir. Nous devons
trouver les mots qui leur parlent, tout en rejetant la démagogie et les facilités de la vulgarité.
Aussi difficile qu’il soit à relever, ce défi, j’en suis sûre, est à notre portée.
C’est un combat qui en vaut vraiment la peine. Sans confiance populaire, rien de grand
n’est possible dans notre pays.
Dernière question enfin, celle du bipartisme. Tout y concourt : les modes de scrutin à
dominante majoritaire, la structure d’esprit de ceux qui font et commentent la vie politique
française, la volonté des deux partis dominants que sont l’UMP et le PS de ne faire tourner
qu’autour d’eux le débat politique afin de conserver le monopole de l’alternance.
Pour un très grand nombre de nos concitoyens, le schéma de pensée droite/gauche continue de
s’imposer comme référent. C’est pourquoi nos efforts pour faire bouger les lignes ont
pu apparaître aux yeux de certains comme la transgression d’un ordre établi. Même si cela a
pu nous gêner, tout le monde voit bien que rien de bénéfique pour notre pays ne pourra se faire
sans dépasser ces clivages absurdes.
Je voudrais maintenant en venir aux raisons d’espérer.
La première est dans le besoin d’un Centre authentique.
Sauf sans doute en Alsace, les voix du centre ne se sont pas portées sur les candidats de
l’UMP. Parce qu’elles ne se retrouvent plus dans une droite débridée, de moins en moins
républicaine, de moins en moins démocrate, et de moins en moins sociale. Si nous savons leur
parler, renouer le lien, les rassurer, les convaincre, alors nous pourrons sans doute retrouver
avec elles le chemin de la confiance.
Le positionnement à venir de l'UMP va nous y aider. Les voix qui s’élèvent en son sein
réclament un retour aux « fondamentaux » et aux politiques de droite traditionnelle. Le récent
remaniement ministériel vient de nous le confirmer : l’heure est au rassemblement…. des
anciens chiraquiens. L’UMP cherche désormais à se redroitiser, pour tenter de ramener à elle
une partie de ses électeurs perdus.
De l’autre côté de l’échiquier, l’alliance rouge/rose/verte s’est
reconstituée. La gauche française se retrouve dans la même configuration que celle naguère de la
gauche plurielle chère à Lionel Jospin. Ce n’est certes pas une bonne nouvelle pour tous ceux
qui rêvent depuis des décennies de faire évoluer la gauche française, je pense en particulier aux
sociaux-démocrates. Ce n’est pas non plus une bonne nouvelle pour tous ceux qui aimeraient
voir évoluer en profondeur son système de pensée.
Mais il n’empêche, entre une UMP qui regarde vers la droite, et une gauche qui a
renoncé à changer, l’espace du Centre existe. À nous de nous en saisir. À nous de le faire
fructifier.
Deuxième raison d’espérer : l’analyse que fait François Bayrou des difficultés du
pays se révèle profondément juste. Et les faits lui donnent et lui donneront malheureusement
raison. Dette, déficit, déséquilibre des comptes sociaux, système de retraites, coût du travail,
pouvoir d’achat, école, inégalités sociales, services publics, fiscalité, territoires,
institutions, justice, développement durable, intégration, qui ne voit qu’aucune de ces
grandes questions ne trouvera sa réponse dans un affrontement bloc contre bloc. Sauf à vouloir
différer les choix. Et laisser se détériorer la situation plus encore. Les prochaines échéances
seront la dernière opportunité, la dernière chance, pour résoudre ces questions et donner à la
France des fondamentaux sains, équilibrés, seuls à même de donner une chance, et d’offrir un
avenir aux générations futures. Nous le savons tous : cela sera difficile. Mais nous le savons tous
aussi : il n’y a aucune autre alternative possible. L’état du pays imposera des choix
courageux. À nous de les défendre. À nous de les incarner.
J’en viens maintenant à notre parti. Et je veux rappeler ceci :
s’il y a bien une ambition qui nous anime, nous, fondateurs du Mouvement démocrate,
c’est bien celle de faire émerger, de façon durable, une grande force politique du centre,
autonome et indépendante, respectée et aimée. Une force politique qui continuera
d’exister longtemps après nous. Une force politique qui changera en profondeur le paysage
politique français. Le modernisera. L’apaisera. C’est pour beaucoup d’entre nous
le combat de toute une vie.
Pour y parvenir, nous avons besoin de temps. On ne construit pas un parti durable en quelques
mois ou quelques semaines. Pour construire validement, il faut de la patience, de l’humilité,
de la détermination, de la stabilité, et du temps. C’est pourquoi je suggère d’inscrire
notre réflexion dans une durée que je fixerais volontiers à cinq ans. Cet Agenda 2010-2015, il nous
faudra l’écrire ensemble. En fixant clairement les objectifs à atteindre, les moyens en
découlant tout naturellement. Pour ma part, je veux livrer ici quelques unes des priorités que je
crois vitales.
Première priorité : nous doter d’un encadrement solide. Tout parti politique, tout
mouvement politique, a vitalement besoin de cadres. C’est une vérité que nous devons rappeler
sans cesse. Un parti politique, ce sont d’abord des hommes et des femmes à partir desquels on
peut patiemment construire. Il n’y aura pas de construction du Mouvement Démocrate sans
cadres, formés et responsables. Ce sont eux qui doivent être l’ossature future du Mouvement.
C’est à partir d’eux, et en particulier de leur action sur le terrain, au plus près des
Français, que l’on pourra reconstruire.
Deuxième priorité : préparer dès maintenant les prochaines échéances électorales. Je le dis
clairement, les bons candidats ne s’improvisent pas. Là aussi, le temps est vital. Dans les
cinq années qui viennent, nous aurons (hormis la présidentielle) des cantonales et des sénatoriales
en 2011, des législatives en 2012, des régionales, des européennes et des municipales en 2014.
Mettons nous à la recherche, dès cette année, des candidats aux trois prochaines élections
(cantonales, sénatoriales et législatives). Faisons le, sans exclusive, et dans un esprit
d’ouverture à l’égard d’élus locaux ou de personnalités locales se sentant en
proximité avec nous. Tissons des liens durables avec eux et soutenons-les dans le temps. A nous
également de former et d’assister de jeunes candidats prometteurs, issus de nos rangs. Nous
avons un vivier : les dernières élections, municipales et régionales, ont vu l’émergence de
nouveaux talents. Pour autant que le parti se mette tout entier au service de ces objectifs, nous y
arriverons.
Troisième priorité : se vivre comme une force de transformation de la société française. Si
nous nous reconnaissons dans l’analyse des difficultés du pays, alors cela nous impose une
révolution culturelle, économique et sociale dans notre manière de penser, et dans les réponses que
nous devons apporter aux Français. Davantage d’audace, de créativité. Dans les temps de diète
budgétaire, la justice doit être requise, et les priorités clairement établies. Nous ne pouvons
plus continuer à vivre au dessus de nos moyens. Il nous faut donc penser l’avenir
différemment.
Quatrième priorité : muscler notre expression. Certes nous sommes des modérés, au Centre, et
heureux de l’être. Mais les temps sont exigeants. Nous devons renouer avec une liberté, et un
bonheur d’expression qui doivent donner envie à ceux qui nous écoutent de nous rejoindre. Je
proposerai volontiers qu’une équipe de « sabras » soit mise en place et s’essaye à
l’expression publique sur tous les sujets en résonance avec la vie des français. C’est
un exercice difficile, ça ne se fera pas du jour au lendemain. Mais il n’empêche, c’est
un exercice obligatoire.
Cinquième priorité : faire émerger une génération nouvelle. Là aussi, ce n’est pas
facile, car les générations spontanées n’existent pas. Il faut du travail, et du temps. Mais
pour tous ceux, dont je fais partie, qui veulent que ce Mouvement Démocrate trouve sa pleine
existence, et soit une force avec laquelle la vie politique française devra compter dans les trente
années qui viennent, c’est une obligation. C’est un devoir. Si nous savons transmettre,
aider, former, une génération nouvelle, généreuse et responsable, alors nous serons à la hauteur.
C’est sans doute cela la plus grande des exigences.
Marielle de SARNEZ
Députée européenne
Vice-présidente du Mouvement Démocrate
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@ Audomarois
Posté par : Canard_Orange | 6 avril 2010 10:12Seuls les écologistes purs et durs ne sourient jamais quand ils parlent de catastrophes annoncées car c'est sérieux pour eux. L'espoir que le MoDem transmettra aux électeurs nous fera gagner en 2012. Ce n'est donc pas avec une tête d'assitant aux funérailles que nous allons attirer l'empathie. D'ailleurs, François Bayrou sourit lorsque qu'il parle d'espoir. Le sourire est comme une main tendue, il ne coûte pas à celui qui le donne, et enrichit celui qui le reçoit. Sans tomber dans l'angélisme. Le sourire de Marielle est l'arme redoutable qui lui permet de répondre jusqu'au bout aux interviews à charge, avec des arguments imparables, au moyen d'une poigne sympathique. Les journalistes sont déstabilisés, abandonnent généralement leur question embarassante pour passer à une autre question, de fond cette fois. La détresse dans le pays, c'est son combat de tous les jours de contribuer à en sortir le pays. Le partage du sourire, c'est l'espoir du partage pour réduire les inégalités. C'est pas un bon plan pour la tribune du Bar Tabac ?
PHOTO TROP SOURIANTE
Posté par : audomarois | 4 avril 2010 12:16A noter que MME DE SARNEZ est une femme charmante et souriante , et en regardant son joli sourire on a du mal à croire que la situation de la FRANCE est une telle catastrophe !
Par contre quand on voit le visage grave de M BAYROU François , on comprend tout de suite que la situation est totalement dramatique : En fait la FRANCE est totalement ruinée : FRANCOIS BAYROU en est pleinement conscient , alors que MME DE SARNEZ ne s' en rend absolument pas compte : En tout cas , sur cette photo , elle est souriante et détendue , et sur une vidéo que l' on peut voir sur le site du MODEM , M BAYROU prononce des paroles trés graves , alors que MME DE SARNEZ ; s' amuse avec les ustensiles des journalistes , tout en leur adressant des jolis sourires ...
Je me demande parfois si au MODEM ,tous les gens sont vraiment conscients que la FRANCE est dans une situation totalement catastrophique , et qu'il faut adopter un comportement en harmonie avec cette réalité !
Conseil national: tous des bâtisseurs
Posté par : Canard_Orange | 29 mars 2010 10:36Merci Kriptonite, entre temps j'avais vérifié qui avait donné ces bons sondages pour CL (voir mon billet précédent) afin d'enfoncer un coin entre les pour et les contre à l'intérieur du MoDem. C'est l'institut de la patronne des patrons bien sûr.
Si on me demande si globalement les idées défendues par CL sont bonnes, ma réponse sera oui. C'est pour cela que 60 pour cent des adhérents du MoDem se sont probablement exprimés. Mais les adhérents Modem savent faire la différence entre les idées et le comportement des personnes. Pourtant dans le registre des idées, je n'accepterais pas que l'écologie soit seul l'élément menant en tête des valeurs de notre mouvement. L'écologie pour moi est un moyen de parvenir au confort de l'humain, mais pas pour construire une économie parallèle qui relèguerait l'humain en seconde priorité à cause de la cupidité marchande.
Donc le mot écologie doit se situer derrière le mot démocratie dans mon MoDem à moi, et non l'inverse comme affiché par la présidente de Terre Democrate, c'est-à-dire écologie démocrate.
Donc la question que je me posais à l'ouverture du conseil national tombe d'elle-même, car le vote unanime des conseillers montre qu'ils sont tous des bâtisseurs. A ma connaissance aucun conseiller n'a fait mention du départ de CL et la presse aux aguets en est pour ses frais.
Nous apprenons en permanence, et nous avançons.
C'est la raison pour laquelle il nous faut rester ouvert avec les électeurs qui ne sont d'accord avec nous aujourd'hui, ils peuvent l'être demain.
IFOP...
Posté par : kriptonite | 28 mars 2010 19:50Son PDG est Laurence Parisot, également la présidente actuelle du Mouvement des entreprises de France (MEDEF). Il est maintenant dirigé par Stéphane Truchi, ancien directeur dIpsos.
Bâtisseurs ou jouisseurs ?
Posté par : Canard_Orange | 27 mars 2010 12:40Sans informations à cette heure-ci de la réunion à huis clos du conseil national, je me pose la question: qui des conseillers nationaux bâtisseurs ou jouisseurs vont influer sur la stratégie du MoDem ?
Il sera intéressant d'analyser la réaction de chacun à la sortie de cette réunion.
Au passage, faîtes le détour sur le blog de député européenne de C. Lepage, pour constater que l'IFOP donne 50 pour cent d'avis favorables des français sur sa popularité, 48 pour cent à DCB, et 32 à C. Duflot. Ajoutez à cela que 60 pour cent des adhérents MoDem apprécieraient C. Lepage, selon l'IFOP. Tous les ingrédients sont là pour penser qu'elle tente de prendre le contrôle du contenu du MoDem. A partir du mandat de député que nous lui avons offert.
Ou sont les bâtisseurs ?
Ou sont les jouisseurs ?
Au fait, qui saurait nous dire qui était ou qui est derrière l'IFOP ?