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22 août 2009
Ateliers d'été de "L'Espoir à gauche" : intervention de Marielle de Sarnez
Marielle de Sarnez, Vice-Présidente du Mouvement Démocrate et Députée européenne s'est exprimée, samedi 22 août 2009, à Marseille. (Seul le prononcé fait foi)
Nous venons d’horizons divers. Nous exprimons des histoires, des idées qui peuvent être différentes. Nos parcours, nos itinéraires respectifs, nos chemins ne sont pas les mêmes. Et c’est heureux. Nos émotions, nos indignations, nos priorités, notre appréhension du monde ne sont pas toujours les mêmes non plus. Et c’est tant mieux. Nous venons d’horizons divers mais nous partageons la même inquiétude pour notre pays. Et nous portons, je le crois, pour l’essentiel, le même jugement sur le pouvoir en place. Nous n’aimons ni sa façon de faire, ni sa façon d’être. Nous n’acceptons pas qu’il fragilise certains des piliers de notre république, alors qu’il nous faudrait au contraire les renforcer dans les temps de délitement et de perte de repères que nous vivons. Tout ce qui permet de construire un pays : une éducation de qualité, respectée, soutenue ; une recherche de pointe, qu’elle soit fondamentale ou appliquée ; un système de santé dont chacun soit sûr, patients et médecins, et personnels de soin ; une justice équitable ; des forces de l’ordre républicaines sereines parce qu’assurées de leur mission, de leurs moyens et de leurs règles ; une société d’intégration active ; tout cela est aujourd’hui fragilisé, déstabilisé, sans perspectives. Nous n’acceptons pas que ce pouvoir ait renoncé, idéologiquement, à faire vivre notre principe d’égalité, qu’il continue d’aggraver les inégalités déjà si lourdes de la société française. Je pense à la transmission d’héritage. Je pense au bouclier fiscal. Surtout dans un moment où les efforts à consentir vont peser exclusivement sur les classes moyennes. Nous sommes en désaccord profond avec sa façon d’être. Nous récusons l’ultrapersonalisation du pouvoir, son hégémonie, et sa partialité. La démocratie, c’est le pouvoir pour le peuple, et non pour les amis du pouvoir. Et la démocratie, c’est le pouvoir avec limites et non sans limites. C’est pourquoi, nous soutenons depuis longtemps l’idée d’une République nouvelle, d’une VIème République, qui institutionnalise une séparation réelle des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif, le judiciaire, mais aussi le monde des affaires, et le monde des medias. Un pouvoir qui organise en son sein des contre pouvoirs réels, renforce celui de l’Assemblée en changeant le mode de scrutin pour qu’enfin la France, toute la France, dans ses diversités, soit représentée dans notre Parlement. Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose. Nous venons d’horizons divers, mais si nous croyons qu’il y a de l’insupportable dans ce qui se fait aujourd’hui, et qu’un nouveau monde est à dessiner, alors ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose. Nous voyons la politique comme un idéal. Nous ne voulons pas sacrifier la fin aux moyens. Nous ne voulons pas de la marchandisation du monde. Nous ne nous résignerons jamais à la croissance des inégalités, entre les Français, entre les peuples européens, comme entre les citoyens du monde. Nous considérons que la politique existe non pas pour être mise au service des puissants, mais des plus fragiles. Nous croyons aux vertus de la devise républicaine « liberté, égalité, fraternité ». Nous voulons construire une véritable démocratie. Respectueuse, responsable, généreuse, solidaire et durable. J’ai la conviction que tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le pouvoir actuel, et croient dans un autre idéal, ont beaucoup à partager. Tous ceux qui n’ont pas renoncé –je vais employer le mot le plus rassembleur, à l’idéal républicain, ont à faire ensemble. À construire ensemble cet idéal républicain, non pas comme il a été, mais comme la crise exige qu’on le pense pour demain. À construire ensemble un espoir pour un peuple. Peut-être même un espoir pour un peuple, qui s’adresse aussi aux autres peuples. Ils ont à voir plus large pour aller plus loin. Tous ceux qui partagent ces convictions ont à faire ensemble. Ensemble. Pas les uns sans les autres. Et pas les uns contre les autres. S’ils sont les uns contre les autres, dans le dénigrement perpétuel, c’est fini. Non seulement ils ne gagneront pas, mais même l’espoir ne verra jamais le jour. Et même s’ils sont les uns sans les autres, je crains que le résultat soit aussi décevant. Or il importe au plus haut point que cet espoir voie le jour. Qu’un espoir voie le jour. Et il y a urgence. Car ce qui va se jouer dans trois ans, ce ne sera pas la question classique d’une alternance entre forces politiques opposées. Ce ne sera pas la couleur de la prochaine Assemblée. Ce ne sera pas non plus la seule question d’inflexion des politiques suivies. Ce ne sera même pas la seule question du changement de Président de la République, et pourtant nous savons tous ça ici que ça compte beaucoup ! Non. Ce sera beaucoup plus que tout cela. La question à laquelle les Français devront répondre portera sur le modèle de société que nous voulons bâtir pour le siècle qui vient, et que nous laisserons à nos enfants, et aux enfants de nos enfants. Ce n’est plus une question pour la politique. C’est une question pour l’histoire. Et nous devons être les pionniers de ce monde nouveau. Construire ensemble un nouveau modèle de développement plus juste… Oui, il y a un nouveau modèle de développement à définir. Nous sommes à la fin d’un cycle. La crise financière, économique et sociale que le monde traverse n’est pas le fruit du hasard. Elle n’est pas un accident, ou un simple dérapage. C’est la conséquence logique d’un système d’ultra financiarisation, où la spéculation financière et l’envie de profits toujours plus importantes, l’ont emporté sur toute autre considération. Les marchés financiers ont imposé une économie virtuelle qui avait peu à voir avec l’économie réelle. La question essentielle est là : sommes-nous du côté de ceux qui veulent, malgré quelques déclarations verbales ci et là, conserver ce système et donc revenir au statu quo d’avant crise – c’est la position du pouvoir en place et de ses amis- ou bien voulons-nous changer de système, et construire un nouveau modèle ? Sur ce point, je suis sûre que nous nous retrouvons : nous avons besoin d’un nouveau modèle de développement. Plus sobre, plus juste, plus durable. Avec de nouvelles formes de production et de consommation. Qui privilégie le long terme sur le court terme dans tous les domaines. Et d’ailleurs l’impôt devrait être là pour ça. Ce qui veut dire que nous avons besoin d’une profonde réforme fiscale. Pour mettre en œuvre une fiscalité qui, à la fois réduise les inégalités, et accompagne la protection de la planète. Cette fiscalité nouvelle devra favoriser le long terme et les investissements durables, et pénaliser le court terme. Je pense par exemple aux opérations purement spéculatives et sans fondement économique. Et je crois que la réflexion autour de la taxe Tobin n’est pas vaine. Cette taxe sur les transactions financières est un instrument politique à notre disposition pour tenter de changer les comportements des acteurs de la planète finance. Nous devrons nous en saisir. Comme nous devrons changer les règles en matière d’aides d’État. C’est une honte de voir que les milliards engagés au profit des banques, l’ont été sans aucune contrepartie réelle. C’est une honte de voir encore cet été les bonus accordés aux cadres et aux traders des banques qui ont reçu le soutien financier de l’État, c’est-à-dire, faut-il le rappeler, des contribuables que nous sommes. Oui, nous devrons changer les règles et c’est assez simple : il suffit de décider que, chaque fois que l’État intervient de façon conséquente, ses représentants siègent aux conseils d’administration et peuvent exprimer un droit de veto sur toute décision contraire à la défense de l’intérêt général. De la même manière, nous ne pouvons pas laisser les hauts revenus augmenter régulièrement, giflant symboliquement le reste des Français, accroissant chaque jour davantage les inégalités, et ce d’autant plus que le pouvoir d’achat des classes moyennes, lui, diminue. Il nous faut donc retrouver le chemin d'autres valeurs et notamment celles du partage et de la solidarité. Nous devrons mettre fin aux salaires abusifs, en les corrigeant par la fiscalité. Comme cela a été fait dans d’autres pays européens. Et même aux États Unis. … et plus solidaire. Ce nouveau modèle de développement il devra selon moi être fondé sur la solidarité. Solidarité entre les générations. Je pense à la question des dettes improductives qui plombent toute marge de manœuvre, et qui inquiète, à juste titre, de nombreux responsables politiques français, de François Bayrou à François Hollande, Laurent Fabius ou Philippe Seguin. Je pense aussi à la question des retraites que vous avez abordée hier. Notre population change. Malgré le meilleur taux de natalité d'Europe, nous aurons en 2040 un tiers de la population qui aura plus de 65 ans et une durée de vie moyenne qui se prolongera jusqu'à 89 ans pour les femmes et 84 ans pour les hommes. En moyenne. C'est considérable. Nous devons ouvrir de nouvelles pistes : celle de la retraite par points mérite d’être étudiée. Celle d’un changement de rythme dans la vie professionnelle aussi : commencer à travailler moins, autant que possible, selon les métiers et selon les entreprises, dès l'âge de 55-60 ans et rester, si on le souhaite, après 65 ans, à son rythme, essentiellement afin de former des jeunes, être la mémoire d'une entreprise, d’une association. Enfin, nous devons traiter de la question de la pénibilité dans le travail d’une manière radicalement différente. Une société digne de ce nom ne devrait pas accepter que l’espérance de vie de certains de nos concitoyens soit moindre à cause de leur activité professionnelle. Voilà une réforme pour des démocrates : veiller à ce que, dans un parcours professionnel, un salarié ait un droit reconnu à ne pas exercer un travail pénible tout au long de sa vie. Solidarité entre générations, enfin, autour de notre patrimoine écologique, l’air que nous respirons et qui nous protège de moins en moins du réchauffement, la terre qui nous nourrit, bien ou mal, selon comme on la traite, l’eau dont la qualité se détériore du fait des comportements humains. Tout le monde le pressent : nos conditions de vie vont considérablement évoluer. Que ce soit sous la contrainte réglementaire consécutive à la lutte contre le changement climatique ou tout simplement en raison du renchérissement inéluctable des énergies fossiles, tout notre système actuel de production et de consommation est au bord d'une révolution inéluctable. Il faut d’ailleurs le vivre comme une chance et non comme une contrainte. Et la future taxe carbone dont on parle beaucoup devra être conçue pour accompagner cette mutation, et surtout pas pour remplacer la Taxe Professionnelle ! C’est une exigence que nous devrions défendre ensemble.
Des comportements nouveaux pour des temps nouveaux. Bâtir un nouveau modèle de développement, remettre de la justice sociale, lutter contre les inégalités, mieux préparer l’avenir, construire une société juste et équilibrée, tout cela imposera de heurter des intérêts, des habitudes de pensée. Mais c’est moins difficile que d‘accepter que se durcisse encore le monde que l’on construit en notre nom. C’est dire, mes chers amis, l’importance des rendez vous qui viendront en leur temps. C’est dire aussi que plus la cause est grande, plus les comportements et les attitudes des politiques engagés que nous sommes devront être à la hauteur. J’en suis convaincue : les temps appellent des comportements nouveaux. Les enjeux sont tels que nous ne pouvons plus continuer les uns et les autres à nous enfermer dans le jeu d’attitudes stéréotypées, par exemple dans le jeu des alliances anciennes. Le monde change. La vie politique française doit changer aussi. Les lignes doivent bouger. Nous ne pouvons plus rester immobiles, figés dans nos certitudes respectives, et revendiquer pour l’avenir des stratégies du passé. Qui ne voit le terrible déficit de pensée qui menace la vie publique en France, comme en Europe ? Nous avons vitalement besoin de renouvellement. Renouvellement des idées, des attitudes, des comportements. C’est pourquoi nous avons beaucoup à faire ensemble. Aucun d’entre nous, aucun des courants politiques de ce qu’on appelle « opposition », ne peut prétendre nourrir à lui seul cette réflexion, tant elle est vaste, tant elle oblige à des changements de pensée, à tourner le dos aux réflexes d’hier. Je voudrais faire devant vous l’éloge de ce mouvement, de ce changement, qui consiste à abandonner les réflexes d’hier pour accepter les attitudes de demain. Je vous parle au nom d’une famille politique qui a coupé ses amarres pour rester fidèle à ses valeurs. Nous l’avons fait. Si je vous disais que c’est facile, vous ne me croiriez pas. C’est difficile, et c’est risqué. Mais c’est vivifiant. Au fond, il y a deux attitudes possibles : choisir que rien ne change, ou bien accepter le changement, le changement des autres, et le changement pour soi-même. Mes chers amis, ce que nous avons à construire ensemble est plus grand que ce que nous sommes. Soyons généreux. Soyons altruistes. Nous sommes différents. Mais nous pouvons construire ensemble. S’ouvrir à d’autres. Pour redonner de l’espoir, renouer avec un idéal. C’est comme cela que j’aime la politique. Merci de m’avoir invitée."
Téléchargez ici l'intervention de Marielle de Sarnez
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Les derniers commentaires ... Tous les commentaires
bravo Marielle !
Posté par : chretiendemo | 3 septembre 2009 22:59Enfin le pas est franchi ! le Modem démontre qu'il devient un parti adulte, décomplexé, entendant être respecté pour ce qu'il est, et soucieux d'afficher sa singularité. Le "nouveau Centre" apparaît définitivement comme un satellite de l'UMP (= union pour une majorité présidentielle), prostituant ses idéaux au plat de lentilles ministériel. Ce pseudopode ayant fait une croix sur l'exigence de justice sociale qui inspira la démocratie chrétienne française depuis les origine (parti démocrate-populaire avant-guerre, MRP après...), il incarne à merveille la compromission d'une certaine droite à la vulgate marchande du moment. Je suis pour ma part, et plus encore depuis le discours de Marielle, de tout coeur avec vous !
je ne comprends pas bien les réticences...
Posté par : coolfifi | 3 septembre 2009 17:59J'avoue que je ne comprends pas trés bien les réactions de suspicion vis à vis de ce discours qui me semble exprimer parfaitement les valeurs que nous avons voulu défendre depuis la formation du MoDem et la prise de liberté vis à vis de la droite incarnée par Sarkozy et l'UMP tel qu'il apparaît aujourd'hui. Je ne vois là aucun signe de soumission au PS dont personne n'ignore à quel point l'appareil peut être méprisant et peu respectueux pour les autres formations qui ont pu lui apporter leurs forces. L'expérience de Marielle de Sarnez à Paris avec Delanoë a dû lui servir de leçon. Aujourd'hui de la même manière, l'appareil des verts, fort de son succés aux européennes, a une certaine tendance à l'arrogance et certains de ses membres sont d'un sectarisme effrayant au point que seuls au pouvoir, on pourrait craindre des dérives qui confinent effectivement au totalitarisme, bien loin de nos valeurs démocratiques. Mais M de Sarnez ne tend pas la main à l'appareil du PS ou des Verts, et moins encore du PCF, elle dit simplement à leurs militants et à ceux de leurs cadres qui l'ont invitée: voici quelles sont nos valeurs, voici quelles sont nos exigences pour la République et la société que nous voulons construire, il me semble que nous pouvons nous rejoindre là-dessus pour esquisser un projet de société commun à l'avenir. Il y a un sacré boulot sur la planche et il va bien falloir collaborer si nous voulons en venir à bout, se respecter et ne pas se traiter en ennemis irréductibles dans un premier tour, ce qui rendrait par la suite, tout accord de second tour totalement incompréhensible pour nos électeurs respectifs. Elle ne propose pas d'alliance politicienne mais ébauche, les bases d'un programme politique qui pourrait donner lieu à un accord de second tour avec les individus venus de ces horizons variés qui sont convaincus comme nous qu'on ne peut pas continuer à raisonner et fonctionner comme avec le PS de Mitterand et le RPR de Chirac et veulent pouvoir faire évoluer le pays pour le remettre sur de bons rails. Nous savons tous, ici, ce que le MoDem veut construire comme société, mais comme notre discours est peu, mal ou pas relié dans les médias, pour la plupart des gens de gauche réunis par Peillon et Rebsamen, c'est une découverte. Jusqu'à présent, le MoDem et F. Bayrou étaient encore des gens de droite (quand on se dit au centre, ça veut dire qu'on est à droite), soutenant une politique et des valeurs de droite ultra-libérales, qui ne s'opposent à Sarkozy que pour des raisons d'ambitions présidentielles. Désormais, certains ont entendu que le MoDem n'est pas l'UDF, que la situation de la France de l'Europe, du monde et de la planète, n'est pas celle de 1974 et que nous l'avons pris en compte et avons formulé une vision de la société qui ne se reconnaît ni dans le pouvoir ultra-personnel au service des puissants et des financiers de notre président et de sa majorité aux ordres, ni dans une organisation collectiviste et bureaucratique de la société qui briserait la libre entreprise et finirait par appauvrir le pays. (En écrivant cela, je sais que je caricature car je n'ignore pas à quel point une certaine gauche a largement contribué au virage ultra libéral du pays, et donc je ne crois pas vraiment que Martine Aubry ou Ségolène vont introduire les kolkozes en France, ou renationaliser toutes les entreprises). Bref ce week end a permis à certaines caricatures du MoDem de tomber et c'est formidable. Pour l'instant, les Verts nous méprisent ou préfèrent jouer seuls le bras de fer avec le PS pour obtenir plus de concessions (malgré les conseils de CBD qui a l'expérience de la fragilité du succès des verts en Allemagne), le PS nous craint et nous agaçon le PRG. Nous sommes une force importante mais pas suffisamment développée et installée pour gagner une seule région sans l'appui des autres partis démocratiques. Par contre nous pouvons faire perdre des régions à droite comme à gauche. Pour des raisons personnelles, de besoin de briser, l'UMP et ses petits caporaux ont tout mis en oeuvre pour briser F. Bayrou et empêcher l'émergence de cette troisième voix indépendante, il n'est pas envisageable dans le contexte actuel de faire le moindre accord d'appareil avec eux même si de la même manière, parmi eux, beaucoup sont bien plus proches de nous que des valeurs de leur chef. Le premier tour, permettra d'établir un rapport de force, c'est pourquoi il sera important pour pouvoir peser au second tour dans des listes communes et avoir enfin, un réseau d'élus locaux plus importants qui relaieront nos idées sur le terrain et si notre score approche enfin le potentiel de F. Bayrou, alors nous pourrions rêver d'avoir une région peut-être en collaboration avec les verts et le PS... La stratégie d'une partie importante de l'appareil PS veut d'abord faire revenir au bercail les gens du front de gauche qui ne veulent pas se compromettre avec un centre même gauche. La réussite du parti allemand die Lincke le week end dernier, les conforte dans l'idée que l'avenir désormais est à gauche, que progressivement toutes les sociétés européennes vont se gauchir après s'être trop libéralisées. Je pense que c'est un mirage et que l'histoire de l'Allemagne réunifiée n'a rien en commun avec l'histoire de la France, mais ... Les radicaux dit de gauche comme Baylet n'ont aucun intérêt à voir émerger une nouvelle force politique dans l'alliance avec le PS car ils représentent moins des valeurs et une vision politiques, qu'une caricature de clientélisme, une forme de féodalité qui leur confère un pouvoir local exagéré et incontesté depuis plusieurs générations. Ils tiennent boutique et n'ont nulle envie d'en céder le bail à des démocrates. Ils ne font pas de la politique pour changer les choses mais pour le pouvoir qu'elle leur confère et ils ne sont pas partageurs. L'équipe d'Europe Ecologie, moins ankilosée dans des vieux réflexes d'appareil, pourrait être plus ouverte pour des alliances justes et respectueuses sur des valeurs, sauf que jusqu'à présent leur histoire n'a pas donné l'exemple de la tolérance et de l'ouverture si j'en juge par les exclusions et les anathèmes que j'ai pu lire par certains de leurs militants. Bref, on est loin d'en être au temps des alliances. Par contre, il est temps que le MoDem soit entendu et jugé sur ce qu'il dit et propose et non sur des préjugés ou des relais médiatiques caricaturaux ou biaisés par les électeurs de tous ces partis qui ne sont pas ancrés dans une vision idéologique définitive et fermée mais espère une société juste, écologiquement sobre, avec du travail et des ressources pour tous, entreprenante et aussi pratique et facile que possible. Bref il me semble qu'il n'y a rien à redire au texte de M de Sarnez et toutes les raison au contraire de s'en féliciter. Enfin une image positive du MoDem dans les médias, ça n'est pas si fréquent.
Le discours de Marielle de Sarnez
Posté par : serginho | 27 août 2009 21:15J'ai lu le discours de Marielle et franchement je n'ai rien à redire. Le rappel sur les propositions du modem sur la retraite par points par exemple, c'est une très bonne idée. Cela permettrait de mettre fin à toutes ces injustices liées au fait qu'il existe une quantité invraisemblable de régimes de retraite différents. Sur cette question des retraites d'ailleurs le premier à alerter l'opinion fut un socialiste, un certain Michel Rocard avec son livre blanc. Cela dit, sur cette question des alliances...Petit rappel historique d'abord, dans les années 60, Jean Lecanuet s'alliait avec la sfio contre les gaullistes. A partir du moment ou nous opposons à la politique actuelle, il est normal que nous cherchions des alliés parmi les autres opposants. A partir de la, avec qui s'allier et pour quoi faire ? car il ne suffit pas de dire non bien entendu, il faut s'entendre sur un projet. Les communistes ne veulent pas s'allier avec nous, ça tombe bien nous non plus. En fait il faudrait que le PS se divise entre ceux qui sont sociaux-démocrates, européens, disposés à discuter avec nous, et les autres. Il me semble que lorsque Marielle plaide pour une recomposition politique, c'est ce qu'elle dit. Il faut être réaliste, il y a une partie de la gauche avec laquelle nous ne nous entendrons jamais, si nous voulons rester ce que nous sommes en tout cas, et puis il y a ceux avec lesquelles nous pouvons travailler. Je ne serais pas à la Grande Motte mais je souhaite que ces questions soient abordés sérieusement, il faut que nous soyons clair sur cette question des alliances.
L'avenir se prépare au présent
Posté par : cyrilled | 27 août 2009 08:18Le week-end dernier, Marielle de Sarnez a fait franchir une nouvelle étape au MoDem. Si elle a pu surprendre l'opinion, elle a sans doute entraîné dans son sillage bon nombre de militants de notre mouvement. En effet, sa présence aux journées de réflexion « Espoir à Gauche », le club de réflexion de Vincent Peillon, a fait tomber les derniers remparts de la vieille UDF qui étouffaient le Mouvement Démocrate. C'est ainsi qu'entourée de l'ex-gauche plurielle PS-PC-Verts, elle a appelé à un rassemblement des forces progressistes afin de faire barrage à Nicolas Sarkozy. Le monde change. La vie politique française doit changer aussi. Les lignes doivent bouger. Nous ne pouvons plus rester immobiles, figés dans nos certitudes respectives, et revendiquer pour lavenir des stratégies du passé. Qui ne voit pas le terrible déficit de pensée qui menace la vie publique en France, comme en Europe ? Au fond, il y a deux attitudes possibles qui se dessinent dès maintenant : choisir que rien ne change, ou bien accepter le changement, le changement des autres, et le changement pour soi-même. Pour ma part, je choisis le changement. Parce qu'à des temps nouveaux, doivent correspondre à des comportements nouveaux. Parce que la France que l'on nous propose n'est pas celle que nous voulons. La France liberticide de Sarkozy, tenant d'une droite dure qui puise son inspiration dans les méthode des trois B : Bush, Blair, Berlusconi. Il poursuit sa stratégie de tension entre les Français. Il rassemble, après avoir siphonné les voix du FN, l'extrême chasse et la droite villiériste pour renforcer les exclusions, les discriminations et rendre vainqueur l'apartheid social. Changer la société, avec les citoyens. Si cette volonté de changement est louable, elle ne suffit toutefois pas à définir une base programmatique suffisamment forte pour être crédible aux yeux des Français et partant, des Auvergnats. Ce qu'ils attendent, c'est un message audible pour les Régionales (et les Cantonales) qui portera sur leur vie quotidienne. Sur notre capacité à leur proposer une politique viable des propositions déclinables et réalistes sur les transports, l'agriculture, l'environnement, l'aménagement du territoire, l'éducation,etc. De plus, les scrutins se suivent et se ressemblent. Ils délivrent tous le même constat : l'abstention progresse parce que le peuple ne se sent plus écouté ! Notre rôle est de rendre la parole aux citoyens et à la société civile. Nous ne pourrons le faire qu'en ouvrant nos listes aux femmes et aux hommes désireux de nous rejoindre lors des futures échéances. C'est notre raison d'être avant d'envisager toute alliance. Si nous ne réussissons pas ce tour de force, nous ne pèserons plus auprès de nos partenaires certes. Mais surtout nous perdrons l'identité même qui fait notre parti : affirmer que la politique est avant tout affaire de citoyens. Faire vivre et défendre nos valeurs. Alors, nous n'avons pas le choix. Il faut faire vivre ces valeurs et nos idées en présentant des listes autonomes démocrates et ouvertes dès le premier tour des élections régionales. Mais nous ne pourrons les mettre en oeuvre et les défendre qu'avec des élus. Combien en aurons nous ? Si nous voulons être complètement autonomes, il nous faudra faire 10 % au premier tour pour nous maintenir au second. Au second il faudra faire au moins 5 % des exprimés pour obtenir au plus ou au mieux 1 ou 2 élus. Ce qui veut dire que dans une assemblée à près de 40 membres, nous serons inaudibles. L'union fait la force. Autonomes au premier tour, il faudra fusionner au deuxième. Nous pèserons davantage avec ce schéma sur nos partenaires. Mais nous n'entrerons dans une majorité de « progressistes » qu'avec une plateforme programmatique commune. Si nous voulons un mouvement fort, avec des moyens humains et financiers, si nous voulons mailler le territoire pour 2012, il en faudra tout autant. A fortiori si nous voulons changer notre pays. Demain comme aujourd'hui, nous ne pouvons pas laisser notre pays et nos Régions regarder fondre notre cohésion sociale et notre pacte républicain. Oui, Marielle a raison. Ce qui nous unit est plus fort que ce qui peut nous diviser. Ce que nous avons à construire ensemble est plus grand que ce que nous sommes. Ce sera un combat difficile mais exigeant. Nous sommes différents. Mais nous pouvons construire ensemble l'espoir en actes en s'ouvrant à dautres. C'est le rôle de la politique. C'est la raison d'être du MoDem. La profondeur de la crise écologique et sociale que nous traversons est telle que nous ne pouvons rater ce rendez-vous avec lhistoire. À nous dêtre à la hauteur de cette lourde, mais exaltante responsabilité.
La concorde
Posté par : Canard_Orange | 26 août 2009 19:53Merci Marielle pour l'expression de notre souhait le plus profond: la concorde. C'est-à-dire la réunion de toutes les volontés et tous les coeurs pour converger vers la paix, donc l'humanisme. Pourquoi ne pas utiliser ce mot ''concorde'' dans la dénomination du mouvement naissant à Marseille ? Dans la recherche d'un titre plus précis, il faudra bien sûr positionner ce mot par rapport aux autres mots associés afin d'éviter les quolibets. Je crois que cela donnerait du panache pour notre mouvement. Je rejoins marie53 pour dire qu'il faut appuyer une telle construction sur la base d'un programme convergeant avec des bâtisseurs de tous bords. Il faut maintenant évacuer les bricolages d'appareils. (le système ancien des alliances, ou l'électeur est considéré comme une marchandise)