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20 mai 2011

"Encourageons une France compétitive, dynamique et créatrice d'emploi!"

Robert Rochefort, Jean-Jacques Jégou, Stéphane Cossé et la commission économie du Mouvement Démocrate se sont rendus aux alentours de Besançon à la rencontre d'entreprises ayant maintenues leur activité voire l'ayant réimplantée.

"Pour le Mouvement démocrate, le fait de produire en France, réindustrialiser le pays, empêcher les délocalisations, voire favoriser la relocalisation, c’est un thème d’avenir. Pour nous, c’est essentiel. C’est un des thèmes majeurs qu’il faudra développer pour l’élection présidentielle de 2012.

Nous avons auditionné un certain nombre d’experts et nous avons voulu aller sur le terrain. C’est pour cela que nous sommes allés dans la région de Besançon et de Montbéliard, une région où il y a un certain nombre d’industriels qui ont pris ce sujet au sérieux et qui, soit continuent à produire, soit ont recommencé à produire.

Cristel, c’est le haut de gamme de la casserole, et c’est une entreprise très ancienne, française, qui a connu beaucoup de difficultés, qui est issue d’une marque ancienne qui s’appelait Japy, mais qui a disparue maintenant. Alors pourquoi arrive-t-on à fabriquer du haut de gamme de la casserole en France ? Tout simplement parce que le haut de gamme se vend cher et, en se vendant au prix que le consommateur va accepter, on va pouvoir payer des ouvriers, des ingénieurs, des concepteurs, des dessinateurs, des gens qui inventent tous les ans des dizaines de modèles de casseroles, adaptés à des consommateurs qui ont envie de se faire plaisir, qui acceptent de payer le prix. Evidemment, c’est du haut de gamme mais ça marche et ça s’exporte.

Il y a une deuxième entreprise, très originale, qui s’appelle Péquignier. C'est une entreprise d’horlogerie, qui, elle, réimplante en France le fait de fabriquer des montres. La France, et cette région de Besançon, est l’endroit où est né le savoir-faire horloger mais il avait disparu. Au cours des trente dernières années, tout avait complètement disparu en faveur de la Suisse, bien que pourtant en France nous ayons le savoir-faire puisque c’est ici que se trouvent les écoles où on forme les meilleurs horlogers qui vont ensuite travailler en Suisse. Cette entreprise a décidé de refaire un mouvement, c’est-à-dire créer un mouvement, créer ce qui est à l’intérieur d’une montre ces engrenages, qui sont extrêmement miniaturisés.

Nous allons voir une troisième entreprise, qui est différente et complémentaire des deux premières. C’est l’entreprise Simonin, du nom de son fondateur. Il s'agit d'une entreprise qui fabrique du lamellé-collé. Ce sont des structures en bois, qui ne sont pas des poutres uniques mais qui sont des lames de bois. Elles sont collées les unes aux autres et par la force de la colle et de la façon dont le bois est taillé, on refabrique quelque chose qui a une puissance mécanique absolument considérable. Cela a une portée également qui est très grande, bien plus forte que la portée d’un tronc d’arbre.

Cette entreprise fabrique en France alors que les leaders du lamellé-collé sont plus proches de l’Allemagne et des pays d’Europe du Nord qui ont du bois à leur disposition et qui arrivent à produire en grande quantité ce lamellé-collé. L’entreprise Simonin, elle, fait quelque chose de très particulier : elle fait ce lamellé-collé sur mesure. C’est-à-dire que lorsqu’il faut des poutres en lamellé-collé un peu courbées, adaptées à une construction particulières, cette entreprise arrive à le faire de façon compétitive. Ils fabriquent par exemple des aéroports en Afrique. Et ainsi, elle vend en France mais aussi à l’export, avec des ouvriers, avec des gens dans des scieries qui sont sur le territoire français.

C’est intéressant parce qu’on voit bien qu’avec ces trois entreprises, pour pouvoir fabriquer en France et être compétitif sur le plan économique. Il faut évidemment être très bon, avoir des gens motivés dans les équipes, bien payer les salariés, mais il faut aussi chercher une façon de vendre, soit sur des marchés de niche qui consistent en des produits haut de gamme, soit sur des marchés de niche qui consistent en des produits fabriqués sur mesure, adaptés à des besoins spécifiques. Donc produire en France est tout à fait possible à condition d’être innovant, de savoir en permanence créer des choses nouvelles mais aussi de trouver l’intelligence de créneaux d’activité.

On ne fabrique pas du standard le moins cher possible, on fabrique quelque chose qui est adapté à des clientèles spécifiques. Alors ça fait des entreprises de taille moyenne, plutôt que de très grosses entreprises ; cinquante salariés ici, quatre-vingt-dix salariés ici, cent cinquante salariés ailleurs, mais qui peuvent être en croissance, qui peuvent arriver à deux cents salariés voire plus. Mais il ne faut jamais oublier que, quand on arrive à cent cinquante salariés de production, qu’on arrive à réimplanter quelque part, c’est autant de salariés dans les services à côté, dans les services publics qui font vivre cela, dans la maintenance des machines. C’est toute une dynamique économique qui se recrée. Et quand on fait ça dans cinquante, cent, mille, dix mille exemples, dans tous les territoires, on a la possibilité effectivement de relever le défi. On peut ne pas accepter une France qui perde ses savoir-faire, qui se désindustrialise, qui n’ait plus aucune usine et qui doive tout acheter à l’extérieur. Au contraire, on encourage une France qui, petit à petit, est capable de reconquérir des possibilités, de fabriquer et d’exporter, le tout d’une façon compétitive, dynamique et créatrice d’emploi !"


Les derniers commentaires ... Tous les commentaires

Une croissance Dr Jekyll & une croissance Mr Hyde

Posté par : cocobeloeil | 26 mai 2011 12:54

Réindustrialiser, relocaliser afin que la VA (valeur ajoutée) soit à nouveau le fruit de la production de biens et de services, de la création, qui participe fortement à la croissance et non pas issue principalement de la spéculation financière des marchés boursiers internationaux.

Selon moi, il conviendrait désormais de distinguer ces 2 modes de croissance, le premier (fruit de la production) profitant à tous les contribuables-consommateurs-assistés que nous sommes, et le second (traders, banquiers spéculateurs, gros actionnaires) ne profitant qu'aux usagers des marchés financiers au détriment de tous ceux qui n'y ont pas accès, c'est-à-dire, au détriment des classes moyennes et pauvres de la population mondiale et au détriment de la création d'emplois. Donc, distinguer la croissance de production de la croissance strictement financière, qui n'ont pas le même effet sur le sort des habitants de la planète.

C'est d'ailleurs ce distinguo que les populations dites de 'gauche', que les classes populaires qui se tournent vers l'extrême-droite et l'extrême gauche ne parviennent pas à conceptualiser (davantage encore s'ils appartiennent à la fonction publique ou aux milieux associatifs). Ils ne se posent pas la question de savoir quel est le cycle de circulation et de 'production' de l'argent, donc de richesse. Il serait bon de faire oeuvre de pédagogie et d'expliquer -si possible, simplement- certains mécanismes économiques.

C'est d'ailleurs aussi la raison principale pour laquelle la plupart des responsables politiques de gauche n'hésitent pas à promettre des réformes sociales très coûteuses, qu'ils ne pourront soutenir s'ils accèdent au pouvoir, le montant de la dette risquant alors de leur "exploser dans les mains". Si elle n'explose pas avant... Quant-à ceux, qui sont légions, et qui prétendent que la dette ne sera jamais remboursée donc que l'on peut continuer à dépenser sans limite, je les invite à considérer ce qui se passe en Grèce, en Irlande, au Portugal, en Espagne afin que nous ne connaissions pas le même sort. Je distingue donc deux faces à cette croissance; l'une bénéfique à tous, l'autre bénéfique uniquement aux financiers spéculateurs, qui à terme, voueraient la population mondiale à la famine.


La France créatrice d'emplois ?

Posté par : harpe | 25 mai 2011 11:51

Bien sûr que les entreprises françaises de type PME ont des salariés de grande compétence. Alors question : devant l'ampleur de la nécessité du développement durable qui s'ouvre devant nous, devant l'ampleur des dérives d'importations de produits alimentaires qui respectent peu notre santé, devant l'ampleur des dérives agricoles industrielles, devant la manifeste prise de conscience des citoyens, le monde de l'entreprise à taille humaine, le monde agricole respectueux du respect de la terre, qui sait parfaitement gérer les problèmes de sécheresse, pourraient-ils enfin prendre eux-mêmes les choses en mains, sans attendre que les dirigeants ou hypothétiques concours financiers plus enclins à protéger leurs bonis boursiers viennent axer la nouvelle politique ?
Si, en plus, les dirigeants politiques ont eux aussi compris, alors la France sera sauvée, l'Europe et les peuples du Monde aussi.
Jany Harpe - écrivain.


Une France compétitive et créatrice d'emplois

Posté par : ellica02 | 23 mai 2011 18:13

Robert Rochefort nous montre des exemples stimulants de ce que les Français savent faire. Notre philosophie au MoDem est différente de celle de Nicolas Sarkozy. Là où il compte sur les fleurons de l'industrie française (le nucléaire, Alstom), nous privilégions une approche qui s'appuie sur les PME. Et puis, les quelques enseignements que j'ai retirés de ma vie au Vietnam incitent moins à se relocaliser qu'à se mettre en compétition avec les produits chinois sur leurs segments faibles du marché : tous les jours, on éprouve la moindre qualité, la moindre durabilité d'un nombre croissant d'usage quotidien.
1° La confection : les Vietnamiens sont très créatifs, mais leurs textiles sont de très mauvaise qualité. Si l'on achète un sous-vêtement de marque internationale fabriqué dans le pays, on découvre vite que les points faibles (agrafes, fil, fermeture éclair..) amènent à une détérioration rapide du produit. Si l'on recherche la qualité, elle se paie aussi cher qu'en France.
2° En bord de mer, l'éclairage public tente l'expérience de mini éoliennes importées de Chine. Les pannes sont fréquentes. La Chine ne possède pas encore un niveau technique suffisant. Même avec un coût plus élevé à l'achat, ce genre de matériels s'avérerait plus rentable.
3° Lors d'une conversation avec un ingénieur de Hong Kong, celui-ci avisant ma montre interrompit brusquement la conversation : "Vous l'avez achetée en France ?" Une finition, une qualité des matériaux, une tradition de savoir-faire s'attache aux produits made in France (in Italy, in Schwizerland) qui attire une clientèle asiatique pas forcément fortunée.
4° Les produits bretons se trouvent dans tous les supermarchés et mini-marchés des grandes villes du Vietnam sous l'AOC : le paysan breton : lait, beurre, pâtés, crêpes, à côté des confitures allemandes. Pourquoi pas le cidre normand, le gâteau basque, les pruneaux d'Agen, la crème de marrons et les confitures ardéchoises, les saucisses de Toulouse et j'en passe? Il serait peut-être intéressant d'ouvrir nos terroirs sur le monde et de réfléchir à des aides et des structures à l'exportation.


Oui, c'est possible

Posté par : Canard_Orange | 23 mai 2011 10:33

C'est une question de volonté.

Oui, c'est possible de vendre cher en haut de gamme, plutôt que d'user notre énergie pour être les moins disants sur des marchés à spéculation.

Oui notre industrie pourra renaître quand la culture des milieux financiers français daigneront y trouver une voie. Surtout quand l'homme d'Etat qui viendra en 2012 saura redonner l'espoir à tous les Français.

Oui, nous pouvons renouer avec une balance commerciale excédentaire en portant tous les efforts d'accompagnement des pouvoirs publics vers l'exportation.

En 1978, lors d'une exposition internationale de machines outils, un attaché commercial de l'ambassade de France à Chicago me disait : "notre industrie baisse en France car les banques y restent à l'image de nos maisons entourées d'une clôture. Les Français ne sont pas joueurs du tout, et ne veulent pas toucher au bas de laine."
Les banques françaises ne prêtent qu'à coup sûr, avec attente de retour d'investissement d'un an ou deux.
En difficulté complémentaire, trouver le fond de roulement quand l'entrepreneur a un début de succès, le conduit à devenir dépossédé et parfois débarqué.
Par comparaison aux Etats-Unis, une banque peut jouer le démarrage d'une affaire sur un homme, un projet, un produit, et l'accompagner jusque sur 5 ans.
Même s'il trébuche, le porteur de projet sera aidé. Mais en revanche dans le cas d'une incapacité chronique à se relever, il ne pourra plus solliciter de banque américaine.

Donc, équipons nos antennes commerciales d'ambassades, formons nos jeunes à voyager pendant les études, attribuons des prêts à moyen terme aux porteurs de projets contrôlés fiables par des pairs, installons un fonds de garantie et de régulation pour la trésorerie des PME-PMI, faisons la promotion de la qualité ''France''.

Et surtout, que l'inquisition de l'état ou celle de la finance sauvage ne soient pas les premiers fils conducteurs de la renaissance de la rentablité industrielle.

Un vendeur bien formé sera capable de vendre cher. Pour vendre moins cher, beaucoup de monde peut le faire.

Merci Robert Rochefort d'inventer le politi-reportage, vous allez remettre la balle au centre, et nous souhaitons que la France soit bientôt au centre.


La valeur ajoutée du sur-mesure

Posté par : citizenet | 22 mai 2011 11:25

Quelqu’un que nous connaissons bien a dit : « si nous pensons tous la même chose, nous ne pensons plus rien ». On pourrait ajouter suite à cette visite de PME innovantes : si nous produisons tous la même chose, nous ne produisons plus rien !

Après des années de surconsommation de produits standard de mauvaise qualité pour la plupart importés de Chine ou de Taiwan, dont l’obsolescence programmée et le remplacement à court terme représente en somme plus un surcoût qu’une économie dans le budget des ménages, il est grand temps que nos entreprises recommencent à concevoir, produire localement et vendre surtout à l’exportation, en prenant exemple sur ces Sociétés à taille humaine de Franche-Comté qui fabriquent du haut de gamme, mais pas seulement, et du sur-mesure adapté à des budgets et des besoins plus qualitatifs que quantitatifs.

Il en est de même pour notre petit monde politique, qui à force de créer des lois et des mesures inapplicables pour l’essentiel, souvent inadaptées à la « demande » des citoyens, ferait bien d’innover en déléguant davantage aux régions la création de solutions sur-mesures adaptées aux contraintes locales, en s’inspirant de ce qui dès aujourd’hui se fait de mieux au niveau intercommunal, au lieu de continuer à nous pondre des « standards » technocratiques obtus, en traitant les gens comme un cheptel de bœufs à qui on promet du fourrage…



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