Adhérez!
Pour adhérer au Mouvement Démocrate !
Se connecter
Google+ François Bayrou RSS Facebook Twitter FlickR Dailymotion
16 février 2011

dépendance: "concilions solidarité, efficacité économique et équité intergénérationnelle", prône jean-jacques jégou

Jean-Jacques Jégou

Jean-Jacques Jégou, sénateur MoDem du Val-de-Marne et spécialiste des finances sociales, est intervenu sur la question du financement de la dépendance, mercredi 16 février, au Sénat.

Vice-président de la mission sénatoriale d'information sur la prise en charge de la dépendance et la création d'un cinquième risque, il a estimé que si le "le débat sur la prise en charge de la dépendance ne se réduit pas, bien sûr et heureusement, à ses considérations financières, elles constituent néanmoins un des paramètres incontournables du problème à résoudre", compte tenu du défi financier que représente le vieillissement de la population.

"Monsieur le Présidente, Madame la Ministre, Mes chers collègues,

Les nombreux textes que nous avons eu à examiner cet automne dans le domaine social – projet de loi organique relatif à la gestion de la dette sociale, projet de loi portant réforme des retraites, projet de loi de financement de la sécurité sociale et projet de loi de finances – ont souligné, avec acuité, les difficultés de financement auxquelles notre régime de sécurité sociale est aujourd’hui confronté.

Or, comme j’ai eu l’occasion de le souligner, les mesures qui ont été prises à cette occasion étaient certes nécessaires, mais sont loin de solder le passé et de sécuriser l’avenir. Ceci d’autant plus que notre système de sécurité sociale doit faire face à un autre défi, objet de notre débat aujourd’hui : le vieillissement de la population. Cette évolution démographique emportera en effet des conséquences fortes en termes de dépenses de santé, de dépenses de retraites et de dépenses liées à la prise en charge de la dépendance.

L’effort public lié à la prise en charge de la perte d’autonomie est aujourd’hui déjà conséquent : plus de 20 milliards d’euros par an. Des progrès importants ont été réalisés qu’il s’agisse de la mise en place de l’Allocation personnalisée d’autonomie (Apa) ou des plans pluriannuels (le plan 'Vieillissement et solidarités' ou le plan 'Solidarité Grand Age') qui ont permis une amélioration, tant qualitative que quantitative, de l’offre de soins et d’hébergement.

Néanmoins, beaucoup reste à faire ; je pense particulièrement au reste à charge des familles qui demeure, dans de nombreux cas, très élevé.

Le défi qui se pose aujourd’hui s’agissant de la prise en charge des personnes âgées dépendantes, relève cependant quelque peu – pardonnez-moi l’expression – de la 'quadrature du cercle' : comment continuer à garantir à nos concitoyens une base solide de prestations financées par la solidarité nationale dans un contexte budgétaire aussi contraint qu’aujourd’hui, marqué par ailleurs par la compétition accrue entre économies qui empêche d’augmenter les cotisations sociales qui pèsent sur le travail ?

La mission sénatoriale d’information privilégie un financement mixte public-privé de la prise en charge de la dépendance. Cela me paraît, en effet, la voie la plus raisonnable compte tenu de la situation de nos finances publiques. Par ailleurs, comme le souligne notre collègue Alain Vasselle, rapporteur de la mission, les différents risques couverts par les actuelles branches de sécurité sociale donnent déjà aujourd’hui lieu à des financements complémentaires. Il conviendra néanmoins de prévoir une aide pour l’assurance des personnes aux revenus modestes.

La mission sénatoriale d’information apporte d’autres pistes de réflexion : mise en place d’un gage sur patrimoine pour l’Apa à domicile ; création d’une seconde journée de solidarité…

Compte tenu de l’ampleur des dépenses actuelles – sans parler de celles à venir – et de la dégradation des comptes sociaux, compte tenu également de l’effet 'différé' de certaines réformes proposées – la mise en place d’une assurance n’aura des effets qu’à moyen terme –, des recettes nouvelles devront être affectées à la prise en charge de la perte d’autonomie.

Cependant, la charge de cet effort ne saurait, à mon avis, peser sur les seules générations actuelles d’actifs. Au moment où la réforme des retraites a principalement fait supporter l’effort sur les actifs, il convient – j’ai déjà eu l’occasion de le dire – d’engager une réflexion sur l’augmentation de l’effort contributif des retraités aux dépenses liées au de vieillissement de la Nation.

En effet, le niveau de vie moyen de ces derniers s’est considérablement amélioré depuis les années 1970. Si l’on prend en compte les revenus du patrimoine, les placements financiers et immobiliers et les loyers non versés par les retraités propriétaires, leur niveau de vie moyen apparaît même comme légèrement supérieur à celui des actifs.

Dans cette perspective, certains avantages fiscaux dont ils bénéficient pourraient être aujourd’hui révisés, notamment le taux réduit de CSG sur les pensions.

J’avais déposé un amendement en ce sens dans le cadre du projet de loi de financement pour 2011 qui préservait les 'petites pensions' : je proposais que le taux de la CSG ne soit relevé que pour les personnes imposées au taux de 6,6 pour cent. Les personnes exonérées de CSG sur leurs pensions, ou bénéficiant du taux réduit de 3,8 pour cent, n’étaient pas concernées. Cette mesure aurait conduit à un surcroît de recettes de près de 1,7 milliard d’euros.

Cette piste ne pourra pas, je pense, être écartée, car il me semble particulièrement légitime de demander un effort à toute la population, à l’heure où le Parlement vient d’accepter non seulement d’utiliser de manière anticipée le Fonds de réserve des retraites (FRR), mais aussi de prolonger de quatre années la durée de vie de la Caisse d’amortissement de la dette sociale ; à l’heure où le Parlement vient donc de reporter sur les générations futures une charge qu’il souhaitait encore pleinement assumer il y a 5 ans.

La sécurisation des recettes de notre système de sécurité sociale représente un enjeu majeur qui doit être concilié avec les impératifs de compétitivité économique de notre pays, mais aussi avec un impératif d’équité, notamment dans le cas présent d’équité intergénérationnelle. Celle-ci conditionne en partie l’acceptation du système.

Le débat sur la prise en charge de la dépendance ne se réduit pas, bien sûr et heureusement, à ces considérations financières ; elles constituent néanmoins un des paramètres incontournables du problème à résoudre. Si le calendrier annoncé par le Gouvernement n’est pas modifié, c’est d’ailleurs par des mesures d’ordre financier que le débat parlementaire débutera, dans le cadre de l’examen des projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale pour 2012.

Bien sûr, le débat reste ouvert et toutes les pistes de réforme doivent être étudiées. Néanmoins, des choix importants devront être rapidement tranchés.Compte tenu de la proximité d'une élection majeure, je crains que l'on ne puisse beaucoup avancer avant 2012..."


Les derniers commentaires ... Tous les commentaires

Financement à revoir

Posté par : SILOU | 8 juillet 2011 10:41

C'est vrai, il faut agir car c'est pour des personnes désarmées bien plus que les gens atteints par le chômage qui ont une capacité à réagir et pour lesquels le problème a été traité.
Mais pourquoi vouloir créer une branche privée alors que nous avons déja des organismes qui gèrent le social ? Avec quelques gains de productivité il est possible que nous ayons déja les moyens de gérer cela. Mettre des entreprises privées dont le but est de faire du profit dans le coup, c'est aussi générer un manque à redistibuer.
Ensuite il faut bien parler des successions. Le fait de récupérer sur les successions constitue, à mon avis une procédure vertueuse car elle encourage la solidarité interfamiliale. Au moment où l'on parle de faire un peu travailler les bénéficiaires du RSA, ne pourrait-on pas demander au 3ème age de faire un peu pour le 4ème age plutôt que de ponctionner leur retraite ?
A quoi serait bon de garder une personne agée chez soi ou à la soutenir chez elle ? stupide car si le financement est prévu, donc on place. L'état s'occupe de la personne et les héritiers des biens.


@ rolandp : clairement et simplement !

Posté par : citizenet | 28 février 2011 20:10

Sans entrer dans des comptes d'apothicaires dont les élus se servent souvent pour « noyer le poisson », il y a effectivement quelques principes simples et clairs que vous préconisez ainsi que yg92 : une CSG progressive quel que soit le statut d'actif ou de retraité, qui soit totalement « déconnectée » de la fiscalité, car pourquoi imposer une charge, de la même façon qu'il est évident que la notion de frais professionnels (sauf frais réels déductibles en cas d'activité partielle justifiée par un manque de ressources) disparait à l'age de la retraite.Quant à la régulation des coûts prohibitifs des prestations dépendance dores et déjà sujets à abus inadmissibles, j'ai également mentionné dans mon commentaire précédent que plus en les réduira dans des limites qui ne compromettent pas, bien entendu, la vie des entreprises et organisations dont c'est l'objet « social », moins sera élevé le montant de la provision à constituer pour pallier ce risque majeur.


Taux de CSG

Posté par : rolandp | 27 février 2011 13:34

Permettez moi de m'interroger sur cette proposition de relèvement des taux.Un cas concret de chiffres de la CNAV au 01/01/2011

Avantage de base ( avantage!! Quel humour!) : 1095.86 Euros
CSG Imposable : 28.92 Euros
CSG non Imposable : 50.62 Euros

Soit plus de 7 pour cent Retenus chaque mois. Quel est donc l'objet de votre amendement? Rendre toute la csg Imposable?

Ce qui me semblerait plus réaliste serait de diminuer l'abattement pour frais professionnels de 10 pour cent qui eux sont sans objet pour un retraité.( et peut-être pas plus justifiés pour un salarié....)

Ne disons nous pas au Modem qu'il faut faire les choses clairement et simplement?

Par ailleurs avant de parler de recettes une fois de plus, examinons les coûts et les conditions du vivre ensemble quelque soit l'age. Un écran tactile dans l'entrée d'une maison de retraite ou du Melon servit au mois de décembre font-ils partie des coûts a financer? Le coût mensuel est de plus de 3000 Euros par mois sans être dépendant. Combien de retraités ont ce montant de retraite (Complémentaires comprises) ?

La dépendance n'est pas le problème de fond, c'est le coût de l'hébergement qui lui même pose problème(plus de 90 Euros/Jour) Comment se fait-il que personne n'en parle?


Vers une CSG progressive (et non proportionnelle)

Posté par : yg92 | 25 février 2011 12:43

Oui, un financement ne pesant pas uniquement sur le travail des actifs doit être trouvé, et pas seulement pour la dépendance qui devrait relever des dépenses de santé.

Dans les pays ou les prélèvement des impôts à la source sont en vigueur, la déclaration d'impôt vise souvent non à déterminer le solde d'impôt à payer, mais à déterminer le montant du trop prélevé (lorsque les conditions de personnes à charge ou de période d'activité partielle.. le permettent).

On peut donc concevoir une CSG prélevée à des taux dépendant de la situation fiscale à l'impôt sur le revenu de l'année antérieure et une régularisation (remboursement ou solde à régler) avec l'impôt sur le revenu payable l'année suivante.

Comme suggéré dans le commentaire le plus ancien, un prélèvement sur l'ensemble des successions (et donations) est préférable à une assurance par capitalisation de cotisations qui serait rapidement ponctionnée par les financiers de tous poils. La récupération sur succession des bénéficiaires APA devrait se limiter à un ticket modérateur proportionnée non seulement aux dépenses de dépendance engagées mais aussi aux capacités contributives des dépendants (de leur succession). Un ticket modérateur de 15 pour cent avec franchise et plafond serait sans doute supportable.


Tarif privé croissant avec l'äge.

Posté par : Canard_Orange | 24 février 2011 19:36

Belle analyse professionnelle de la part de Citizenet dans un précédent billet.Boris Vian en 1964 avait déjà prévu que les vieux devaient être soit recyclés, soit achevés, dans son livre ''J'irai cracher sur vos tombes''. Une scène décrivait la maman qui va au marché aux vieux afin de trouver une personne propre pour amuser son petit.

Donc, en conciliant les différentes formules présentées par notre sénateur entre solidarité, économie, et prise charge des familles, nous sommes aujourd'hui à peu près sûrs d'achever nos vieux. Car la solidarité est complètement oubliée.C'est la raison pour laquelle certains petits possédants âgés se sont promis de consommer leur patrimoine avant leur mort. De peur de se le faire confisquer par l'état, par les organismes sociaux, ou parfois par leurs enfants, le reste des avantages procurés par une vie de travail.Faire de l'argent sur le dos des dépendants, ce serait un marché énorme qui entrerait en bourse.

La bourse ou la vie ! Nous retournons au moyen âge.



2012, état d'urgence

Sur Facebook

Le projet humaniste
contacts locaux
contacts locaux

Les sites récents

lesdemocrates.fr
e-Boutique du Mouvement Démocrate
Jeunes Démocrates