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25 octobre 2010

Affaire Woerth/Bettencourt : "Que cache la guerre des juges ?", s'interroge Nathalie Griesbeck

Nathalie Griesbeck

Que signifie le récent épisode de l'affaire Woerth-Bettencourt opposant violemment le procureur Courroye à la juge Isabelle Prévost-Desprez ? Peu importent ici les querelles de procédure, l'essentiel est ailleurs. La réalité est à la fois triste et simple : depuis le début, face aux curiosités dérangeantes de la juge, le pouvoir en place est décidé à faire, par procureur et procureur général interposés, flèche de tout bois. L'image de la Justice n'en sortira, certainement pas grandie !

L'un des moyens choisis est l'attaque en règle contre la juge grâce à une enquête préliminaire, tout en proposant - très tardivement - le dépaysement de l'affaire, comme le veut aujourd'hui le procureur général de Versailles. Enfumage ou écran de fumée ? Pour le pouvoir en place, en fait, le principal est de gagner du temps. À l'évidence, depuis le début de l'affaire, une telle instrumentalisation de la justice va à l'encontre de la sauvegarde de l'état de droit et du respect de la séparation des pouvoirs qu'exige pourtant comme un principe essentiel notre Constitution.


Aujourd’hui, devant un tel gâchis, que faire ? Tout simplement agir avec un bon sens et respecter la loi en cessant de violer celle, toute récente, par exemple, du 4 janvier 2010 garantissant le secret des sources des journalistes et en recréant, après tant de soubresauts, enfin les conditions d’une indispensable sérénité, comme l’avait déjà conseillé avec lucidité et courage le procureur général près la Cour de Cassation, Jean-Louis Nadal. En fonction du microclimat si extravagant qui règne au tribunal de Nanterre, voilà qui aurait dû être fait depuis des semaines, et même des mois, en confiant, au sein d’un autre tribunal et en un autre lieu, tous les aspects de l’affaire à un juge d’instruction indépendant. Rien n’est plus simple, banal et, au fond, presque ordinaire. Mais qu’est-ce qui fait que dans cette affaire au fond, si l’on y songe, presque banale, l’ordinaire semble nécessairement extra-ordinaire au point de devenir, aux yeux du pouvoir, proprement intolérable ?

Nathalie GRIESBECK
Membre du shadow cabinet du MoDem, responsable des libertés et de la Justice


Les derniers commentaires ... Tous les commentaires

Justice sur mesure

Posté par : Canard_Orange | 26 octobre 2010 20:06

Quelle délicatesse, Nathalie, de ne pas conclure votre article en disant que personne ne doit plus parler de l'affaire Woerth, mais de l'affaire Bettencourt, ceci étant dicté depuis le chateau.

Presque tous les ministres interrogés par les journalistes ont repris ces derniers en disant qu'il fallait ne pas nommer (ou plutôt il fallait faire gommer) le nom de Woerth, au profit de l'affaire Bettencourt dans les lignes de leurs canards.
Quel meilleur moyen de diversion pour faire oublier les biftons versés dans une campagne présidentielle à géométrie variable pour la réception de dons.
Le premier sinistre du chateau s'est mis en marche à pas de Guéant.
J'aime la ''delicat touch'' de Natahalie, qui fait poser des questions aux interréssés jusqu'à ce que la vérité leur arrache l'assurance tous risques.


LA JUGE DOIT VEILLER SUR SON ORDINATEUR..

Posté par : MANDRIN | 26 octobre 2010 18:50

Eva JOLY a expliqué depuis longtemps comment avec deux pouvoirs successifs… ce que furent les affres d’un magistrat faisant tout simplement son travail (comme l’immense majorité des juges) à condition que le parquet n’ai pas de crise d’urticaire...C’est incroyable dans cette affaire « banale » comme les ordinateurs intéressent tant de gens… On notera que Le Monde et le Point n’ont vraiment pas de chance, heureusement rien n’est signalé au FIGARO ou à EUROPE 1 comme quoi la docilité est payante.. n’est-il pas vrai !madame le Juge Prévost-Deprez doit recevoir le soutien de ses pairs et de nous tous de manière tenace et argumentée, ce qui se passe participe à une aliénation programmée des règles de droit c'est tragique pour notre paysRéagissons aussi en lien et en appuis avec la justice Européenne qui s’interroge à juste titre sur les dérives d’un pouvoir qui perd la boussole !!


justice

Posté par : stavangers | 26 octobre 2010 12:05

c'est la justice du fric !!
avec le fric vous achetez tout le monde dans ce pays !!
je conseil à mme Bettencourt un versement au modem (lol)


guerre des juges

Posté par : gilco | 26 octobre 2010 09:22

ce qui se cache : tout simplement la main mise du pouvoir sur cette justice et "ces affaires" mauséabondes.......


affaire Bettencourt

Posté par : daniel54 | 26 octobre 2010 08:55

Les propos tenus par Nathalie sont très proches de ceux tenus d'Eva Joly.
J'aurais souhaité que dans cette affaire on apporte au Mouvement Démocrate à Isabelle Prevost-Desprez un soutien plus évident. J'ai bien l'impression que l'on veut surtout se débarrasser d'elle et qu'ainsi le procureur Courroye et son ami Sarkozy auront davantage les mains libres.
Par ailleurs, je ne comprends pas très bien la dernière phrase du propos de Nathalie



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