25 juillet 2011
Robert Rochefort, vice-président du MoDem et député européen, et Stéphane Cossé, président du Mouvement Démocrate de Paris et économiste, ont publié lundi 25 juillet une tribune dans le journal Le Monde, où ils formulent trois propositions concrètes pour l'avenir de la zone euro.
"Les chefs d’État ont agi le 21 juillet en pompiers. Ils ont éteint l'incendie avant qu'il ne
s'embrase sur toute la zone euro. Il faut s'en féliciter. Mais la zone euro a besoin d'une
architecture plus solide, car d'autres étincelles viendront fragiliser l'édifice. Des initiatives
simples et structurantes peuvent être mises en œuvre rapidement. Pour être lisible de tous, il
faut envisager une architecture à trois étages :
Le premier étage est le fonds de secours, celui qui permet de faire face aux crises. Celui-là
vient d'être renforcé. Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) qui vient de voir ses
moyens d'action élargis est l'esquisse d'un Fonds monétaire européen. Il a les mêmes objectifs que
le Fonds monétaire international. Les Etats membres de ce Fonds mettent en commun des ressources
financières pour faire face à l'urgence. Les prêts sont conditionnés à la mise en œuvre d'un
programme de redressement des finances publiques et de réformes structurelles.
Il faut se réjouir à ce titre que les gouvernements de la zone euro aient enfin accepté de
réduire le taux de ces prêts à leur strict minimum, sans prendre de commissions (qui n'avaient
aucun sens) sur le dos des gouvernements grecs, irlandais et portugais. Avec les décisions prises
par les chefs d'Etat le 21 juillet, l'outil est maintenant pérenne et solide, même s'il est encore
perfectible.
Les chefs d'Etat, en revanche, n'ont pas fait d'avancée sur la mise en place d'autres outils
qui structurent la zone euro. Le deuxième étage, en effet, serait la mise en commun de capacités
d'emprunt des Etats de la zone euro. Cet étage, qui verrait la constitution d'une Agence européenne
de la dette (AED), s'inscrit dans un objectif complètement différent du premier. Le FESF emprunte
lorsque l'urgence le requiert pour venir en secours à un Etat. L'AED a, elle, pour objectif
d'emprunter pour faire face aux besoins courants d'emprunt des Etats.
L'intérêt d'une agence commune de la dette est avant tout de faire baisser les taux d'intérêt
sur tous les emprunts souverains, quelle que soit la situation des finances publiques des Etats.
C'est l'un des avantages d'avoir une monnaie en commun. Pourquoi s'en passer ? Les emprunts de
l'AED doivent être bien entendu plafonnés pour éviter que les Etats se sentent capables d'emprunter
autant qu'ils le souhaitent.
Pour avancer rapidement dans la mise en place de cette AED, il serait possible de commencer
seulement par les emprunts à court terme des Etats, qui constituent en quelque sorte leurs fonds de
roulement. Sait-on, par exemple, que la Grèce emprunte toujours à 3 mois à 4 pour cent, soit un
taux trois fois plus élevé que la moyenne de la zone euro ? Lancer des "bons du Trésor" européens à
moins d'un an, avec l'assistance technique de la Banque centrale européenne, serait chose facile et
ne requerrait pas une lourde machine. Ces bons pourraient même être ouverts à la souscription pour
tous les citoyens européens qui souhaitent investir dans un placement financier à court terme.
Le troisième étage est la mise en commun de capacités de financement de l'Europe. Il s'agit
de remplir un autre objectif, celui de renforcer l'intégration économique au sein de la zone euro.
Rappelons un chiffre simple : l'Allemagne exporte 40 pour cent de ses produits au sein de la zone
euro. Ainsi, plus la Grèce se porte mieux, à travers des projets communs, plus elle est intégrée,
plus les exportations allemandes seront performantes. Pour cela, nul besoin de créer de nouvelles
institutions, mais plutôt de renforcer les missions de la Commission européenne et de la Banque
européenne d'investissement. Il suffit d'autoriser la Commission à emprunter pour financer des
projets communs, par exemple en matière d'infrastructures européennes. La Commission a proposé à
cet effet d'émettre des "project bonds". Il n'appartient maintenant qu'aux gouvernements d'aller de
l'avant. La Commission pourrait faire appel également à l'appui technique de la Banque européenne
d'investissement qui finance des projets d'infrastructures Etat par Etat (mais non au niveau
européen).
Enfin, pour mener à bien ces initiatives, il faut un chef d'orchestre, un ministre des
finances européen, en charge de veiller à la cohérence des orientations budgétaires des Etats,
d'évaluer leurs besoins financiers, de superviser l'émission des bons du Trésor européen, et
d'incarner au niveau politique l'unité de la zone euro.
Au total, le pire a été évité le 21 juillet, mais la maison est encore à construire. Quelques
mesures simples, compréhensibles par tous, devraient servir dès que possible au moins d'échafaudage
à cette construction commune et nécessaire."
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Euro économie
Posté par : jpsa55 | 18 août 2011 17:36A quand une réforme économique et financière ? A quand de nouvelles règles sur les transactions financières ? Il faut lutter contre la spéculation et les fonds de pension. La bourse n'est qu'un tas de parasites qui ne produisent rien et s'enrichissent sur le dos des peuples, sans vergogne.
Arrêtons de porter au pinacle la croissance, essayons de faire mieux avec ce qu'on a plutôt que d'en vouloir plus et plus vite.
Produire et éduquer, oui, trois fois oui, et retrouvons les valeurs afin que notre sociétè devienne plus humaine.
Aujourd'hui 15 Août
Posté par : fmeisart | 15 août 2011 14:39N. SARKOZY et A. MERKEL vont se rencontrer, à grand renfort de médiatisation, pour affirmer avec solemnité qu'ils n'ont pas grand chose à dire, et encore moins l'intention de faire quoi que ce soit.
Pour tout spéculateur ou puissance financière extérieure publique ou privée, animée de mauvaises intentions, ou simplement de l'appât (légitime) du gain, cela signifie : on peut y aller !
Dieu sait si je suis attaché à l'alliance franco-allemande, non suffisante, mais nécessaire.
Mais à ce stade, il faut qu'un pouvoir réellement fédéral émerge.
Nous ne pouvons pas continuer à creuser notre tombe.
Amitiés
Le Marché Boursier
Posté par : leon83 | 12 août 2011 21:10Peut -on imaginer que le G20, ou d'abord le G8, puisse agir sur quelques règles internationales afin d'éviter ces mouvements plutot spéculatifs ? Question peut-être à préparer pour l'Université de rentrée en septembre !
Quatre décisions pourraient-elles être prises par nos dirigeants ?
à savoir:
- Abroger le decret Clinton pour de transparence (affaires et depot)
- Matières premières : ne pouvoir vendre qu'après etre juridiquement propriétaire du produit négocié.
- Devises: cotation trimestrielle suivant les resultats de l'activité industrielle des Etats.
-Actions en Bourse: revenir au systeme du terme mensuel afin de ne pouvoir revendre des titres qu'après les avoir acquis pendant 30 jours.
Ceci afin de revenir à ce pourquoi le système boursier fut créé :
récuperer des liquidités et de l'epargne disponible pour aider les entreprises à se moderniser ou à investir en recherche et non pour favoriser des initiés, plutot spéculateurs, qui continuent aujourd'hui à s'enrichir alors que le monde du travail est en train de mourir.
Que les experts fassent pression sur les dirigeants pour assainir le climat mondial parait aujourd'hui indispensable mais nous sentons que chacun essaye plutot de favoriser son interet particulier, financier ou politique.
Amitiés à toute l'équipe du Shadow cabinet
Aux collectionneurs
Posté par : phiphilac | 1 août 2011 22:40Les USA vivent sur le dos du monde depuis des décennies. Les investisseurs du moment laisseront des plumes (Chine, Japon,...).
J'ai encore quelques bons de "Trepca mines Limited" company in London du 14 janvier 1937, et de la companhia de mossamedes, Lisbonne, le 10 décembre 1897.
Ce n'est pas d'aujourd'hui que l'homme exploite l'homme ; La Fontaine, Molière, etc., l'ont dit, écrit.
Je pense et aussi j' espère que la majorité des MoDémistes sont des gens sensés, donc qui savent tout cela. Il reste à faire passer le message, et ce n'est pas le plus simple !
N'ayons pas peur
Posté par : fmeisart | 29 juillet 2011 08:30La dette publique la plus importante n'est ni la grecque, ni la portugaise, ni aucune autre dette européenne... c'est la dette US, et leur déficit commercial est bien supérieur au nôtre.Mettons donc au point notre "gouvernance" économique, redynamsons les zones en jachère (il y en a sur tout le terrritoire de l'Union, yc en RFA), organisons la mobilité concrète des travailleurs...et très vite nous nous apercevrons que nous n'avons rien à craindre.Amtiésnte