En mars 2009, il y a près d'un an, les premiers cas de grippe - que l'on allait appeler par la suite - H1N1 apparaissaient au Mexique. Les 12 mois qui ont suivi ont été une course contre le montre pour préparer le Monde à une éventuelle pandémie dont on nous annonçait qu'elle pourrait tuer plusieurs centaines de milliers de personnes.
En France la mobilisation du Ministère de la Santé, la campagne de vaccination, les mesures d'hygiène et d'organisation prévisionnelle des services publics face à la pandémie ont coûté cher. Très cher. Tout cela était-il justifié ?
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MARS 2009
Des premiers cas de grippe, d’une souche nouvelle,
sont détectés au Mexique.
AVRIL 2009
13 avril : premier décès observé dans l'Etat
d'Oaxaca (sud du Mexique).
24 avril : l'OMS annonce que des centaines
de cas humains ont été diagnostiqués au Mexique et aux Etats-Unis. Mise en
état d'alerte des autorités mondiales.
25 avril : l'OMS met en garde contre le
"potentiel pandémique" du nouveau virus de grippe porcine de type
A/H1N1 se transmettant d'homme à homme.
MAI 2009
1er mai : la ministre de la Santé Roselyne Bachelot
annonce les deux premiers cas "avérés" de grippe A/H1N1 en France.
JUIN 2009
11 juin : le niveau 6 est déclenché par l'OMS, la
France ne change pas son niveau d'alerte.
24 juin : la commission des Finances du
Sénat émet de "nettes réserves" concernant l'achat de masques, qui
lui semble résulter d'une "mauvaise gestion des stocks". J-Jacques
Jégou
JUILLET 2009
1er juillet : Roselyne Bachelot indique que la
France a acquis un milliard de masques anti-projections, 723 millions de
masques de protection et 33 millions de traitements antiviraux.
15 juillet : Roselyne Bachelot annonce la
commande ferme de 94 millions de doses de vaccin.
29 juillet : la France passe le cap des
1.000 cas depuis le début de l'épidémie. Le ministère du Travail va
distribuer plus d'un million de "plaquettes explicatives" aux
dirigeants de petites entreprises pour les aider à se préparer à la pandémie.
AOUT 2009
13 août : l'Union Européenne juge inutile la
fermeture préventive des écoles.
SEPTEMBRE 2009
Premier décès d'un patient ne présentant aucune
maladie chronique avant d'être atteint par le virus H1N1.
29 septembre : la Commission européenne
donne son feu vert à la mise en vente en Europe de deux premiers vaccins
contre la grippe, l'un de Novartis et l'autre de GSK.
OCTOBRE
2009
16 octobre : la grippe H1N1 qui progresse dans
l'hémisphère nord, a tué au moins 4.735 personnes dans 191 pays et
territoires de la planète depuis son apparition au printemps.
20 octobre : début de la campagne de
vaccination contre la grippe A dans les hôpitaux français.
NOVEMBRE
2009
16 novembre : les autorités sanitaires françaises
donnent leur feu vert au vaccin sans adjuvant
25 novembre : début des vaccinations en
collèges et lycées.
DECEMBRE
2009
18 décembre : le nombre de décès dépasse la barre
des 10.000 dans le monde.
23 décembre : le réseau de surveillance
Sentinelles de l'Inserm annonce que la grippe A/H1N1 est en
"décrue" en France, mais le nombre de nouveaux cas reste au-dessus
du seuil épidémique.
JANVIER
2009
3 janvier : le ministère de la Santé indique que la
France a commencé à revendre à l'étranger une partie de son stock de vaccins
contre le virus. 94 millions de doses ont été commandées dans la perspective
d'une double injection, pour un montant total de 869 millions d'euros.
7 janvier : Roselyne Bachelot appelle les
Français à se faire vacciner contre le virus de la grippe H1N1 avec ou sans
bon de vaccination, rompant ainsi avec la consigne en vigueur jusqu'à
présent.
12 janvier : généralistes et pédiatres
peuvent enfin vacciner en France, mais ils doivent aller chercher les doses
de vaccins dans les centres de vaccination. Roselyne Bachelot défend sa
gestion de la pandémie devant les députés.
14 janvier : les autorités sanitaires
annoncent la fin de la première vague d'épidémie de grippe A (H1N1) en
France, mais continuent à encourager la population à se faire vacciner.
Interview et dossier spécial
Dès juillet 2009, Jean-Jacques Jégou, sénateur et trésorier du MoDem dénonçait les commandes de vaccins et de masques excessives de la France.
Jean-Jacques Jégou, sénateur-maire du Plessis-Trévise, trésorier du Mouvement Démocrate est responsable du budget « santé » au sein de la commission des Finances du Sénat. En Juillet 2009 il rend son rapport spécial sur la gestion du « stock national santé » par l'EPRUS (l'Etablissement de Préparation et de Réponse aux Urgences Sanitaires) constatant que l'Etablissement qui devra gérer la logistique nécessaire à la prévention « n'a pas relevé les défis auxquels il est confronté »
A l'occasion de son rapport, Jean-Jacques Jégou a constaté à l'époque de lourds problèmes d'organisation face à la dispersion des sites de stockage des produits sur 72 points différents . Ainsi « la moitié du stock de masques FFP2 » avait dépassé la date de validité, et des conditions de conservation des produits étaient inquiétantes, comme du Tamiflu stocké en pleine chaleur sous des doit de fibrociments.
Quelques mois avant ce qui devait être le pic de la pandémie, Jean Jacques Jégou concluait que l'EPRUS souffrait de problèmes de « gouvernance et de positionnement » et de faiblesses « administratives et budgétaires »
A cette même époque, le Ministère commande près de 1,7 Milliard de masques et 33 Millions de rétroviraux (Tamiflu) et 94 Millions de vaccins. Des quantités jugées déjà à l'époque astronomiques par le Jean-Jacques Jégou.
Des erreurs stratégiques et une désorganisation réelle.
Personne ne pouvait présager en septembre 2009 que la pandémie ne serait pas aussi importante que ce que l'on attendait. Ainsi la précaution extrême du gouvernement était à l'époque justifiée par les éléments d'informations qui semblaient être en possession de la Ministre.
Cependant des erreurs stratégiques majeures ont été faites par le gouvernement
Ne pas avoir associé les Médecins Généralistes au Plan de vaccination comme l'expliquait François Bayrou en janvier (voir la vidéo ci-contre)
Avoir fait une commande « ferme » de produits sanitaires et de ne pas avoir su suffisamment tôt réévaluer les besoins
Avoir envisagé des restrictions sur les libertés publiques et les libertés individuelles (fonctionnement de la justice, interdiction de rassemblement,...) qui ont fait monter inutilement l'angoisse chez nos concitoyens.
Ce sont sur ces erreurs et sur les coûts qui auraient pu être évités que les parlementaires du MoDem agissent au sein de la commission d'enquête pour obtenir des réponses de la part de la Ministre.